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Twitter peut-il prédire les épidémies?

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 18.05.2017 à 10 h 55

Repéré sur Vocativ, CNN

Pour la grippe, en tout cas, ça semble marcher.

«Day 59, Project 365 - 12.18.09» / William Brawley via Flickr (License by)

«Day 59, Project 365 - 12.18.09» / William Brawley via Flickr (License by)

Dans le dernier film d'Eric Judor, Problemos, c'est par Twitter que les protagonistes du film prennent connaissance d'une pandémie qui menacerait le monde tout entier. S'il ne s'agit bien sûr ici que de fiction, dans les faits, la réalité ne semble guère très éloignée de ce scénario. Grâce à l'analyse de près de cinquate millions de tweets géolocalisés faisant référence à la grippe, des chercheurs de l'université Northeastern à Boston (États-Unis) sont parvenus à établir un modèle de prévision informatique de potentielles épidémies, notamment en reliant ces informations avec des données plus conventionnelles –périodes d'incubation ou de vaccination...

À travers cette étude, les chercheurs ont pu estimer la quantité de personnes atteintes, mais aussi le pic du virus dans des zones géographiques données. Durant la période de test, leur modèle informatique a permis d'anticiper et de prédire les épidémies, six semaines à l'avance par rapport aux outils traditionnels, avec un taux de prédiction allant de 70% à 90%, rapporte CNN. Pour affiner l'algorithme de leur modèle de prédiction, les chercheurs ont travaillé sur des tweets provenant des États-Unis, d'Italie et d'Espagne lors les grippes saisonnières de 2014, 2015 et 2016.

Alessandro Vespignani, professeur à l'université Northeastern de Boston, mais également coauteur de l'étude ajoute pour CNN:

«Twitter est un bon moyen pour prévoir les épidémies de grippe, ainsi que d'autres maladies infectieuses. Vous obtenez les données en temps réel et vous bénéficiez d'une localisation précise de ces données.»

Internet, un rempart?

Pour les auteurs de cette étude, cet algorithme de prédiction pourrait se montrer très utile en matière de santé publique. Il pourrait, par exemple, aider les autorités à organiser les campagnes de prévention ou de vaccination en amont. Mais aussi de l'adapter pour d'autres maladies infectieuses.

Ce n'est, pour autant, pas la première fois que les réseaux sociaux –ou les ressources et données issues d'internet en général– interviennent dans la monde de la recherche et de la médecine, rappelle CNN. En 2013, l'organisation Centers for Disease Control and Prevention (CDC) organisait une compétition encourageant des chercheurs à utiliser les réseaux sociaux pour prédire les épidémies de grippe –un concours auquel avait participé l'équipe de l'université de Northeastern. La même année, des chercheurs de l'université Johns-Hopkins à Baltimore (États-Unis) avaient développé des méthodes de prédiction à partir de Twitter.

Enfin, en 2015, Google Trends se lançait à son tour dans les prédictions d'épidémies de grippe grâce à l'analyse de requêtes saisies dans le moteur de recherche –«symptômes», «grippe», «thermomètre», «toux»–, avant d'arrêter, faute de résultats fiables.

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