France

Voici les inconnus (ou presque) du gouvernement

Grégor Brandy, mis à jour le 17.05.2017 à 18 h 55

Présentation rapide de quelques-unes des nouvelles têtes nommées au sein du gouvernement d'Édouard Philippe.

Jean-Michel Blanquer, Françoise Nyssen, Marlène Schiappa, Frédérique Vidal, Agnès Buzy, et Jacques Mézard.

Thomas SAMSON / AFP, JACQUES DEMARTHON / AFP, JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP, Photo de communication UNS, FRANCOIS GUILLOT / AFP, et Thomas SAMSON / AFP

Jean-Michel Blanquer, Françoise Nyssen, Marlène Schiappa, Frédérique Vidal, Agnès Buzy, et Jacques Mézard. Thomas SAMSON / AFP, JACQUES DEMARTHON / AFP, JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP, Photo de communication UNS, FRANCOIS GUILLOT / AFP, et Thomas SAMSON / AFP

Nouveau président, nouveau Premier ministre, et quelques nouvelles têtes au milieu de personnalités connus du grand public. Édouard Philippe vient de nommer son premier gouvernement, ce 17 mai, et il va falloir s'habituer à ces neufs nouveaux visages de ministres et secrétaires d'État. En tout cas, jusqu'à juin prochain et les législatives.

Agnès Buzyn (Solidarités, Santé)
 

Agnes Buzyn, le 23 décembre 2011, lorsqu'elle était à la tête de l'Institut national du Cancer, à Paris | FRANCOIS GUILLOT / AFP

Cette professeure de médecine et spécialiste d'hématologie, d'immunologie des tumeurs et de la transplantation, comme la présente RTL, est la nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé. Il y a un peu plus d'un an, en mars 2016, elle était nommée à la présidence de la Haute Autorité de santé. Libération souligne alors qu'elle y arrive «auréolée d’un parcours sans tache».

«Lors de ses auditions au Parlement, la droite comme la gauche ont salué la nomination d’une femme d’expérience et de science, qui a réussi ces cinq dernières années à la présidence de l’Institut national du cancer. Personnalité efficace, peu sensible aux mirages du pouvoir, elle se montre très attentionnée sur les questions des inégalités de santé. Professeure d’université en médecine à l’hôpital Necker-Enfants malades, elle a su trouver une place dans un territoire mandarinal particulièrement misogyne et conservateur. [...] Il y a deux ans, elle a encore refusé la direction générale de la Santé (DGS) pour garder son indépendance. Cette fois-ci, elle accepte la présidence de la HAS, tout en disant clairement que la gouvernance actuelle de l’autorité, autour de six membres désignés d’un collège, lui paraissait bien peu efficiente.»

Mediapart relève néanmoins quelques inquiétudes concernant sa conception des liens d’intérêt entre experts et laboratoires pharmaceutiques.

Françoise Nyssen (Culture)

Lors d'un rendez-vous au ministère de la Culture, le 18 mars 2016. | JACQUES DEMARTHON / AFP

Éditrice française de 55 ans, Françoise Nyssen, la fille du fondateur d'Actes Sud est la nouvelle ministre de la Culture. La Croix avait dressé son portrait en octobre 2014, et raconte qu'elle avait été «d’abord chercheuse en biologie moléculaire»

«En 1978, la vie entraîna Françoise Nyssen, avec ses deux premiers enfants, à Paris. Elle y connut brièvement les douceurs d’une vie de fonctionnaire au sein d’un service public voué à l’urbanisme. Puis son père, Hubert Nyssen, lui transmit le virus de l’édition, qui ne l’a pas quitté depuis.»

