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Le James Bond soviétique a-t-il été le modèle de Vladimir Poutine?

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 11.05.2017 à 13 h 39

Repéré sur BBC Magazine

Stierlitz, espion et personnage de fiction, semble avoir joué un rôle dans l'engagement de Vladimir Poutine auprès du KGB. On le surnommait le «James Bond soviétique».

Stierlitz (à gauche) et Vladimir Poutine (à droite)

Stierlitz (à gauche) et Vladimir Poutine (à droite)

Tout le monde connaît James Bond, cet agent secret britannique et personnage de fiction créé et inventé par l'écrivain et ancien espion britannique Ian Fleming. On connaît moins, en revanche, Stierlitz –Max Otto von Stierlitz de son «vrai» nom–, son équivalent soviétique, d'abord né dans les romans de l'auteur russe Yulian Semyonov dans les années 1960, puis adapté sur petit et grand écran, une décennie plus tard, et incarné par l'acteur Viatcheslav Tikhonov.

Si l'on reparle de Stierlitz aujourd'hui, c'est parce qu'il pourrait avoir eu une influence sur la carrière de Vladimir Poutine. En particulier dans son engagement auprès du KGB, les services de renseignement russes, entre 1975 et 1990. C'est en tout cas ce que suggère une enquête de la BBC. Dina Newman, l'auteure de l'article, rappelle que lors de la première diffusion de la série télévisée en douze épisodes adaptée des romans, en 1973, le programme avait réuni entre 50 et 80 millions de personnes. Avant de lister quelques points communs entre Stierlitz et Vladimir Poutine:

«Vladimir Poutine n'a jamais dit si, oui ou non, Stierlitz l'avait inspiré pour devenir espion. Mais il avait 21 ans lorsque le premier film a été diffusé et il a rejoint le KGB deux ans plus tard. [...] À l'époque, Vladimir Poutine était posté en Allemagne, tout comme Stierlitz. Si James Bond buvait de manière pathologique, Stierlitz, comme Poutine, était à l'opposé de tout ça.»

«Président-2000»

Vladimir Poutine s'est-il donc engagé au KGB pour parvenir à ses fins en politique? Difficile à dire. Reste que cette expérience professionnelle –qu'il dévoile publiquement dans un documentaire télévisé en 1991, peu après avoir quitté le KGB, alors qu'il travaille pour le maire de Saint-Pétersbourg– lui aura largement profité pour atteindre le Kremlin.

«Le film soulignait l'importance des agents secrets, qui étaient des personnes très respectées dans le pays. Il a instillé le concept de patriotisme dans la génération d'après-guerre», explique à la BBC Eleonora Shashkova, l'une des actrices vedettes du programme. À tel point que, en 1999, un sondage du quotidien Kommersant demandant quel acteur les Russes aimeraient-ils voir officier comme président, Stierlitz est arrivé en seconde position.

La une du supplément hebdomadaire du quotidien montre alors une photo de Stierlitz, accompagnée du titre «Président-2000». De la fiction à la réalité, il n'y a qu'un pas puisque, quelques mois plus tard, en mars 2000, après une période d'intérim, c'est Vladimir Poutine, ancien espion, qui deviendra président de la Russie. Ou l'autre «Président-2000» en quelque sorte.

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