France

Pour nous, c'est Macron

Stéphane Roques et Jean-Luc Vergne, mis à jour le 05.05.2017 à 14 h 23

«Ce qu’Emmanuel Macron propose ce sont des débats et des coalitions d’idées, et non plus des logiques de groupes ou de parti devenues obsolètes et inefficaces» défendent Jean-Luc Vergne, (président et administrateur d'associations et sociétés) et Stéphane Roques (consultant en stratégie), qui appellent à voter pour le candidat d'En Marche!

PASCAL PAVANI / AFP

PASCAL PAVANI / AFP

Alors que dimanche les Français auront entre leurs mains un choix historique, une petite musique s’est insinuée pour en faire une obligation insignifiante. Voilà maintenant normalisés le refus de soutenir explicitement l’unique candidat républicain, l’éloge de l’abstention, sans parler bien sûr du vote en faveur du Front National…

D’un côté, Mme Le Pen veut revenir aux frontières. Economiques, sociales ou culturelles, ces frontières sont aussi fermes dans leur intention que floues dans leur réalité car que signifient-elles? Interdire l’immigration, ce qui priverait notamment la France de ses étudiants étrangers si importants? Refuser les importations, alors que la France ne produit plus depuis longtemps des produits de première nécessité? Bannir toutes les formes d’expression religieuse, quand les tensions communautaires sont déjà exacerbées?

De l’autre côté, Jean-Luc Mélenchon explique ne pas vouloir se salir les mains. Le programme d’Emmanuel Macron serait, à l’entendre, le début de la casse sociale de notre pays. Cet argument a ceci de curieux qu’il n’est jamais illustré par un exemple, car où est l’ultralibéralisme dans ce programme? Dans le plan d’investissement de 15 milliards d’euros pour la formation des chômeurs? Dans l’instauration d'un malus pour les entreprises qui abusent des CDD courts? Dans la hausse de 50 % de la prime d’activité?

Pour une fois, la France semble être en mesure de porter à sa tête un homme qui incarne indéniablement un triple renouvellement: renouvellement de génération, renouvellement de méthode et renouvellement d’idéal. Né durant la Ve République, élevé dans l’Europe et lancé hors des partis traditionnels, Emmanuel Macron est pourtant suspecté d’être un héritier, de perpétuer la politique telle qu’elle a toujours existé. Ces critiques viennent d’un homme qui a fait de la politique son métier depuis plus de quarante ans ou d’une femme dont le père lui a légué son parti politique. Elles ignorent sciemment qu’En Marche ! s’appuie sur des dizaines de milliers d’hommes et de femmes pour la plupart nouveaux en politique, qu’il présentera aux élections législatives des candidats issus pour moitié de la société civile et qu’il ne cesse de refuser les réponses toutes faites pour revendiquer une méthode fondée sur l’expertise, l’expérimentation et l’évaluation.

Ce qu’Emmanuel Macron propose ce sont des débats et des coalitions d’idées, et non plus des logiques de groupes ou de parti devenues obsolètes et inefficaces.  Cela participe à sa volonté de libérer les énergies du pays, que l’on retrouve à travers tout son projet: en mettant un terme aux rentes économiques, politiques et sociales qui immobilisent le pays depuis trente ans, en privilégiant la considération de l’individu à la lutte des classes, en améliorant ce qui est plutôt qu’en annonçant la transformation radicale que l’on promet toujours et que l’on ne fait jamais.

Eliminés sèchement, les partis traditionnels souhaiteraient maintenant prendre leur revanche. Une abstention élevée et une courte victoire d’Emmanuel Macron seraient pour eux la promesse d’un rapide retour aux affaires. Mais hélas d’une courte victoire à une légère défaite, il n’y a que peu de voix… Le seul avenir du parti mérite-t-il de sacrifier l’avenir d’une France réconciliée? En encourageant les jeunes électeurs dans leur indécision, les vieux partis croient être à la manœuvre alors qu’ils n’en sont qu’à la remorque.

Les appels à l’antifascisme sont réducteurs: on peut être en désaccord avec Emmanuel Macron sur son programme économique, trop ou pas assez libéral, mais la question du second tour n’est pas là. Il s’agit ici de choisir entre un candidat qui incarne le renouvellement et l’Europe de la réforme face à une candidate qui revendique le nationalisme et le repli sur soi. Il y a celui qui refuse que l’on siffle ses adversaires, et celle qui distribue des sifflets pour s’assurer que le désordre soit à la hauteur. Pour l’un on débat sur des idées, pour l'autre on exclut.

Le 7 mai, nous ne voterons pas contre un programme dangereux pour la France et les Français mais pour un projet énergique et dynamique de transformation. Le 7 mai, nous voterons pour Emmanuel Macron. 

***

Jean-Luc Vergne et Stéphane Roques avec Cyril Bosc - Jean-Pierre Dupasquier - Muriel Flis-Trèves - Philippe Hardouin - Stéphane Roques - Joelle Toledano - Jean-Luc Vergne - Guy Aziza - Christian Andreo - Johanna Baysse - Marc Benacerraf - Karima Berger - Françoise Bos - Eric Brousseau - Brigitte Chabrol - Janina Cohen - Christian Dauriac - Didier Guérin - Elisabeth Guérin - Jean-Michel Hirt - Eric Huens - Dominique Huens - Vanessa Jacob - Danièle Kapel Marcovici - David Klatzmann - Claude Labouze - Pierre Leveillet - Marc Loiseau - Hugues Le Bret - Jean-Paul Lévy - Nadia Mabrouki - André de Marco - Benoit Miribel - Philippe Moullier - Dominique Namur - Ariane Petersen - Jackie Schön - Aldo Sicurani - Franck Simoni - Pierre Siquier - Jean-Paul Solaro - Valentine Tessier - Ralph Toledano - François Villa - Eva Weil.

Stéphane Roques
Stéphane Roques (1 article)
Jean-Luc Vergne
Jean-Luc Vergne (1 article)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte