La France passera-t-elle l'hiver?
Nul besoin de faire une psychose autour du froid chaque année, on est en France, pas en Sibérie.
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Chutes de neige, risques de verglas et grand froid... l'hiver passe à l'offensive pour le premier week-end de vacances de Noël. Météo-France a maintenu dimanche 20 décembre son alerte orange à 50 départements. Les perturbations devraient se terminer «au plus tôt» lundi à 21 heures. Dans la nuit de samedi à dimanche les températures ont chuté jusqu'à -19°C à Dijon et même - 23°C dans le Jura.
Une nouvelle perturbation va balayer un grand quart nord-ouest de la France, avec un risque de neige ou parfois de pluies entraînant la formation de verglas «dans les départements littoraux ainsi que sur le Poitou-Charente et la région Centre». En Ile-de-France, la préfecture de Paris a appelé à la plus grande vigilance sur les routes, alors qu'à Paris, la neige a fait son apparition en milieu de matinée.
Mardi 15 décembre. Premier jour de froid. Petit froid encore, 1° à Paris, deux ou trois degrés de moins en plaine. Moins 4, la nuit. Disons un froid raisonnable. Après des mois d'une grande douceur, l'hiver est en retard, cette année. Et pourtant: mardi 15 décembre, premier jour de drame. De peur du drame. Ce qui, de nos jours, revient au même. Réseau de transport d'énergie (RTE) a déclenché son alerte, tôt le matin. Les Bretons et les habitants de la région PACA doivent absolument baisser leur consommation d'électricité, de 17 à 20 heures, apprend-on, sinon ils risquent la panne générale. Rien que ça. Le noir ! Le noir dans le froid.
Les responsables de RTE, qui ont décidé de jouer la transparence, expliquent que la Bretagne ne produit que 8% de son énergie. Il suffirait qu'une panne survienne sur «un groupe de production», ou qu'une ligne à haute tension cède pour qu'il devienne nécessaire de délester la région et de plonger dans ce noir inquiétant cent cinquante ou deux cent mille personnes. Et cela, pour éviter la mise hors service générale. Mardi 15 décembre: nous tendons l'oreille, ahuris. Résumons, juste pour être sûr d'avoir bien compris le sens de l'alerte. Les pouvoirs publics prient les Bretons de bien vouloir se priver d'une douce quiétude, à l'heure où les enfants rentrent de l'école, à l'heure où il paraît non exagéré de se chauffer quand il fait froid, dehors, et ce, dès les premières heures du premier jour de froid?
La France n'est-elle pas ce grand pays d'électricité, championne du nucléaire, au point qu'elle en vend, de l'une et de l'autre, à l'étranger? En charge de réseau énergétique, RTE est en train de nous prévenir, en fait, que son réseau ne vaut rien, il doit être vieux ou mal entretenu, et qu'il ne résistera pas à des températures sous zéro, au moins sur un cinquième du territoire national ? Franchement, au risque de paraître donner un tour un peu poujadiste à ces lignes, c'est renversant. RTE distribue trop facilement les verges pour se faire battre. Voilà des gens qui débarquent, déplient leur kit marqué: HIVER, et lancent à la cantonade: bonjour, mesdames, messieurs, nous allons dans le mur!
La France incapable de se chauffer?
C'est dérisoire, et c'est inacceptable. Il y a fort à parier que les dirigeants de ce réseau électrique vont se faire taper sur les doigts par les politiques. Quelle pub gouvernementale, en pleine crise sociale! On imagine les râleurs, et les opposants: «en plus, ils ne peuvent même plus nous chauffer!» On discute des émoluments princiers du PDG d'EDF, mais les fournisseurs d'électricité ne garantissent plus l'électricité, dans un pays où, sur les factures des consommateurs, celle-ci est déjà au prix de l'or. Mais où sommes-nous? En Grèce? En Ukraine? Entre l'arnaque et l'incompétence, nos cœurs balancent...
