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Dans le sud de l'Italie, les enfants de mafieux sont retirés à leur famille

Temps de lecture : 2 min

Afin de les protéger, mais aussi pour punir leurs parents, les enfants de mafieux sont placés dans des localités secrètes. Une mesure de protection qui divise.

Une fille sur une balancoire / Antranias via Pixabay (License by)
Une fille sur une balancoire / Antranias via Pixabay (License by)

Dans le sud de l'Italie, la 'Ndrangheta, une organisation mafieuse historique que l'on ne présente même plus, sévit depuis plusieurs dizaines de décennies, sous le regard impuissant (ou presque) des forces de l'ordre et de la justice italienne. Mais, pour autant, progressivement, depuis 2012, les choses semblent être en train d'évoluer, rapporte Quartz.

Grâce au travail du magistrat Roberto di Bella, la justice italienne a mis en place une stratégie d'éloignement et de placement des enfants de familles de mafieux, souvent dans des localités gardées secrètes dans le nord du pays. Une manière de les protéger, de leur éviter l'endoctrinement qu'ils endurent dès la naissance, mais également de se détourner d'un destin tout tracé, sur lequel ils n'ont aucune influence: mariage forcé ou arrangé, alliances avec d'autres clans, activités criminelles, mort, vengeance ou prison.

Le Journal du Dimanche revenait, en mars dernier, sur ce qui a motivé le magistrat à mener ce combat contre l'une des organisations criminelles italiennes les plus dangereuses:

«Le juge est fatigué de retrouver toujours les mêmes noms dans chaque affaire à plus de vingt ans d'écart. Et il a ouvert les yeux sur la souffrance des enfants. La ‘Ndrangheta a une caractéristique spécifique, sa structure essentiellement familiale, ce qui la rend très difficile à infiltrer. Ici, en Calabre, les repentis sont très peu nombreux, car il faudrait qu'ils dénoncent leur grand-père, leur frère, leur oncle. La seule solution est de les forcer à découvrir une autre réalité.»

Un système salué... et décrié

Depuis 2012, près de quarante procédures de placement total ou partiel ont été ouvertes, visant quasiment exclusivement des pères de famille impliqués dans des activités criminelles. En 2016 finalement, un décret a étendu cette mesure judiciaire –jusque-là uniquement utilisée en Calabre, territoire de la 'Ndrangheta– à l'Italie toute entière. Mais, si ces mesures permettent de rompre une transmission générationnelle des traditions criminelles... sont-elles pour autant justes et justifiées?

En Italie, comme ailleurs dans le monde, ces mesures d'éloignement ont été largement saluées, mais elles ont également leurs détracteurs. Eux qui ne voient pas d'un bon œil l'intrusion et le rôle de la justice dans ce «sauvetage d'enfants», écrit Quartz. Car, pour eux, le fait de retirer un enfant à une famille représente davantage une punition pour ce dernier qu'un mécanisme utile qui permettrait de le protéger.

En Calabre, le placement de ces enfants est avant tout justifié par la nature des relations familiales au sein de 'Ndrangheta. Pour savoir si ces mesures sont efficaces ou non, pour le bien de l'enfant comme pour la lutte contre la mafia, il faudra se montrer patient.

Slate.fr

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