France

Fausse parité, équipe pas rajeunie, anciens ministres: le gouvernement d'Edouard Philippe n'a rien de nouveau

Alexandre Léchenet, mis à jour le 18.05.2017 à 8 h 15

Après une campagne menée sur le thème du renouvellement, la composition du premier gouvernement de l'ère Macron était très attendue. Au final, le nouveau président s'offre une équipe plutôt resserrée et paritaire, mais pas rajeunie et où les portefeuilles régaliens restent quasiment tous aux mains des hommes.

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense sortant et nouveau ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, accueille Sylvie Goulard, qui lui succède à l'hôtel de Brienne. THOMAS SAMSON / AFP.

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense sortant et nouveau ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, accueille Sylvie Goulard, qui lui succède à l'hôtel de Brienne. THOMAS SAMSON / AFP.

Emmanuel Macron avait promis un gouvernement resserré: celui dirigé par Édouard Philippe, et dont la composition a été annoncée mercredi sur les marches de l'Élysée par Alexis Kohler, le secrétaire général de la présidence, compte 18 ministres et 4 secrétaires d'État. Ce n'est pas le plus restreint, puisque le premier gouvernement de François Fillon comptait 21 membres. Il est par ailleurs de tradition que le gouvernement soit plus restreint avant les élections législatives, et qu'un léger remaniement suive celles-ci avec l'entrée de ministres supplémentaires. 

Parité de façade

Concernant la parité, il était difficile de revenir en arrière depuis les gouvernements parfaitement paritaires du quinquennat Hollande. Là-dessus, pas de régression: le nouveau gouvernement compte autant d'hommes que de femmes (enfin, sans compter le Président et le Premier ministre, faut pas exagérer).

L'attribution des postes ne change pas, en revanche: les postes les plus importants sont réservés aux hommes. Les ministères régaliens (Défense, Intérieur, Justice, Affaires étrangères et Économie) sont attribués principalement à des hommes. Sylvie Goulard, la ministre des Armées, est la seule femme du quintette. En 2007, le premier gouvernement de François Fillon faisait un peu mieux et comptait deux femmes à ces postes: Michèle Alliot-Marie à l'Intérieur et Rachida Dati comme Garde des sceaux.

54 ans de moyenne d'âge

Avec un président né en 1977 et un Premier ministre né sept années plus tôt, il était difficile de faire plus jeune: 18 ministres sur 22 sont plus vieux qu'Emmanuel Macron et Édouard Philippe. Et le premier gouvernement du quinquennat est un peu plus «vieux» que celui composé par Jean-Marc Ayrault il y a cinq ans: 54 ans de moyenne en 2017 contre 52 ans juste après l'élection de François Hollande.

En 2012, deux chercheurs en sciences politiques, Abel François et Emiliano Grossman, avaient calculé que les âges moyens des ministres s'échelonnaient entre 49 et 53 ans selon les législatures. Le nouveau gouvernement ne crée donc pas de rupture en la matière, même si son âge moyen pourrait baisser au fil des nouveaux entrants dans les prochains mois ou années.

Gérard Collomb (Intérieur), Jean-Yves Le Drian (Europe et Affaires étrangères) et Jacques Mézard (Agriculture et alimentation) sont les trois doyens du gouvernement, tous nés la même année, en 1947, soit trente ans avant Emmanuel Macron. À titre de comparaison, en 2012, le doyen du gouvernement Laurent Fabius, aîné d'un an du nouveau ministre des Affaires étrangères, était âgé de 65 ans.

Malgré son slogan lors de la primaire de droite, dans cette liste, le renouveau, ce n'est pas Bruno (Le Maire). Comme trois autres membres du gouvernement, il a déjà été ministre, d'abord aux Affaires européennes puis à l'Agriculture, quand François Fillon était Premier ministre. François Bayrou le fut dans le gouvernement de cohabitation d'Édouard Balladur puis dans celui d'Alain Juppé, à chaque fois à l'Éducation nationale. Jean-Yves Le Drian et Annick Girardin, qui siégeaient au gouvernement de Bernard Cazeneuve jusqu'à sa démission le 10 mai, rempilent. En 2012, lors de la formation du premier gouvernement Ayrault, cinq ministres avaient déjà détenu un portefeuille, soit sous la présidence de François Mitterrand, soit sous le gouvernement de cohabitation de Lionel Jospin.

Alexandre Léchenet
Alexandre Léchenet (11 articles)
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