Monde

Pendant que tout le monde a les yeux tournés vers la Russie, Trump fait bien pire

Repéré par Mathilde Dumazet, mis à jour le 16.05.2017 à 17 h 55

Repéré sur The Independent

La nouvelle invention de Trump pour «lutter» contre l’avortement s’appelle Protecting Life in Global Health Assistance. Cynisme absolu, cette nouvelle mesure risque de tuer plus qu’elle ne protège.

Brendan Smialowski / AFP

Brendan Smialowski / AFP

En janvier, l’une des premières actions de Donald Trump fut de réinstaurer le Global Gag Rule. Une mesure prise sous la présidence de Reagan. Aussi appelée la Mexico City Policy, elle interdisait que des fonds américains soient alloués à des ONG qui fournissent des services d’avortement légal… ou simplement des informations en matière de santé sexuelle et reproductive.

Cette mesure concernait 600 millions de dollars sur un budget total d’environ 10 milliards, alloués à l’humanitaire par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Avec son nouveau programme, «Protecting Life», Donald Trump étend la restriction: 8,8 milliards de dollars seront concernés. Soit environ 80% du budget total de la USAID. Et tant qu’à faire, il étend aussi la restriction à certains budgets des ministères de la Défense et de l’État.

La situation n’était pas idyllique sous la présidence de Barack Obama. Les fonds de la USAID ne pouvaient en effet pas servir à financer directement l’avortement. Mais ils pouvaient servir à toutes autres actions (prévention, planning familial) d’une ONG même si celle-ci fournit par ailleurs des services d’interruption volontaire de grossesse. Comme l’a souligné The Independent, Trump rétablit ce qu'Obama avait aboli, et la situation sera encore pire que lorsque Ronald Reagan ou George W Bush étaient au pouvoir.

«Lorsqu’il a réinstauré le Global Gag Rule, M. Bush a exclu tous les programmes qui impliquaient la prévention contre le sida de sa mesure . Trump ne l’a pas fait. À la place, il a choisi de l’appliquer à tous les fonds qui servent en matière de santé mondiale, pas juste aux fonds alloués aux planning familiaux, comme Bush l’avait décidé.»

«Ça s'appelle protéger la vie sous Donald Trump»

Comble de l’ironie, en répondant aux questions des journalistes à la suite de l’annonce, l’administration américaine a tenu à préciser que «les États-Unis sont le plus gros donateurs en matière de programme de santé internationale, et cette mesure n’affectera pas l’engagement du pays dans ce domaine. Nous restons engagés pour aider les femmes et les enfants à s’épanouir».

Sur 42 millions d’avortement pratiqués dans le monde chaque année, la moitié le sont dans des conditions qui mettent en danger les femmes. En demandant aux ONG de choisir entre leurs subventions et leur droit à informer ou à pratiquer l’avortement, la seule chose que l’administration Trump risque de voir s'épanouir, c'est la mortalité liée à l’IVG. 

Alors comment expliquer gentiment à l’administration américaine que l’épanouissement de millions de femmes et d’enfants dans les pays sous développés et en développement dépend en partie des fonds alloués aux ONG qui agissent sur le terrain? Christina Cauterucci l’explique assez bien sur Slate.com: «il est presque impossible de distinguer le travail fourni en matière de santé reproductive et de planning familial d’autres services de santé vitaux pour les patients qui en ont besoin». Parmi ces services «vitaux»: la lutte contre la sous-nutrition, la prévention du sida, la lutte contre la mortalité infantile et le virus Zika, etc.  

C’est ce qui s’appelle «protéger la vie sous Donald Trump», conclut Christina Cauterucci. «Trump a nommé son programme Protecting Life in Global Health Assistance, “PLGHA”, soit le son que vous ferez quand vous aurez saisi l’ampleur de la cruauté qui réside dans ces dispositions».  

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