France

«Le terme de dédiabolisation du FN est littéralement insupportable»

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 06.05.2017 à 12 h 46

À quelques heures du second tour, retour, en compagnie des auteurs de l'époque, sur ce qui s'écrivait sur le FN lors de son ascension dans le dernier quart du XXe siècle. Cette époque où Marine ne perçait pas encore sous Le Pen.

VALÉRY HACHE / AFP.

VALÉRY HACHE / AFP.

À l'époque, les prix se calculaient en francs et le FN pouvait engranger 40% des voix dans une ville, un canton, à la rigueur une circonscription –pas à l'échelle du pays entier. Il n'était pas encore un parti installé mais celui du «choc», de la «percée», de l'«irruption», au gré de l'augmentation de ses scores: 11%, 14%, 15%.

Très vite, les articles et ouvrages, signés de journalistes, d'historiens, de politiques, de personnalités engagées, se sont accumulés pour le décrypter ou le déchiqueter: «brochures de conjoncture», «pamphlets rageurs», «essais scientifiques» ou «compilations de reportages», déroulaient, en 1998, l'actuel premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis et Éric Osmond, respectivement fondateur et porte-parole du Manifeste contre le Front national, dans leur livre La France blafarde: une histoire politique de l'extrême droite. À la relecture de ces pages noircies sous le premier quart de siècle du FN, à l'époque où Marine ne perçait pas sous Le Pen, on trouve, encore aujourd'hui, quantité de diagnostics ou de notations pertinentes, prémonitoires parfois.

Le 17 juin 1984, quelques mois après une «Heure de vérité» qui a vu Le Pen faire ses débuts en prime time, le FN obtient 10,95% des voix et dix sièges lors des élections européennes. L'éditeur JC Lattès propose au journaliste et historien Éric Roussel de s'intéresser à ce nouveau parti qui talonne le PCF, et le doublera bientôt. Paru en 1985 sous une photo du président du FN au garde-à-vous en meeting, Le Cas Le Pen. Les Nouvelles droites en France est un ouvrage d'histoire immédiate dont l'auteur s'étonne lui-même de s'attaquer à «un sujet d'une actualité si brûlante» mais s'avoue convaincu «qu'aujourd'hui il est possible d'analyser sereinement le phénomène Le Pen et de tenter de l'expliquer». «Parmi les électeurs qui ont porté leur suffrage sur le Front national, il y a naturellement des adeptes de solutions totalitaires, écrit-il, mais l'objectif des autres, la majorité selon moi, est plutôt de protester maladroitement, instinctivement, avec les moyens qui s'offrent à eux, contre l'avènement d'un système social tendant à se dérégler.»

Un constat qui n'a pas tellement changé, contrairement à la forme de la menace, le FN «reaganien» et urbain de 1984 ayant muté à plusieures reprises. «À l'époque, j'avais parlé du FN avec Jacques Chirac, qui pensait que cela serait un feu de paille, explique aujourd'hui celui qui est depuis devenu biographe en série de nos présidents (déjà trois, et une consacrée à Valéry Giscard d'Estaing en cours). Ce qui me frappe en regardant le parti aujourd'hui, c'est à quel point il a changé en se métamorphosant sans arrêt. Qui aurait pu imaginer que la fille Le Pen exclurait son père, qui régnait sans partage? J'avais rencontré assez longuement Jean-Marie Le Pen et ce qui m'avait frappé, c'est qu'il était très soucieux de respectabilité. Il voulait être un notable. La deuxième chose, c'est qu'il ne voulait pas arriver au pouvoir: c'était un provocateur, mais qui n'a jamais sérieusement envisagé de se rapprocher de la droite.»

L'artisan du «tonnerre de Dreux», Jean-Pierre Stirbois, et Jean-Marie Le Pen, le 6 septembre 1983 à Paris. GABRIEL DUVAL / AFP.

