France

Macron président: l'obsession des législatives a déjà commencé

Grégor Brandy, mis à jour le 08.05.2017 à 12 h 45

Après l'élection d'Emmanuel Macron, il est maintenant l'heure pour les responsables politiques de se concentrer sur les législatives.

Emmanuel Macron, le 7 mai 2017, à Paris. Patrick KOVARIK / AFP

Emmanuel Macron, le 7 mai 2017, à Paris. Patrick KOVARIK / AFP

À peine Emmanuel Macron était-il élu président de la République, qu'ils étaient déjà passés à la prochaine étape. Quelques minutes après l'annonce des premières estimations annonçant Emmanuel Macron vainqueur avec plus de 65% des suffrages exprimés, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et d'autres anciens candidats à la présidentielle et leaders politique ont tenu à rappeler que dans tout juste un mois, les 11 et 18 juin, les Français devront retourner voter, cette fois-ci pour les législatives.

Marine Le Pen a d'ailleurs été la première à rapidement évoquer le sujet dans son discours de défaite, en se positionnant comme la principale opposante au futur président, et a appelé au passage à une refonte de son parti, le Front national.

«Ce second tour organise une recomposition politique de grande ampleur entre les patriotes et les mondialistes. C'est ce grand choix qui sera présenté par circonscription aux Français lors des législatives. Je serai à la tête de ce combat, afin de rassembler plus largement encore tous ceux qui veulent choisir la France, défendre son indépendance, sa liberté, sa prospérité, sa sécurité, son identité et son modèle social, tant nous sommes inquiets des perspectives qu'offre ce nouveau quinquennat.»

Autre personnalité forte de cette élection, Jean-Luc Mélenchon, arrivé en quatrième position au premier tour avec un peu moins de 20% des voix, a lui aussi rappelé le rôle important des législatives à venir.

«Le programme du nouveau monarque présidentiel est connu. C’est la guerre contre les acquis sociaux du pays et l’irresponsabilité écologique. Nous n’y sommes pas condamnés. Les élections législatives doivent montrer qu'après un vote de refus et de peur, le moment est venu d'un choix positif, le choix de l'avenir en commun. J'appelle les sept millions de personnes qui se sont regroupées autour du programme dont j'ai été le candidat à se mobiliser et à rester unies qu'elles aient ou non voté pour M. Macron. J'appelle tous ceux qui sont prêts à rompre avec le passé à se joindre à la France insoumise, dont nous avons fait le nouveau mouvement de masse en tête dans tant de villes de notre pays.»

À droite, à gauche, au centre

Benoît Hamon, le candidat socialiste largement battu au premier tour a lui aussi évoqué les législatives lors d'un discours où il s'en est pris à la politique prévue par Emmanuel Macron, et estimé qu'il n'avait obtenu qu'une majorité par défaut:

«Ce soir, nous avons trouvé une majorité seulement pour dire “non” à l'extrême-droite. C'est à l'occasion des élections législatives des 11 et 18 juin prochains que vous allez choisir la politique que vous souhaitez pour la France, pour la France en Europe, pour vous-mêmes et pour vos enfants.»

De son côté, François Baroin, qui va mener la campagne LR aux législatives, doit déjà composer avec des envies d'alliance avec En Marche! de la part de certains de ses membres haut-placés. Malgré cela, il souhaite obtenir une «majorité absolue», comme il l'a expliqué sur France 2 quelques minutes après l'annonce de l'élection d'Emmanuel Macron.

«La mère des batailles, ce sera la bataille des législatives», a-t-il ainsi annoncé avant de se placer «évidemment dans l'opposition». Il risque donc d'y retrouver du monde. Mais face à lui, se trouvera le nouveau président, qui vise lui aussi la majorité absolue avec son mouvement. Il l'a d'ailleurs fait savoir à ses partisans réunis au Louvre, ce 7 mai.

«Notre tâche imposera de construire dès demain une majorité vraie, une majorité forte, une majorité de changement. C'est cela que j'attends dans six semaines, car j'aurai encore besoin de vous.»

Une élection où la encore, certains ne lui donnent que peu de chance de s'imposer. Ce Jour sans Fin politique est donc loin d'être terminé.

Grégor Brandy
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