Égalités / France

Macron aurait aimé une femme Première ministre, mais bon il a choisi un homme quand même

Temps de lecture : 2 min

Pour l'heure, Emmanuel Macron a nommé six personnes: six hommes.

Le nouveau Premier ministre Édouard Philippe ce lundi 15 mai I joel SAGET / AFP
Le nouveau Premier ministre Édouard Philippe ce lundi 15 mai I joel SAGET / AFP

Emmanuel Macron aurait souhaité choisir une femme comme Première ministre. Il l’a dit à plusieurs reprises pendant la campagne.

Édouard Philippe n’est pas une femme. Il faut donc en conclure que le nouveau Président n’a pas trouvé de femme pour le poste. Pourquoi? Est-ce que par hasard cela signifierait que les femmes sont nulles? Même quand on en cherche une, on n’en trouve pas qui remplisse les critères d’expérience et de compétences?

Et le constat ne s’arrête pas au chef de gouvernement. Parce que mettre une femme dans la lumière juste parce que c’est une femme, ça n’a jamais servi la cause féministe. Mais si on regarde les premières nominations d’Emmanuel Macron à l’Élysée, on trouve: Alexis Kohler, Philippe Etienne, Patrice Strzoda et Ismaël Emelien. 100% d’hommes blancs.


Quand il doit choisir les personnes les plus compétentes et en qui il a le plus confiance, le nouveau président ne s’entoure que d’hommes. Ça ne peut pas être anodin. Vous me direz, il n’est pas le premier. Ces postes de pouvoir pour lesquels on n’a pas à se préoccuper de parité parce qu’ils sont plutôt dans l’ombre ont toujours été occupés par des hommes. Aucune femme n’a jamais été secrétaire générale de l’Élysée.

Bienvenue dans la matrice

Cette tendance à choisir son pseudo semblable était déjà frappante dans les différents reportages retraçant la campagne d’Emmanuel Macron. À part Sibeth Ndiaye (non, je ne compte pas Laurence Haïm), les jeunes qu’on appelle «la garde rapprochée» avaient tous les mêmes têtes. On aurait dit des duplicatas, comme l’agent Smith dans Matrix.

STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Faut-il en conclure qu’Emmanuel Macron serait un horrible misogyne? Bien sûr que non. Mais cela révèle encore une fois un problème de fond: les femmes, quelque soit leur âge, n’ont pas encore réussi à s’imposer. Et c’est évidemment multifactoriel. Leurs vis-à-vis ne les estiment pas assez crédibles. Elles n’ont pas un poids politique suffisant pour négocier les plus hautes responsabilités. Elles n’ont sans doute pas assez intrigué non plus. Elles ont pour beaucoup des freins mentaux qui n’arrêtent pas leurs homologues masculins. Elles ne s’imposent pas suffisamment, que ce soit pour asseoir leurs idées ou leur légitimité.

Et tout cela ne se joue pas brusquement la veille d’une nomination. Elles peuvent faire les mêmes grandes écoles que les hommes, on sait que les filles réussissent mieux scolairement que les garçons, elles restent dans l’ombre. Ce qui signifie qu’elles n’ont pas intégré les cercles d’amitié qu’il faut cultiver pendant son parcours. Parce qu’il ne suffit pas de faire l’ENA ou Sciences Po, ni par la suite d’obtenir les bons postes dans les bonnes entreprises.

Gouvernement paritaire?

Il faut également se faire les bonnes relations, dîner avec les bonnes personnes, en un mot: copiner. Mais c’est plus difficile pour une femme. D’abord parce qu’elles ont souvent davantage à gérer dans leur vie privée que les hommes. Ensuite, parce qu’elles font passer leur ambition personnelle au second plan. Et enfin parce que le mur du sexisme en politique est très haut et visiblement en béton armé, comme le raconte le blog anonyme et collaboratif chaircollaboratrice.

On attend donc la nomination du gouvernement. Il devrait au minimum respecter la parité, peut-être même être au-dessus (on peut rêver). Mais il ne fera pas oublier ces premières nominations et ce qu’elles révèlent du chemin qui reste à parcourir.

Titiou Lecoq

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