Un rapprochement qui a pourtant déjà eu lieu, un an plus tôt, au niveau local. Avant la foudre des européennes, le «tonnerre de Dreux»: après avoir, en mars 1983, fait liste commune avec le RPR pour les municipales, le FN obtient 16,7% en solo en septembre après l'invalidation du scrutin, puis fusionne au second tour avec la droite victorieuse. L'année suivante, l'ancienne maire de la ville, Françoise Gaspard, tire un premier bilan de cette expérience dans La Fin des immigrés, un livre coécrit avec Claude Servan-Schreiber: les auteures déplorent que, sur la sécurité, la gauche ait «laissé la droite entonner le refrain du laxisme sans répliquer», sur l'immigration, ne montre pas clairement qu'une «déportation massive [...] serait une folie politique et économique», et se refuse à mettre en pratique ses promesses sur le droit de vote des étrangers aux scrutins locaux.

Trente ans après, la sociologue continue de déplorer qu'on ait «pas su intégrer une partie de la population, en provoquant du communautarisme dans une société qui évoluait et qui a toujours été multiculturelle». Quand on lui demande, elle qui avait vécu les premiers craquements du front républicain en 1983, comment elle vit ceux de 2017, elle répond:

«Mal, mais nous sommes dans une autre configuration. Ce qu'a révélé le premier tour, c'est la coupure entre une France qui se juge abandonnée et une France qui se juge intégrée, coupure qui s'est aggravée et qui n'a pas été analysée par les partis.»

«Tu verras, à 30%, les gens ils ne crieront plus»

Au milieu des années 1980, le FN est encore, y compris à Dreux, un parti relativement peu structuré, qui doit parfois avoir recours aux petites annonces pour constituer ses listes. Un an après l'élection en 1986, grâce à la proportionnelle intégrale, de 35 députés FN, une jeune journaliste, Anne Tristan, décide de s'y immerger en adhérant, sous pseudo, à une section FN du quatorzième arrondissement de Marseille, depuis passé aux mains du FN. Dans Au Front (1987), elle retranscrit les propos qu'elle y a entendus, de la conversation du quotidien à la tirade raciste ou antisémite: «Regarde: si tu tues un Arabe quand Le Pen il fait 0,5%, t'as de suite le tollé, on te traite de raciste. Quand on est à 15%, les gens déjà ils crient moins. Alors, il faut continuer et tu verras, à 30%, les gens ils ne crieront plus.» Rend compte de son étonnement quand les militants proposent de l'aider à trouver un emploi, un logement: «Mon monde s'ébranle: je suis chez l'ennemi et l'ennemi est gentil.» De ses illusions face à l'impréparation du mouvement: «Je [...] me réjouis: avec des militants aussi peu dotés du sens de l'organisation, le Front est une baudruche qui se dégonflera vite.» En fait de baudruche, un an plus tard, Le Pen obtient 14,4% à la présidentielle, lui qui n'était même pas parvenu à recueillir les 500 signatures sept ans plus tôt.

«On ne peut pas considérer que le présent ressemble indéfiniment au passé, mais il y a à mes yeux des ressemblances, explique aujourd'hui l'auteure. Ces personnes qui “criaient” le même besoin de survivre à la “crise”, leur impression de ne jamais être entendues par les partis, existaient et existent encore.» Elle s'inquiète tout particulièrement de la banalisation dont fait l'objet le FN: «Il reste toujours un parti qui se nourrit de l'absence de résistance en face et peut aller beaucoup plus loin si cette résistance n'est pas là. Pour moi, le plus important n'est pas ce qui a changé au FN, mais ce qui s'est passé en face: ce n'est pas le FN qui s'est banalisé, c'est notre accoutumance qui est devenue banale. Il y a toujours dans ce parti cette absence d'égalité entre les êtres humains, ce découpage entre ceux “d'ici” et ceux “d'ailleurs”, cette recherche de la division, de la violence, d'une société autoritaire et xénophobe. Le terme de dédiabolisation est littéralement insupportable: il suffit de se mettre dans la peau des personnes visées, par exemple des étrangers sans papiers, pour le ressentir.»