Arrêtons-là ce numéro de mauvais esprit. Quelqu'un, au gouvernement, va sûrement se réveiller, et corriger cet écart de raison. Qu'on nous demande de dépenser moins d'énergie est compréhensible. Nos maisons sont désormais très équipés en matériels électriques de toutes sortes, nos ordinateurs et nos téléviseurs restent en veille. Dérèglements de la surconsommation occidentale. Mais ces sages conseils, même en plein sommet de Copenhague, ne doivent venir qu'APRES l'obligation sacrée de chauffer convenablement les Français. Nous approchons déjà du «pic» de consommation de 2008, bientôt du record historique? Et alors? RTE existe, on veut le croire, pour distribuer et transporter, non, d'abord, pour juger de nos consommations.
Communication de crise
En plongeant d'entrée le pays dans l'inquiétude - avant le noir promis -, au premier jour du froid, RTE règle sans doute des comptes avec les autres géants de l'énergie, EDF, AREVA, on ne sait. Il est étonnant, en effet, que la Bretagne et PACA ne disposent pas d'une électricité produite sur place, ce qui doit être plus censé et plus pratique que son transport, le long de ces lignes à haute tension qui gâchent le paysage. Nul doute, en outre, que cet organisme a abusé, mardi 15 décembre, de «la communication de crise», à laquelle ses cadres ont dû être formés. Alerter d'emblée, pointer le pire, c'est se parer, juridiquement. Administrativement ou politiquement. Mais c'est aussi rejoindre l'humeur de l'époque, quand les premiers flocons se mettent à tomber. Le catastrophisme.
La communication de RTE s'est jouée un film catastrophe de fin du monde. L'apocalypse, vite, vite!, au premier jour de l'hiver. Médiatiquement parlant, rien de mieux, en effet, pour se faire entendre, ou connaître. On nous a rendus, par le cinéma américain, la presse, les jeux vidéo, etc, friands d'affolement. Et ça marche à tous coups, évidemment. L'hiver, le «général Hiver» n'a vraiment été rude, ces deux dernières décennies, qu'en 1995. Par calcul ou par paresse, les services publics, les grands organismes de vigilance et de sauvegarde collectives ont donc oublié que la France, placée comme elle l'est, entre les pôles, connaît naturellement une saison nommée hiver, qui vient, rappelons-le, après l'automne et avant le printemps. On se souvient des autoroutes, paralysées par le manque de sable et de sel, les nuits de gel; des aéroports avares de portiques de dégivrage pour leurs avions; de Marseille sous la neige, exsangue...
Aussi sommes-nous sans cesse traversés d'alertes hivernales. De grands feuilletons trempés dans l'urgence. «Vigilance»! «Plan Grand froid» - même à moins 3°? - en sont les titres. Nous ne vivons plus qu'énervés, tels des taureaux, par les couleurs du risque. L' orange » et le «rouge». Ou par des échelles de mesure : niveau 4, niveau 5. A 6, c'est la fin, adieu à tous. Autrefois, dans les enfances d'une grande majorité de Français, l'hiver était la saison la plus tranquille. Tout le monde, même en ville, savait s'y prendre. La neige était une amie. La France fournissait de l'électricité, depuis les années 50 - et en vendait, déjà. Sauf pour «les sans logis», bien sûr, ancêtres des SDF, la chaleur des lits était assurée. Les gamins cassaient la glace, dans les fontaines.
Pourquoi avons-nous laissé ce trimestre du répit devenir saison de l'effroi, alors que nous sommes tous, ou presque, raisonnablement sûrs de passer l'hiver, et d'atteindre le printemps ?
Philippe Boggio
Image de une: Reuters/Deborah Zabarenko
Mis à jour le 20/12/2009 à 16h08










































Vous savez ce qui va se passer ? On va nous augmenter le prix de l'électricité et pas qu'un peu. Sarko est à l'image de notre pays : on fait les fanfarons, on ne règle rien, on fait payer le plus grand nombre.