Dans une interview accordée à Télérama, en décembre 2015, elle était revenue sur son histoire, celle de sa maison d'édition, ainsi que son futur, probablement incarnée par ses enfants:

«Nous avons toujours poussé nos enfants —sept à nous deux, Jean-Paul [son mari] et moi— à suivre leur propre voie, et c'est ce qu'ils ont tous fait. Or, il se trouve que trois d'entre eux, trois filles, vers l'âge de 30 ans, sont revenues vers la maison avec le désir d'y trouver leur place. Elles travaillent donc désormais dans l'entreprise, et la pérennité capitalistique de la maison est ­assurée. Nous les avons tous élevés dans l'idée que le fait d'être nos enfants leur donne non pas des droits mais des responsabilités et des devoirs. C'est pour cela que je n'aime pas trop le mot héritier, et ce qu'il sous-tend. Je ne me suis jamais considérée comme une héritière, et mes enfants ne le sont pas non plus.»

À Actes Sud, elle a publié Paul Auster, Nancy Huston, plusieurs Goncourt ou prix Nobel de littérature.

 
 

 

Muriel Pénicaud (Travail)
 

Muriel Penicaud à Paris, le 21 février 2017 | ERIC PIERMONT / AFP

La nouvelle ministre du Travail est une dirigeante d'entreprises de 62 ans. En mars dernier, Le Parisien lui consacrait un portrait et qualifiait la patronne de l'agence publique Business France de «VRP de la France auprès des investisseurs étrangers». BFM raconte qu'elle a «débuté dans la fonction publique, comme administrateur territorial avant de rejoindre en 1985 le ministère du Travail, où elle fut conseillère auprès de Martine Aubry, alors en charge du portefeuille qui lui échoit». Elle a ensuite rejoint le privé. Elle a notamment été directrice générale des ressources humaines de Danone, avant d'être «chargée des questions de développement sociétal et de gouvernance au sein du groupe».

«L'expérience acquise par Muriel Pénicaud lui a aussi permis d'être nommée administratrice de nombreux groupes (Aéroports de Paris, SNCF et Orange). En 2014, elle fait son retour dans la sphère publique et se voit confier par le gouvernement un chantier de taille: la fusion entre Ubifrance, en charge du soutien à l'export, et l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII). Ces deux entités ont donné naissance à l'agence publique Business France en janvier 2015.»

Jean-Michel Blanquer (Éducation)
 

Jean-Michel Blanquer le 24 janvier 2012, au ministère de l'Education | Thomas SAMSON / AFP

Cet ancien recteur, et directeur général de l'enseignement scolaire de 52 ans, jusque-là président de l'Essec, et désormais ministre de l'Éducation nationale, est qualifié par Le Monde «d'expert, et technicien du système éducatif». Le quotidien du soir précise par ailleurs qu'il est également «marqué à droite», et que «sa vision des réformes à faire est “Macron compatible”».

Le Huffington Post rappelle qu'en 2005, «son nom a notamment circulé lors de la composition du gouvernement Villepin. En vain. Il hérite du poste de directeur adjoint du cabinet de Gilles de Robien».

«Deux ans plus tard, il est nommé directeur de l'académie de Créteil, où il va expérimenter certaines de ses idées comme le "cartable numérique" ou la "Mallette des parents". Ce dernier dispositif figure dans le programme d'Emmanuel Macron pour l'école. À plusieurs reprises, Jean-Michel Blanquer s'est positionné afin d'avoir une influence sur l'éducation. Deux ans avant L'Ecole de demain, l'intéressé avait publié L'Ecole de la vie. Deux ouvrages “accueillis comme un programme ministériel assumé”, note Le Monde. Proche de l'Institut Montaigne, le nouveau ministre de l'Éducation national avait très peu pris position sur le plan politique.»

Il a récemment publié une tribune dans Le Point, intitulée «la science, clé de la réussite française».

«La recherche est aujourd'hui, pour un pays, aussi stratégique que sa défense et elle est, avec l'éducation, plus décisive qu'aucun autre facteur pour la santé de l'économie et les perspectives de la société. De plus, au moment où s'insinue l'esprit de la “post-vérité” à l'échelle mondiale, il est plus important que jamais de donner à la science la force de progrès et d'inspiration qu'elle représente.»

