France

Quand la classe politique pronostiquait l'effondrement du phénomène Macron

Galaad Wilgos, mis à jour le 07.05.2017 à 23 h 55

Les hommes et femmes politiques, élus ou cadres de parti, n'ont pas toujours brillé dans leurs prédictions sur la présidentielle. Un bref récapitulatif des plus grosses erreurs de prévision.

Emmanuel Macron, fraichement élu, durant son discours dans son QG le 7 mai 2017 / Lionel BONAVENTURE / AFP

Emmanuel Macron, fraichement élu, durant son discours dans son QG le 7 mai 2017 / Lionel BONAVENTURE / AFP

Lors d'élections majeures comme la présidentielle française, les pronostics vont généralement bon train, et font presque partie de l'identité d'une nation aussi politisée que la France. Du PMU le plus reculé aux soirées guindées du XVIe en passant par les réseaux sociaux, particulièrement actifs durant cette campagne, tout le monde a son petit avis: pour qui voter, face à qui, dans quel mesure faut-il prendre en compte le danger FN, et surtout, les questions cruciales: qui va remporter le premier et le second tour?

S'il est d'usage de critiquer la fiabilité des sondages, ou de moquer les pronostics de la twittosphère, les hommes et femmes politiques, représentants ou cadres de parti ne sont pas en reste en matière de ratés.

Macron, «un phénomène de mode»

 

Au cours de la campagne, la mode était à décrire Emmanuel Macron... comme un succès éphémère. À commencer par Manuel Valls, qui avant de le soutenir cherchait à avoir sa tête en tant que ministre après la fondation de son mouvement En Marche et qui, après l'officialisation de sa candidature, déclara lors d'un déplacement dans le Morbihan qu'il n'était qu'un «phénomène de mode».

Il n'était cependant pas le seul, et de nombreuses personnalités politiques issues d'horizons différents qualifiaient alors son envolée dans les sondages d'effet de mode:

François Hollande, dans le livre-entretien des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme Un président ne devrait pas dire ça, affirmait de même qu'une aventure personnelle d'Emmanuel Macron serait un gâchis car «sans avenir»:

François Fillon déclarait d'ailleurs en janvier 2017, un brin caustique, qu'il ne refusait pas l'idée de faire entrer Macron dans son gouvernement...

Jean-François Copé, quant à lui, clama que «tout le monde sait que les Français veulent une alternance, Macron ne l'incarne pas».

Mélenchon à 2% en 2017

 

Macron n'est pas le seul candidat à avoir été victime des prédictions à la Nostradamus des personnalités politiques. Karine Berger, peillonniste, avait ainsi le 27 décembre 2016 diagnostiqué qu'en cas de présence du vainqueur de la primaire socialiste et d'Emmanuel Macron, le second tour serait entre la droite et l'extrême droite:

«Deux candidatures aussi importantes que celles d'Emmanuel Macron et du candidat de gauche issu des primaires citoyennes (...) (font) que le second tour de l'élection présidentielle est écrit à droite et à l'extrême droite», expliquait la députée PS des Hautes-Alpes sur France Inter.

Jean-Marie Le Pen, durant le pic d'hostilité avec sa fille Marine Le Pen, estimait que les électeurs trouveraient «plus astucieux de voter Fillon pour lui permettre d'être au deuxième tour et de gagner». Et Jean-Luc Mélenchon pensait, pour sa part, que Sarkozy gagnerait les primaires de droite et pariait aussi sur François Bayrou.

Mais la palme de l'erreur revient sans doute à Jean-Vincent Placé qui, en 2014, pensait que Mélenchon ne ferait que 2% en 2017:

«Mélenchon c'est "Bayrou II, le retour": il a fait 11% en 2012, il en fera 2 en 2017.»

Galaad Wilgos
Galaad Wilgos (17 articles)
Etudiant Université Libre de Bruxelles
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte