France

Vous avez dit clivages

Temps de lecture : 3 min

Ni de droite, ni de gauche? Le positionnement du nouveau Président Emmanuel Macron est questionné par la twittosphère cette semaine après la formation du gouvernement. S'agit-il d'un rassemblement opportun ou d'une tactique électorale?

683440 via Pixabay
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Contenu Partenaire - Les annonces de la semaine se sont faites attendre. Le calendrier n'était pas dicté par des médias souvent dépassés. «8h que BFM meuble pour... 13s de prise de parole». La couverture de la nomination d’Edouard Philippe au poste de Premier ministre a laissé certains twittos pantois. L’annonce de la formation du gouvernement, repoussée de 24h pour «vérification de la situation fiscale», a suscité d'autres interrogations. «Une excuse pour gagner du temps».

Comme souvent, c'est en premier lieu la forme qui a fait réagir la twittosphère avec une forme d'obsession pour ce qui était qualifié de retard. Cette thématique résonne avec la phrase prononcée lors de l’entre-deux-tours par Emmanuel Macron. Interrogé par David Pujadas sur son arrivée tardive sur le site de Whirlpool, il avait déclaré: «Je resterai le maître des horloges, il faudra vous y habituer, j’ai toujours fait ainsi».

Cette expression préfigure-t-elle un «quinquennat sous le signe du retard à l'allumage»? Certains le croit et juge hasardeuse la justification: «Je suis arrivé 20 minutes en retard en réunion, j'ai balancé un "je suis Maître des Horloges". C'est passé comme une lettre à la Poste». C'est surtout une façon détournée d'exprimer déjà des doutes sur le nouveau président: «Macron est le maître des horloges, mais au rythme où il les remonte, même le passage à l'heure d'hiver risque d'être retardé».

D'autres n'oublient pas les affaires retentissantes du précédent quinquennat et saluent la prudence. «Après les chocs des affaires de Cahuzac et de Thévenoud, on arrive aux fondamentaux: transparence, vérification avant nomination. On respire».

Au-delà de la forme et du retard, le véritable enjeu de ce début de quinquennat est la capacité d'Emmanuel Macron à se contruire une majorité parlementaire. «Le retard de Macron à annoncer le nom de son Premier Ministre peut démontrer à quel point il lui est difficile de monter une coalition...».

On retrouve l'éternel débat sur la pertinence et la réalité du clivage gauche-droite. «Entre renouveau de la classe politique, dépassement du clivage droite et gauche, le défi du nouveau gouvernement est compliqué mais possible».

Ce débat, le nouveau président en a fait l'un des thèmes de sa campagne. N'avait-il pas affirmé: «Je m’occupe du projet pour mon pays, au-delà des clivages qui pour partie sont artificiels, ou des chicayas de clans qui ne m’intéressent pas». Mais entre les propos de campagne, les promesses et la réalité gouvernementale, il y a une marge. On reconnaît que la tâche relève du casse-tête: «Si Macron choisit un 1er Ministre: - Gauche -> "Baby Hollande !" - Droite -> "Ultralibéral, banquier !" - En Marche -> "Aucune ouverture !"».

Il plane aussi sur les nominations un soupçon de manœuvre politique visant davantage à déstabiliser qu’à rassembler. À droite, «La nomination d'Édouard Philippe est une fourberie visant à laminer la droite, et imposer triomphalement le socialisme au prochain remaniement», comme à gauche, «Ni droite, ni gauche = droite. Les Insoumis l'ont toujours su. Macron aussi. Ceux qui l'ignoraient sont invités à nous rejoindre!».

La composition du gouvernement a fort logiquement continué à alimenter la polémique. Les satisfaits saluent la «pluralité», la «parité respectée» et soulignent avec enthousiasme que «50% du gouvernement provient de la société civile!». Ils se réjouissent des «deux belles surprises de ce gouvernement Nicolas Hulot et Laura Flessel», respectivement ministre de la Transition écologique et solidaire et ministre des Sports. Avec ce gouvernement «pluriel, resserré, axé sur les compétences», «tout est là pour réussir».

Les sceptiques se font également entendre: «Deux promesses rompues en trois jours: une femme Premier ministre et pas d'anciens ministres au gouvernement. BRAVO». La présence de «nouvelles têtes» ne suffit pas à faire oublier les visages familiers: «Donc le renouvellement pour Macron c'est Bayrou, Le Maire, Le Drian, Collomb, Goulard... Et ça doit choquer personne?».

On ne parle plus de renouvellement mais de «recyclage politique». Et revient la question de l’objectif réel fixé à ce nouveau gouvernement qui serait avant tout de gagner les prochaines échéances électorales. Les nouveaux ministres sont ainsi comparés à des «appâts pour les législatives». Une affirmation contestée par d’autres qui soulignent que ce gouvernement «correspond à la ligne du président mais devra trouver sa cohérence avant les législatives».

Ces derniers saluent une volonté de «tenter de changer les choses. Il faut y croire et arrêter ce pessimisme systématique». «Ce gouvernement a le mérite de tenter quelque chose. Il rentre déjà dans l'histoire». Il s'agit du «vrai 1er gouvernement trans-partisan de la Vème».

Plus circonspects, certains soulignent: «L'habileté politicienne est là, mais c'est insuffisant. On va juger sur pièce». Et les plus pessimistes ne se font déjà plus d'illusion et regrettent que la France soit «un pays où la classe politique ne pense qu'à ses propres intérêts sans penser aux intérêts de son pays».

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