Quelques jours avant le second tour, il s'était adressé publiquement à ses étudiants de l'Essec, appelant –sans jamais le dire explicitement– à voter en faveur d'Emmanuel Macron.

 

Frédérique Vidal (Enseignement supérieur, Recherche, Innovation)
 

Frédérique Vidal lorsqu'elle était présidente de l'Université de Nice Sophia Antipolis (UNS) | Photo de communication UNS

Âgée de 53 ans, la nouvelle ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, est à la tête de l’université de Nice-Sophia-Antipolis depuis 2012, une première pour une présidente d'université. 20 Minutes précise qu'elle est «devenue professeure en sciences de la vie et de la terre depuis 2004 après avoir été recrutée en tant que maître de conférences en 1995 par l’université de Nice». «Ses activités de recherche portent sur la génétique moléculaire, avec la mise en place de modèles cellulaires et animaux», souligne de son côté Le Monde. 

«La nouvelle ministre est attendue de pied ferme par la communauté universitaire: alors que le nombre d’étudiants ne cesse d’augmenter, la pratique du tirage au sort à l’entrée des licences saturées fait déjà l’objet d’une vive polémique. Ce qui ne manquera pas de mettre sur la table la très sensible question de la sélection à l’université.»

 

Jacques Mézard (Agriculture et alimentation)
 

Stephane Le Foll (gauche) et Jacques Mezard (droite) lors de la passation de pouvoir au gouvernement, le 17 mai 2017 |  Thomas SAMSON / AFP

Sénateur du Cantal, âgé de 69 ans, Jacques Mézard est le nouveau ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation. Il est membre du parti radical de gauche, et président du groupe rassemblement démocratique et social européen au Sénat depuis 2011, explique France Bleu. Il est par ailleurs «président de la communauté d’agglomération d'Aurillac depuis 2001». Le Parisien souligne qu'il était l'un des premiers à monter à bord du bus Macron, «dès le lancement de son mouvement En Marche!, devenant avec les socialistes Gérard Collomb et Nicole Bricq l'un des principaux relais du futur président à la Haute Assemblée».

«Il est d'ailleurs à l'origine du programme agriculture et alimentation du candidat Macron. Celui-ci propose dès cet été la tenue d'états généraux de l'alimentation pour répondre à la crise agricole et aux faillites d'agriculteurs.»

Il est également présenté comme ardent défenseur de la laïcité. «Au Sénat, cet avocat de formation était membre de la commission des lois où il s'est montré très vigilant à l'égard de l'indépendance de la justice et du respect des libertés publiques», rappelle ainsi le Huffington Post.
 

Marlène Schiappa (Égalité femme-homme)
 

Marlene Schiappa, après une conférence de presse de La Republique en Marche, le 28 avril 2017, au Mans. | JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Le nom de la conseillère municipale du Mans circulait pour un poste, «notamment au poste de ministre du Droit des femmes», annonçait RMC ce matin. Finalement, Marlène Schiappa, journaliste et bloggeuse de 34 ans, également référente nationale à l'égalité femme-homme dans l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron hérite du secrétariat d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, placée auprès du Premier ministre.

Le Monde rappelle qu'elle s'est fait connaître avec son blog «Maman travaille», qu'elle a choisi de lancer en 2008. On y retrouve «son expérience personnelle de jeune mère confrontée à des horaires à rallonge à l’agence de communication Euro RSCG. Le sujet est à l’époque très peu traité». Elle a également publié «une quinzaine d’ouvrages consacrés aux droits des femmes (l’un des derniers porte sur la culture du viol)».

 

Sophie Cluzel (Personnes handicapées)
 

Sophie Cluzel a été nommée secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées. | Wikimedia CC

Âgée de 56 ans, elle devient la nouvelle secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées. Elle occupait jusque-là le poste de présidente de la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap. RTL indique qu'en 2005, elle a «participé à l'élaboration de la loi pour l'égalité des droits et des chances, pour la participation et pour la citoyenneté des personnes handicapées».

