Monde

En glissant des informations classifiées aux Russes, Trump va perdre le peu de confiance qu'il lui restait de ses alliés

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 16.05.2017 à 12 h 18

Repéré sur The Guardian

Sa relation au sein des «Five Eyes» pourrait être affectée.

Washington, le 15 mai 2017. SAUL LOEB / AFP

Washington, le 15 mai 2017. SAUL LOEB / AFP

Comme nous vous le racontions ici, Donald Trump est accusé par plusieurs médias d'avoir dévoilé des informations confidentielles à la Russie, notamment sur certains projets terroristes de l'État islamique.

«Ces informations avaient été communiquées par un pays allié des États-Unis qui avait demandé à ce qu'elles ne soient pas divulguées, écrivait Claire Levenson. Trump a même révélé le nom de la ville syrienne (contrôlée par l'État islamique) dans laquelle la menace a été localisée.»

Au-delà du fait que cela montre une nouvelle fois que Trump n'a pas de «filtre», ce genre de d'informations pourrait perturber son travail avec les services de renseignements alliés.

Sur le site du Guardian, Julian Borger et Sabrina Siddiqui expliquent que, dans ce milieu, le moindre soupçon ou le moindre doute peut se révéler dévastateur pour les relations entre les pays.

«Même avant cette dernière indiscrétion, écrivent-ils, il y a eu des soupçons d'inquiétudes de la part agences partenaires de la CIA à l'étranger, gênées par la campagne de Trump qui laissait croire à des relations privilégiées avec Moscou, des rapports de collusion durant l'élection 2016, et le dédain de Trump pour la communauté de renseignements américains.»

Ainsi, la veille de l'investiture du nouveau président, les services secrets israéliens auraient fait part de leurs craintes quant à la possible fuite d'informations vers la Russie, comme l'avait rapporté Haaretz. Après tout, le candidat Trump a régulièrement donné plus de crédits aux informations en provenance du Kremlin qu'aux mémos de la CIA ou du FBI.

Un risque bien réel

Le partage d'informations entre les pays est crucial pour mesurer les liens qui les unissent, surtout entre les cinq pays anglophones du «Five Eyes»: États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande. Et ces dernières informations sur Trump, si elles se révèlent exactes, pourraient accentuer l'anxiété et la méfiance de ces alliés historiques, mettant de nombreuses sources en danger.

«Les agences de renseignements, aux États-Unis et chez les autres membres des Five Eyes, doivent maintenant faire avec le risque Trump, explique au Guardian Thomas Wright, directeur du centre sur les États-Unis et l'Europe à l'institution Brookings. Ils ne peuvent pas faire confiance à l'homme qui a le droit de demander et de consulter tous les renseignements américains et qui peut les répéter quand il veut et à qui il veut pour les impressionner. Ils vont prendre toutes les actions nécessaires pour protéger leurs sources et leurs méthodes, même si cela se fait au détriment de la coopération entre les services de renseignement.»

À tout cela, il faut ajouter un autre risque pour Trump: la perte d'une confiance déjà érodée dans son propre camp au Sénat et au Congrès. Pour l'instant, face à ces accusations, la réaction de la Maison-Blanche a été, comme le note le Washington Post, pour le moins ambiguë puisque le conseiller à la sécurité nationale a nié quelque chose qui n'avait jamais été affirmé par la presse. Les prochains jours promettent donc d'être tout aussi surréalistes. 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte