Monde

Une photo anodine a-t-elle malencontreusement révélé la politique internationale de Trump?

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 05.05.2017 à 18 h 08

Repéré sur The Economist

La scène est surréaliste.

Image extraite d'un tweet publié par Rabbi Shmuley‏.

Image extraite d'un tweet publié par Rabbi Shmuley‏.

Le 2 mai, le rabbin Shmuley, qui se présente dans sa bio Twitter comme le «rabbin le plus connu d'Amérique» (il reprend une citation de médias) s'est rendu à la Maison-Blanche pour rencontrer Steve Bannon, l'énigmatique conseiller en chef du président Trump. Visiblement très content de leur échange, il publie une photo sur Twitter et écrit: «Steve est un ami génial et déterminé de l'Etat juif.»

Un moment a priori anodin. Sauf que, comme l'explique The Economist, l'arrière-plan de la photo pourrait contenir des informations pour le moins sensibles. Le magazine explique que, sur le tableau blanc, sont inscrits des idées pour modifier la politique sur les voyages vers les Etats-Unis. «Certains de ces plans, soigneusement cochés sur la liste, ont déjà été tentés. Cela inclut la suspension d'un programme permettant l'admission de réfugiés syriens. Mais la promesse (non cochée) qui pourrait inquiéter le plus un blog de voyage est “Revoir nos lois sur les visas pour que le Congrès soit forcé de les revoir et les modifie”.»

En clair, ce plan, dont on ignore s'il est vraiment envisagé, implique que les voyages internationaux vers les Etats-Unis soient momentanément suspendus et que les travailleurs étrangers ne puissent pas renouveler leur visa. Un moyen de remettre sur la table l'interdiction de voyage sur le territoire pour les ressortissants de certains pays musulmans. Quand on sait que les voyages touristiques vers le pays sont déjà devenus plus exigeants, on peut légitimement penser que ce genre de plan en découragera plus d'un.

Sur le tableau, on peut lire aussi la volonté de mettre en place un contrôle biométrique à l'entrée et à la sortir du territoire, ce qui créerait des files d'attente d'une longueur folle dans les aéroports.

Il est impossible de savoir si ces mots écrits au feutre sont de réels objectifs pour Bannon et Trump concernant les visas (notons qu'il y a aussi écrit «Construire le mur à la frontière et réussir à faire payer Mexico»), mais The Economist a appris à ne plus s'étonner de rien.

«Aucun président raisonnable ne ferait ça. Mais le fait que cela se trouve sur une telle liste, et que M. Bannon accepte de se faire prendre en photo juste devant, dit bien quelque chose des priorités de l'administration.»

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