Pierre Moscovici: La France résiste-t-elle mieux à la crise économique que ses voisins ?
Où sont-ce des apparences?
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En revanche, si on se réfère aux moyens budgétaires utilisés, on constate que le gouvernement français a dégradé ses finances publiques nettement plus que ses voisins pour parvenir à ce résultat: le déficit français passera de -3.4 à -8.7% du PIB entre 2008 et 2009, soit 5.3 points d'impulsion budgétaire, contre 3 points en Allemagne (de 0 à -3%), 2.6 points en Italie (de -2.7 à -5.3) et 1 point en Grande Bretagne (de -5.0 à -6.0). Le gouvernement français est donc celui qui a le plus dépensé, en particulier en diminuant volontairement ses recettes - exonération de cotisations sociales et d'impôt sur les revenus liés aux heures supplémentaires, bouclier fiscal, déductibilité des intérêts d'emprunts immobiliers de l'IR, baisse de l'imposition des successions, baisse de la TVA sur la restauration. Cette stratégie d'économie de l'offre rappelle étrangement les grandes heures des «Reaganomics» du début des années 80 ou la stratégie fiscale adoptée jusqu'à récemment par George W. Bush, avec le succès considérable que l'on sait. Les mêmes causes produisent en réalité les mêmes effets. Quelle est l'efficacité de cette brillante stratégie ? Sur les douze derniers mois, le chômage a augmenté de 1.8 point en France, contre 0.4 en Allemagne, 1.0 en Italie et 1.5 point en Grande-Bretagne. Autrement dit, malgré la meilleure performance en termes de PIB et un record de dépenses, la performance de la France est la plus mauvaise en matière de lutte contre le chômage. Du PIB, mais pas d'emplois, tel est le vrai bilan de Nicolas Sarkozy!
Mesures coûteuses
Cela peut s'expliquer assez facilement: les principales mesures prises par le gouvernement sont très coûteuses et n'ont qu'un impact marginal sur l'emploi. Prenons par exemple la baisse de la TVA sur la restauration, qui coûte 2.5 milliards d'euros par an, selon le ministère des Finances, et a créé 6 000 emplois, selon la Cour des Comptes, soit environ 420 000 euros par emploi créé. Le PIB, qui inclut la marge des restaurateurs, a sans doute augmenté de près de 2.5 milliards, mais sans impact direct et mesurable sur l'emploi. De même, la baisse du coût des heures supplémentaires appauvrit la croissance en emplois, puisqu'il devient plus avantageux d'allonger la durée individuelle du travail que de procéder à de nouveaux recrutements. Passons rapidement sur la défiscalisation des successions, dont on se demande bien à quoi elle incite, ou le bouclier fiscal, qui préserve les patrimoines les plus importants mais n'a aucun impact sur l'emploi. En résumé, aucune mesure mise en oeuvre depuis 2007 n'a pour objectif de créer des emplois, alors qu'il s'agit, légitimement, de la première préoccupation des Français. Il faut donc changer de stratégie, de façon urgente.
Pour finir sur un point d'actualité, je dois avouer, sans honte, que je suis favorable à l'essentiel des propositions d'investissements adossées sur le fameux «grand emprunt», et que son montant ne me semble pas choquant en soi. Il aurait même pu, à dire vrai, être plus élevé, si une politique inconsidérée n'avait pas au préalable fragilisé les finances publiques et fortement dégradé la qualité de notre signature. Le problème est que cet emprunt se surajoute à un déficit qui sera compris entre 8.5 et 9.0%, cette année comme la prochaine, ce qui pose d'une part un problème démocratique, puisque le grand emprunt n'a pas été inclus dans le débat budgétaire à l'Assemblée, et un problème de soutenabilité financière: où arrêter l'escalade des déficits et de la dette, qui va allégrement vers les 85% du PIB? Autrement dit, le projet du grand emprunt me semblerait pouvoir être approuvé si - oui, il y en a eu, et beaucoup ! - Nicolas Sarkozy revenait sur l'ensemble des erreurs qu'il a commises depuis deux ans, ce qui reviendrait à annuler la quasi-totalité des mesures budgétaires prises depuis 2007. Autant dire que c'est peu probable... et néanmoins tout à fait regrettable.
Pierre Moscovici
Image de une: Reuters, 14 décembre 2009 à l'Elysée
Mis à jour le 18/12/2009 à 7h08










































Votre article oublie tout d'abord de dire que le frein à la chute de notre PIB est dû essentiellement à une part beaucoup plus importante, chez nous que chez nos voisins et amis, du secteur public et assimilé qui crise ou pas continue à fonctionner au même rythme.
Le problème c'est que ce frein joue de la même façon pour réduire la hausse quand les économies redémarrent. C'est pourquoi nous constaterons comme avant la crise une croissance moindre en France que chez nos voisins.
C'est cela les bienfaits de l'économie grisaille qui est le maître mot de votre parti, Monsieur Moscovici ! Pas de risques et donc pas de gains...Et vous oubliez de rappeler que ce fût le lot de tous les pays de l'Est entre 1945 et 1990, tout le monde était employé mais personne ne gagnait sa vie correctement.
Bien que je partage en grande partie votre analyse, il est bon de rappeler que le fameux bouclier fiscal devait baisser les recettes fiscales de 15 Mds €. A priori il n'a jamais atteint ce niveau. Si on ajoute la baisse de la TVA et quelques autres mesures on va au maximum dans les 20 Mds €.
C'est beaucoup en valeur absolue.
