Monde

Le «Watergate stupide»: John Oliver revient sur la folle semaine de Trump

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 23.05.2017 à 11 h 05

Repéré sur Slate.com

Le président a révélé des infos classifiées aux Russes et tenté de faire pression sur le FBI pour clore une enquête, mais il continue de se présenter comme une victime.

Après une semaine particulièrement riche en scandales et en fuites venant de la Maison-Blanche, l'humoriste John Oliver a qualifié la situation de «Watergate stupide», soit un «scandale avec toutes les ramifications potentielles du Watergate, mais avec des gens stupides et incompétents».

Pour Oliver, un des signes de la gravité de la situation est que certains journalistes sont en train de péter les plombs. Par exemple, le reporter star de CNN, Anderson Coooper, a interviewé Jeffrey Lord, un commentateur pro-Trump, et alors que celui-ci tentait de défendre le président sur la question de l'enquête du FBI, Cooper a perdu son sang froid:

«S'il faisait caca sur son bureau, vous le défendriez, a rétorqué Cooper. Je ne sais pas ce qu'il pourrait faire que vous ne défendriez pas.»

Il s'est ensuite excusé en disant que son commentaire n'était pas professionnel. Il faut dire que la semaine journalistique avait été chargée, comme le rappelle John Oliver. Le lundi 15 mai, le Washington Post a révélé que Trump avait donné des informations hautement classifiées à deux officiels russes. Le 16 mai, on a appris que Trump avait demandé à James Comey (l'ancien chef du FBI limogé par le président) d'arrêter d'enquêter sur les connexions russes de son ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn. Le 17, il a déclaré lors d'une cérémonie de remise de diplômes:

«Aucun homme politique dans l'histoire, et je dis cela avec grande certitude, n'a été traité aussi mal et aussi injustement que moi.»

«Un scandale ennuyeux»?

John Oliver a rappelé que les présidents Abraham Lincoln, James McKinley et John F. Kennedy avaient été assassinés, et que c'était plus grave que d'être ridiculisé dans le «Saturday Night Live».

Le vendredi 19, le New York Times a révélé que Trump s'était vanté devant les officiels russes qu'il avait viré ce «cinglé» de James Comey parce qu'il lui «mettait la pression» sur l'enquête russe. On a aussi appris que Comey avait une fois essayé de se dissimuler dans un rideau bleu (la couleur de son costume) pour éviter de parler au président lors d'une réunion.

L'humoriste s'est ensuite attardé sur les réactions de la chaîne conservatrice Fox News face à ce chaos. Pour le journaliste Jesse Watters, il s'agit d'un «scandale sans vidéo, sans audio, sans sexe, sans morts, un scandale ennuyeux». Ce à quoi John Oliver rétorque:

«Ce n'est pas ennuyeux. C'est littéralement une série télé nominée aux Emmys.»

Une référence à The Americans, qui raconte l'histoire d'espions russes aux États-Unis.

La palme du commentaire sur Fox revient au journaliste Tucker Carlson qui a déclaré:

«Le monde est compliqué. Particulièrement Washington. Ce que vous pensez qui est en train de se passer, souvent, ce n'est pas vraiment en train de se passer.»

John Oliver précise aussi que malgré cette semaine, une procédure d'impeachment a peu de chance d'aboutir avec un Congrès à majorité républicaine. 

«Pourquoi est-ce que ce serait la fin pour lui? Trump a semblé proche de la fin à plusieurs reprises, mais à chaque fois, rien ne s'est passé.»

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