France

«Vive la France»: comment les anglo-saxons ont réagi à l'élection de Macron

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 08.05.2017 à 12 h 11

Repéré sur The Guardian, The Washington Post, The New York Times

Que ce soit au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, le spectre du Brexit et de Trump n'est jamais loin.

Emmanuel Macron, lors de son arrivée au Louvre, le 7 mai 2017 après son élection |  PHILIPPE LOPEZ / AFP

Emmanuel Macron, lors de son arrivée au Louvre, le 7 mai 2017 après son élection | PHILIPPE LOPEZ / AFP

Alors que la France pense déjà aux élections législatives, la presse étrangère au grand complet commente la victoire du pro-européen Emmanuel Macron face à l'inquiétante Marine Le Pen. Et aux États-Unis comme au Royaume-Uni  –qui n'ont pas oublié les chocs du Brexit et de l'élection de Trump–, les principaux journaux poussent un ouf de soulagement, sans pourtant oublier les enjeux des prochains mois.

Le Daily Telegraph estime qu'en tant que «nouvel espoir de la France», Macron annonce un ciel «nuageux au-dessus du Brexit», puisque le nouveau président français s'est toujours présenté comme un Européen convaincu. Le Guardian s'interroge également sur ce qu'un homme comme Macron à la tête de la France signifiera pour Londres, qui entame doucement sa sortie de l'UE. «Comme son ancien patron François Hollande, il tient à ce qu’aucun autre pays de l’UE ne considère le Brexit comme un modèle à imiter, note Patrick Wintour, l'éditorialiste du Guardian. Ancien banquier, il va aussi être tenté de convaincre ses partisans vivant au Royaume-Uni de rentrer en France en faisant de Paris une rivale efficace de la City de Londres.» L'éditorialiste estime aussi que son pays pourrait voir un nouvel axe Paris-Berlin émerger, mais sous certaines conditions seulement.

«Beaucoup de ses propositions restent floues, mais Macron a été assez honnête pour dire que Berlin n'écoutera pas Paris que si la France affirme sa crédibilité au travers de réformes économiques.»

Le journal, décidément très prudent, explique en une que la France reste divisée et que le FN est loin d'être mort; et dans un édito que la lune de miel n'aura pas lieu pour son nouveau chef d'État.

«Macron, qui prend ses fonctions dans quelques jours, n'aura pas d'Etat de grâce. Il prend le pouvoir dans un pays usé par des décennies de chômage de masse, impatient face à une économie qui stagne, vivant toujours sous l'Etat d'urgence, faisant face à une menace terroriste constante et à une guerre à l'étrange, avec des troupes encore déployées dans la région africaine du Sahel pour lutter contre les groupes djihadistes.»

 

Au royaume d'Elisabeth II, seul le Daily Mail, qui voyait un temps Marine Le Pen comme l'initiatrice d'une «nouvelle révolution française», n'a pas mentionné le résultat de l'élection en Une.

Célébrer Macron, à l'américaine

De l'autre côté de l'Atlantique, le Washington Post salue en premier lieu un «exploit politique extraordinaire», celui du président le plus jeune depuis Napoléon, élu sans base parlementaire ou grand parti à ses côtés. «Il n'a pas fait de promesses populistes, il n'a pas proposé de plans impossibles ou de richesses inatteignables. Et il a gagné.» Une référence directe à la victoire de Trump en novembre dernier. Bien sûr, le journal n'oublie pas de mentionner également le fait que le plus dur est à venir, avec les législatives et le poids pris par Marine Le Pen. «Comme Trump, Le Pen a rallié les électeurs de villes industrielles qui étaient par le passé prospères mais désormais souffrantes. Macron a conquis la France des villes prospères et cosmopolites. Créateur d'un parti politique qui a seulement un an, Macron affronte maintenant le challenge représenté par le nombre important et inhabituel de bulletins blancs. Il devra défier ou travailler autour des partis établis du pays en juin pour les élections législatives. Il devra aussi équarrir les nombreux cercles de sa campagne ni de droite ni de gauche.» Bref, s'il veut mettre en avant cette «troisième voie», valorisée dans les années 1990 par Bill Clinton et Tony Blair, le chemin risque d'être long pour le candidat «En Marche!».

Pour cherche l'éditorialiste le plus enthousiaste, il faut aller du côté du New York Times, où Roger Cohen a tout simplement décidé de célébrer Macron. «Par-dessus tout, à travers son intelligence et sa civilité, sa culture et son ouverture, Macron a érigé une barrière plus que nécessaire contre la grossièreté et l'incivilité, l'ignorance et l'étroitesse d'esprit qui suinte du bureau ovale de Trump et qui menace de corrompre la conduite des affaires du monde. Vive la France! Vive l'Europe! Maintenant plus que jamais.»

C'est le même ton que l'on retrouve chez de nombreuses célébrités, toutes soulagées de ne pas voir une alliée de Trump arriver au pouvoir. Une Madonna euphorique, une Cher toujours attentive et un Mark Hamill célébrant le drapeau tricolore, représentaient à eux seuls l'humeur chez les vedettes américaines.

La palme du meilleur commentaire revient à Seth Meyers, présentateur du Late Night, qui plaisante et explique avoir décidé d'appeler à nouveau les frites «French Fries».

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte