Monde

Le gouvernement Trump impose des peines plus lourdes pour le trafic de drogue

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 13.05.2017 à 7 h 19

Repéré sur The Atlantic, CNN

Les Etats-Unis ont déjà le taux d'incarcération le plus élevé au monde, mais le ministre de la justice américain trouve que ce n'est pas assez.

Le ministre de la Justice Jeff Sessions à Washington le 12 mai 2017. WIN MCNAMEE/AFP

Le ministre de la Justice Jeff Sessions à Washington le 12 mai 2017. WIN MCNAMEE/AFP

Jeff Sessions, le ministre de la Justice américain, vient de publier une note dans laquelle il ordonne aux procureurs fédéraux de condamner les inculpés aux peines les plus sévères possibles.

Ces nouvelles règles constituent une abrogation de réformes mises en place sous le gouvernement Obama. En effet, en 2013, le ministre de la Justice Eric Holder avait ordonné aux procureurs de réserver les peines les plus lourdes pour les trafiquants de drogue violents.

Pendant des années, l'application de peines minimales pour les délits mineurs liés à la drogue avait mené à une explosion de la population carcérale. Il y avait d'ailleurs un accord sur ces excès entre les démocrates et de nombreux républicains qui jugeaient ces lourdes peines injustes et trop coûteuses.

Rand Paul, un sénateur libertarien du Kentucky est un des nombreux républicains à être en désaccord avec le revirement opéré par Sessions. Il a déclaré:

«Les peines minimales obligatoires ont injustement et disproportionnellement incarcéré de nombreux membres des minorités. La nouvelle politique du ministre Jeff Sessions va accentuer cette injustice. Nous devrions traiter les problèmes de drogue comme une crise de santé publique, pas une question d'incarcération.»

Signe que la position de Sessions est extrême, même au sein de son parti: le vice-président Mike Pence, lorsqu'il était gouverneur de l'Indiana, a soutenu des réformes du type de celles mises en place par le gouvernement Obama.

Comme le note l'avocat Danny Cevallos sur CNN.com, le système américain impose déjà des peines démesurées dans certaines affaires de drogue. Il cite le cas d'un homme condamné en 2013 à vingt-cinq ans de prison pour avoir vendu des pilules antidouleurs à un indic de la police.

Avec un retour aux peines minimales obligatoires, les juges peuvent se voir forcés à condamner à de lourdes peines en fonction de la quantité de drogue. Dix ans pour un kilo d'héroïne, cinq kilos de cocaïne ou mille kilos de cannabis. Il arrive souvent que les procureurs encouragent les inculpés à se reconnaître coupables en échange de peines plus courtes (ce qui leur évite de longs procès).

 

 

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