France

Le New York Times analyse l'utilisation «maligne» du genre par Marine Le Pen

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 05.05.2017 à 11 h 03

Repéré sur The New York Times

Le quotidien américain revient sur le positionnement de la candidate vis-à-vis des femmes.

Marine Le Pen à Ennemain, dans le nord de la France, le 4 mai 2017 | PHILIPPE HUGUEN / AFP

Marine Le Pen à Ennemain, dans le nord de la France, le 4 mai 2017 | PHILIPPE HUGUEN / AFP

Quand l'équipe de Marine Le Pen dévoile son ultime affiche de campagne, un détail marque beaucoup d'internautes: dépassant de sa jupe noire, on aperçoit une cuisse. Ce choix visuel peut paraître anodin: il peut s'agir d'une volonté, étrange ou non, de miser sur un certain glamour. Mais un journaliste de l'Express a expliqué sur Twitter que, pour l'équipe de campagne de la candidate frontiste, cette cuisse avait un autre sens: «Montrer la cuisse de Marine a été discuté. C'est un parti-pris assumé et un message subliminal par rapport à l'islam».

Pour le New York Times, cette affiche symbolise une tactique bien plus élaborée de la candidate, dont le but est «d'attirer plus d'électrices et adoucir l'image d'un parti longtemps traité comme un paria en France» et de montrer «son appropriation délibérée du féminisme au service du message islamophobe de son parti».

Un virage notable lorsque l'on voit que Marine Le Pen n'a, jusque-là, jamais misé sur son genre. Elle a eu plus de facilités que les autres femmes politiques car son père l'a installée au pouvoir dans le parti et donc dans le champ politique français, ce qui lui a permis d'outrepasser les éventuelles difficultés qui auraient pu se présenter pendant son ascension.

L'image d'une femme travailleuse

Lors de cette campagne, elle a notamment entamé son virage grâce à son clip (où elle dit «Comme femme je ressens comme une violence extrême les restrictions des libertés dans tout notre pays à travers le développement du fondamentalisme islamiste») ou grâce à son tract au format calqué sur les magazines féminins (où elle se présente comme «une femme de cœur»).

Mais elle ne se contente pas de cela, comme le note le journal américain après le débat télévisé du 3 mai. «Le Pen tord les dynamiques du genre, sa présence bagarreuse a exclu l'idée qu'un homme [Macron, NDLR] était condescendant ou malmenait une femme.»

Et alors que beaucoup de femmes politiques critiquent cette approche présentée comme féministe, il semble que Marine Le Pen en ait d'ores et déjà bénéficié dans les urnes. «Elle est fière d'être la mère de trois enfants, vivant en dehors des liens du mariage, elle a divorcé deux fois, explique au New York Times Nonna Mayer, sociologue à Science Po. Elle donne l'image d'une femme travailleuse qui fait de la politique.»

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