«Cette loi promulguée par Jean-Pierre Raffarin sert de pierre angulaire juridique sur la question du handicap, de la lutte contre les discrimination sur les questions de l'emploi et de l'insertion des personnes handicapées.»

Invitée de France Culture, il y a tout juste une semaine, elle espérait obtenir d'Emmanuel Macron des avancées sur la scolarisation d'enfants en situation de handicap, dans les établissements classiques, et pas «hors-école».

«Pour nous les familles, et je pense qu'il a compris cela, la solution est dans la formation, dans l'accompagnement des enseignants, dans le travail sur l'environnement pour que l'on change ce regard et que cette scolarisation devienne vraiment effective. Nous pensons vraiment qu'il faut que le centre de gravité du médico-social, ces spécialistes qui pour l'instant s'occupent des enfants dans des établissements spécialisés, viennent au service du parcours de l'enfant à partir de l'école. La solution n'est plus hors des murs de l'école. Elle est dans les murs de l'école, mais avec toutes les adaptations nécessaires pour réussir.»


Elisabeth Borne (Transports)
 

Elisabeth Borne, patronne de la RATP, à Paris, le 21 février 2017 | MARTIN BUREAU / AFP

Nouvelle ministre chargée des Transports auprès de Nicolas Hulot, elle connaît bien le milieu politique, puisqu'elle a «travaillé au sein du cabinet de Ségolène Royal au ministère de l'Écologie sous le gouvernement de Manuel Valls», précise RTL. Âgée de 56, elle était présidente de la RATP (la régie autonome des transports parisiens) depuis 2015, et «elle a également travaillé à la SNCF comme directrice de la stratégie de 2002 à 2007».

L'AFP rappelle qu'à sa sortie de l'école Polytechnique, en 1981, elle a débuté «dans l'administration de l'Équipement, puis bifurqué vers les cabinets ministériels au début des années 90, d'abord comme conseillère de Lionel Jospin à l'Éducation, puis de Jack Lang à la Culture et de Jean Glavany à l'Enseignement technique»

«Deuxième femme à occuper le fauteuil de ministre chargée des Transports, après l'énarque de droite Anne-Marie Idrac, elle disposera d'une compétence sur les sujets environnementaux, ce qui lui sera utile dans ses échanges avec son ministre de tutelle, l'écologiste médiatique Nicolas Hulot, nouveau ministre d'État de la Transition écologique et solidaire.»

Et la liste complète: 

la liste complète des 18 ministres et 4 secrétaires d'État nommés au sein de ce gouvernement :
• Gérard Collomb, ministre d'État, ministre de l'Intérieur.
• Nicolas Hulot, ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire.
• François Bayrou, ministre d'État, ministre de la Justice.
• Sylvie Goulard, ministre des Armées.
• Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères.
• Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires.
• Bruno Le Maire, ministre de l'Economie.
• Laura Flessel, ministre des Sports. 
• Françoise Nyssen, ministre de la Culture
• Agnès Buzyn, ministre de la Santé.
• Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics. 
• Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education.
• Jacques Mézard, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation.
• Annick Girardin, ministre des Outre-mer
• Elisabeth Borne, ministre chargée des Transports auprès de Nicolas Hulot.
• Muriel Pénicaud, ministre du Travail
• Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation
• Marielle de Sarnez, ministre déléguée aux Affaires européennes auprès de Jean-Yves Le Drian.
Et les secrétaires d'État :
• Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement en charge des Relations avec le Parlement.
• Marlène Schiappa, chargée de l'Egalité des femmes et des hommes.
• Sophie Cluzel, chargée des Personnes handicapées.
• Mounir Mahjoubi, chargé du Numérique.

Grégor Brandy
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Journaliste
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