Monde

La rencontre entre le journaliste danois ayant publié les caricatures de Mahomet et Steve Bannon a tourné au vinaigre

Repéré par Galaad Wilgos, mis à jour le 17.05.2017 à 13 h 33

Repéré sur New Perspectives Quarterly

Flemming Rose a pu discuter avec le conseiller de Donald J. Trump. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne s'est pas bien passé.

Une image prise le 13 février 2008 montre plusieurs journaux danois publiés plus tôt en journée reprenant les caricatures de Mahomet publiées auparavant par le journal de Flemming Rose / AFP PHOTO / SCANPIX DENMARK

Une image prise le 13 février 2008 montre plusieurs journaux danois publiés plus tôt en journée reprenant les caricatures de Mahomet publiées auparavant par le journal de Flemming Rose / AFP PHOTO / SCANPIX DENMARK

C’est en mai 2016 que Flemming Rose, le journaliste à l'origine de la crise internationale des caricatures du prophète Mahomet, a rencontré Steve Bannon, alors directeur général de Breithart News, site de news alternatif devenu l’un des plus consultés du net, selon un article du New Perspectives Quarterly. Après avoir été le conseiller en chef de la campagne de Donald Trump, Bannon a depuis rejoint son administration pour en être l’une, sinon la plus grande influence du président américain: on lui crédite, par exemple, l’instauration des interdiction d’entrée dans le territoire américain aux citoyens de sept pays à majorité musulmane ainsi qu’aux demandeurs d’asile syriens.

Flemming Rose explique que Bannon pensait qu’ils seraient sur la même longueur d’onde concernant la menace du terrorisme islamique et le défi porté par les «sociétés musulmanes parallèles en Europe», ainsi que l’incapacité des pays européens à intégrer de nombreux musulmans. Mais quand il s’aperçut de leurs divergences d’opinion, leur conversation se serait envenimée, en particulier à cause de la propension de Bannon à être expansif, exhubérant, virulent et même injurieux.

Bannon un léniniste stratégique

 

Bannon lui expliqua comment voyager à travers les États-Unis lui aurait permis, en discutant avec les gens, de percevoir des désirs et des craintes: il a ainsi pu découvrir de nombreux Américains qui se «sentent abandonnés, impuissants et trahis par l’establishement». Le point de rupture décisif pour Bannon? La crise financière de 2008 qu’il a fallu faire rembourser par le contribuable. Ronald Radosh, un historien social affilié au conservateur Hudson Institute, a ainsi expliqué, dans un papier récent, qu’en discutant avec Bannon ce dernier lui aurait expliqué qu’il était «léniniste»:

«Lénine, expliquait Bannon à Radosh, voulait détruire l’État, et c’est aussi mon objectif. Je veux tout faire péter, et détruire tout l’establishment contemporain.»

Flemming Rose affirme que si Bannon ne lui a jamais parlé de son léninisme, il n’a pu que constater les similitudes: même ferveur rebelle voire «révolutionnaire», même idée qu'afin de construire un meilleur monde il faut parfois exploser des choses. Mais le plus inquiétant selon le journaliste tient dans sa vision de la violence et de la guerre comme outils purificateurs.

Bannon aurait perdu la foi en l’Europe car le sécularisme et l’arrivée d’immigrés musulmans auraient érodé les valeurs traditionnelles chrétiennes, «piliers de notre civilisation». Perdre la foi chrétienne aurait dès lors, à ses yeux, affaibli l’Europe, l’empêchant de se confronter à la montée de lislam et aux demandes des musulmans européens de traiter leur religion différemment.

Cela n’était pas du goût de Rose, qui, s’il lui a concédé que nous étions dans une guerre chaude avec les islamistes violents, et une guerre froide avec les non-violents, lui a aussi rétorqué que «nous ne sommes pas en guerre avec l’islam». Pour lui, il faut aider les démocrates musulmans qui seraient les équivalents des socio-démocrates marxistes durant la guerre froide, qui ont eux aussi à l’époque aidé à défendre la démocratie contre le totalitarisme soviétique marxiste-léniniste. Bannon, en désaccord, admit quand même, un peu embarrassé, qu’il espérait que cela se passerait de cette manière, sans pour autant en être sûr...

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