Culture

Dans «Le Redoutable», Michel Hazanavicius se permet une petite référence à Emmanuel Macron

Temps de lecture : 2 min

Les clins d’œil aux spectateurs sont multiples dans «Le Redoutable», dernier film du réalisateur de «The Artist», présenté en compétition à Cannes. Mais l’un d’entre eux résonnait particulièrement avec l’actualité politique française et a bien fait rire le public.

Louis Garrel dans «Le Redoutable» | Philippe Aubry – Les Compagnons du cinéma
Louis Garrel dans «Le Redoutable» | Philippe Aubry – Les Compagnons du cinéma

Le Redoutable montre, en mai 1968, comment Jean-Luc Godard et sa compagne Anne Wiazemsky se joignent aux manifestants. Dans une scène assez révélatrice, Louis Garrel, qui interprète le célèbre réalisateur, tente de lancer un slogan: «De Gaulle, pompe à merde, Pompidou, pompe à merde». Et ça ne prend pas. En 1968, le «dégagisme» était-il moins à la mode qu'en 2017?

Au lieu de ça, les manifestants préfèrent un slogan plus communiste, «Libérez nos camarades», plus simple et moins pompeux. Désabusé, le réalisateur décide de partir. Un peu plus tard dans le film il déclarera que ce qui l’intéresse «dans le mouvement des étudiants, c’est le mouvement, pas les étudiants», avant de livrer une analyse politique qui résonne étrangement (ou intentionnellement) avec l’élection présidentielle 2017.

«La politique, c’est comme les chaussures, il y a la droite, il y a la gauche […]. Et bientôt, j’ai l’impression que les gens voudront marcher pieds nus».

La réplique avait l’avantage d’être assez simple pour que même les étrangers de la salle comprennent la référence. Dans le noir, les quelques chuchotements perceptibles contiennent tous le même nom, prononcés avec différents accents: Macron.

Dans un communiqué publié le 2 mai, la Société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs, dont Michel Hazanavicius est le co-président, avait appelé à voter sans réserve pour Emmanuel Macron. Le Redoutable ne donne pas de grandes leçons sur la politique d'aujourd'hui, mais questionne avec beaucoup de légèreté l'engagement des artistes et des intellectuels.

Un peu comme Emmanuel Macron, Godard veut faire partie du mouvement de la jeunesse, faire la révolution, introduire la démocratie participative dans le processus de construction d'un film. Un peu comme Emmanuel Macron, Godard n'arrive pourtant pas à se défaire de certaines traditions du système. La ressemblance s'arrête au niveau du couple, avec la différence d'âge inversée, sur ce point le président est bien plus révolutionnaire.

Mathilde Dumazet Étudiante à l'école de journalisme de Sciences Po

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