C'est beaucoup moins en point de PIB, puisque cela ne représente que 1% de déficit en plus (PIB 2008 = 1950 Mds €). Il reste 4% à expliquer pour passer de -3,4% à -8,7%.
Pour résumer le fond de ma pensée, il sera bien évidemment nécessaire de passer par une augmentation des impôts mais aussi par une baisse des dépenses. Ce qui remet en question la politique de Sarkozy mais aussi les politiques traditionnelles de gauche fondée sur état toujours plus coûteux.
Peut-être en cela cette crise sera-t'elle bénéfique?
Décidément les seigneurs du PS n'ont toujours pas compris qu'il va leur falloir "travailler plus pour gagner éventuellement un peu". Encore une chronique bâclée monsieur Moscovici, pour une fois que vous traitiez du fond.
Certes, notre omniprésident ne manque pas d'air de récolter aujourd'hui les résultats d'un système social pour lequel il n'avait pas de mots assez durs avant et qu'il condamnera à nouveau demain (c'est là dessus qu'il faut le prendre en défault),mais la caricature n'est plus de mode.
Oui le gouvernement a eu raison de soutenir la demande d'une autre manière que par la consommation puisqu'une grande part des revenus (fonction publique, santé, assistance sociale ) sont étanchéisés aux aléas conjoncturels.Oui le gouvernement a eu raison de jouer sur le chomage partiel et certaines aides ciblées
Le PS en invoquant encore et toujours la hausse de la consommation ne voit-il pas que cette dernière n'a pas craqué.J'aurais préféré que vous nous parliez de véritables propositions nouvelles en matière de formation, de parcours professionnel, de réindustrialisation de santé et d'emplois "seniors" à mettre en place d'urgence.
Pour le reste l'approbation du grand emprunt me laisse "ASSIS SUR LE C..." Analyse encore une fois superficielle puisque les dotations aux universités le sont en capital, les aides à l'industrie inexistantes ou mal cblées ( encore un cadeau à bouygues et SFR) etc etc...
Point de détail monsieur Moscovici, j'ai été adhérent du PS pendant trente ans, je viens d'en partir devant tant de manque de sérieux et de travail.
si le problème est celui de la dette et il l'est, alors j'attends que vous nous disiez qui paiera, comment et quand? j'attends autre chose que les incantations et l'éternel procès du bouclier fiscal que vous utilisez à chaque occasion.
« le bouclier fiscal, qui préserve les patrimoines les plus importants mais n'a aucun impact sur l'emploi. »
Le bouclier fiscal est lié aux revenus, qui peuvent être dépensés ou investit dans du patrimoine (qui lui peut ou pas peut rapporter des revenus). Le bouclier fiscal est une mesure strictement politique, qui permet à son auteur de se livrer à un tour de passe-passe. En jouant sur les pourcentages, et non sur les sommes réelles, on place sur le même niveau la misère et la richesse, comme s'il n'y avait pas de différence entre elles. On ne peut évidemment pas prendre plus de cinquante pour cent des revenus d'un smigard comme impôt, le pauvre, il n'en a déjà pas assez pour vivre, par contre quand on encaisse quelques centaines de millions d'euros par ans, même en taxant à 95 %, il reste toujours un million d'euros par mois pour vivre. J'en ai fait la démonstration sur ton blog; dans la partie réservée aux commentaires.
L'emploi n'a de sens que si la richesse qu'il crée existe.
Nicolas Sarkozy ne changera pas de stratégie, car ce serait suicidaire politiquement parlant. Il préfère faire de la dette et conserver la même direction. C'est ce qu'on fait Tatcher et George W. Bush avant lui.
La seule solution alors, est de proposer une autre stratégie aux Français, claire et crédible, afin qu'en 2012, ce soit un politique plus éclairé qui prenne sa place pour la mettre en oeuvre. Mais cela suppose courage et audace. La procrastination ne paye pas.
Sarkozy ne fait que recueillir le fait que la France, de part ses amortisseurs sociaux, amortit à la hausse et à la baisse l'évolution économique mondiale.
Son mini plan de relance était meilleur que celui du PS (investissement et pas consommation).
Sa politique économique n'est pas bonne, avec des réformes faites au 1/4 voire au 1/8 et des déficits/dettes en hausse pharaonique, mais finalement pas pires que ce que le PS propose...
Alors comme le dit Arlaten, M. Moscovici, travaillez et proposez nous un plan courageux qui aie de la crédibilité et qui ne nous ramène pas aux vieilles recettes contre-productives comme la relance par le pouvoir d'achat alors que la France a un problème d'offre.
Cela redonnera envie aux gens de gauche de voter PS
Quel bonheur d'être dans l'opoosition tout démonter, vos commentaires sont en partis vrais notre Président comme tous les politiques sont les spcialistes des trous de mémoire et surtout notre Président trop people pour être crédible.
Mais l'opoosition entre la madone et la tricheuse pas de proposition concrète c'est à dire un vrai programme qui met en visu les dépenses et les recettes.
Non notre gouvernement actuel n'est pas crédible mais notre opposition est à l'identique.
Je vous propose d'arrêter du tout contre le Président pour un tout pour un programme économique réaliste à 20 ans car ls programmes au quinquenat c'est à dire les programmes des élections on en veut plus. Nous souhaitons ne plus voir des politiciens de bas étage mais des femmes et des hommes responsables capables de présenter un programme qui sortira notre pays de cette glisse infernale depuis 30 ans et plus, y compris M. Mitterrand qui n'a pas été mieux que les autres il faut arrêter de "béatifier celui qui maintenu la France dans sa pente glissante..