Voilà encore un nouvel exemple d'un état actionnaire présent dans les CA mais incapable de prendre ou d'approuver les bonnes solutions. Le plus risible si l'on veut le Président actuel d' EDFétait membre du CA quel homme visionnaire mais il est vrai que Véolia traite ses marchés avec les entités publiques conseil régional, départements , villes .... mais comment est géré la concurrence !!!!!!
Alors aujourd'hui on nous conditionne pour une future augmentation du KW tellement demandée par les différents Présidents issuent d'où? DES MINISTERES vous savez les "grands servitateurs de l'état" mais pas des citoyens.
Au lieu d'ironiser sur le thème : "La France n'est-elle pas ce grand pays d'électricité, championne du nucléaire..."
Dites-nous pourquoi la Bretagne et PACA n'ont pas pu voir se construire sur leur territoire les infrastructures électriques dont elles auraient eu besoin pour être à l'abri du problème que ces deux régions connaissent aujourd'hui.
Et bien la seule centrale nucléaire qu'on avait est en cours de démontage et personne n'a voulu de celle qui était prévue à Plogoff or pendant longtemps aucune alternative au tout nucléaire n'a été proposée avant les très récentes éoliennes, mais c'est avant tout un problème de transport puiqu'une seule ligne à 225KV alimente le nord de la Bretagne comme une sorte de punition pour le mauvais élève qui n'a pas voulu du nucléaire...
Il faut préciser que le problème n'est que théorique puisque même l'année dernière ou l'hiver a été le plus froid depuis plus de 10 ans en Bretagne je n'ai pas entendu parler de coupures d'electricité exceptionnelles... De plus ces coupures théoriques ne concerneraient qu'une petite partie de la population (10% environ) pendant des laps de temps courts. Moi je m'en fous je me chauffe au bois et mon portable tient longtemps sur batterie.
EDF n'a pas doublé sa ligne en PACA pour une raison de destruction de terre agricole déjà pauvre dans cette région, mais également pour une question de destruction du patrimoine, correspondant aujoud'hui à un thème, l'écologie .
Mais let surtout la France est retard sur le plan technique car les lignes aujourd'hui sont enterrées si les éoliennes gâchent le paysage que dire des lignes THT.
EDF ancien!! fleuron de notre industrie est devenu une ste mal gérée ou le profit immédiat et les investissements des plus aléatoires ont pris le pas sur l'Intelligence économique.
Que fera la nlle Direction, il serait intéressant, car l'état , c'est à dire les citoyens, est l' actionnaire de cette société, d' avoir connaissance du plan business pour les années avenir ce qui permettrait déjà de porter un premier jugement sur l'équipe actuelle.
il y a trois problèmes :
- rien n'a a été fait pour modérer la consommation électrique. Par exemple : en plus d'être couteux, le chauffage électrique est une aberration énergétique.
- les centrales nucléaires (dont le cinquième est actuellement à l'arrêt pour des raisons techniques) c'est tout ou rien et ça ne répond pas aux pointes de consommation comme on le voit le soir en cas de grand froid.
- en Bretagne et en Paca c'est un problème de réseau. En paca la 2ème ligne prévue devait passer dans les gorges du Verdon en plein parc naturel régional !
Et construire une centrale à gaz à Nice pose d'autres problèmes.
Par ailleurs il est intéressant de constater qu'EDF (ou RTE) possède bien plus de lignes (et de plus grande puissance) reliées à des pays étrangers que reliées à la Bretagne ou la région PACA (et la Corse ?) c'est à méditer aussi il me semble (service public, équité territoriale, etc...)
Les interconnexions entre la France et les pays voisins sont assurées par 16 lignes 400 kV, 12 lignes 225 kV, 4 lignes 150 kV, 2 lignes 90 kV et 6 lignes 63 kV, auxquelles il faut ajouter les câbles qui relient la France à l'Angleterre en courant continu.[...]Aujourd’hui, RTE est déjà interconnecté avec les 28 pays européens, et même en sous-marin jusqu’au Maroc, l’Algérie et la Tunisie
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_de_transport_d%27%C3%A9lectricit%C3%A9