«La victoire du FN a quitté le domaine de la politique-fiction»

Dès le début des années 1990, les percées électorales du FN sont devenues tellement régulières qu'il est difficile de continuer à parler de percées. «La pertinence du diagnostic n'a pas empêché la progression de la maladie, tout au contraire, constatent, en 1992, les journalistes Edwy Plenel et Alain Rollat, dans La République menacée. Dix ans d'effet Le Pen, ouvrage prolongeant un livre publié une décennie plus tôt. Est-il permis de gloser à perte de vue sur l'avenir politique du Front national? Ne vaudrait-il pas mieux avouer, lucidement, qu'il est déjà bien tard?» Le FN ne s'est pas seulement imposé dans les urnes, il a imposé son agenda. L'année précédente, Jacques Chirac dénonçait «le bruit et l'odeur» et Valéry Giscard d'Estaing l'«invasion» des immigrés, tandis que la Première ministre socialiste Édith Cresson décrivait en termes crus sa politique d'expulsion des immigrés en situation irrégulière:

«Vous appelez cela des charters, mais ce ne sont pas des charters. Parce que des charters, c'est des gens qui partent en voyage, en vacances, avec des prix inférieurs. Là, ce sera totalement gratuit et ce ne sera pas pour des vacances, mais pour reconduire ces gens dans leur pays.»

Face à la lepénisation des urnes et parfois des esprits, un mouvement de protestation commence à se structurer, notamment avec l'émergence des collectifs Ras'l'Front. «Les plus sceptiques admettent que l'arrivée du Front national au pouvoir n'est plus une hypothèse farfelue», écrit, en 1996, ce dernier dans un ouvrage collectif. Un an plus tôt, le règne mitterrandien s'est conclu sur un double choc, sociologique et local. Au premier tour de la présidentielle, Le Pen atteint les 15%, mais obtient surtout 30% des voix des ouvriers et employés: le FN n'est plus une simple éruption poujadiste mais une troisième force, que les chercheurs en sciences politiques Pascal Perrineau et Nonna Mayer commencent à qualifier respectivement de «gaucho-lepénisme» ou d'«ouvriéro-lepénisme». Le 1er mai 1995, son leader clame que le FN «ne se veut ni de droite ni de gauche, il est le parti de la France».

Six semaines plus tard, deuxième choc: aux élections municipales, le parti remporte grâce à des triangulaires trois villes du Sud, Orange, Marignane et surtout Toulon, 170.000 habitants. Le FN n'est plus condamné à la minorité, y compris dans une grande collectivité locale. Étudiant sa percée dans le Var, la politologue Virginie Martin décrit alors, dans Toulon la noire, les premiers symptômes de la banalisation:

«Voici tous les effets pervers d'une diabolisation menée depuis une décennie contre le Front. La population toulonnaise n'a pas en face d'elle les fameux “fachos” qu'elle craignait. [...] En quelque temps, le Front est entré dans les moeurs toulonnaises.»

Une gloire locale, le champion de France de rugby Daniel Herrero, signe alors une adresse affectueuse à un «minot» tenté par le bulletin FN:

«Quand je t'écoute parler comme ça, j'essaie de comprendre ton malaise. Je sais qu'il y a des choses qui vont mal, mais j'ai le sentiment que tu te trompes de cible, que tu ne choisis pas le meilleur moyen pour rendre ta vie plus belle.»

Vingt ans plus tard, le même, qui publie ce mois de mai un livre d'entretiens, Ma Méditerranée, essaie encore de positiver: «Je veux croire qu’il y a encore chez mes frères humains arborant les cou­leurs du Front national un ou quelques attardés sur la route...»

En 1995, c'est le Sud. Demain, la France? Jean-Marie Le Pen jubile: «Le système électoral majoritaire, mis en place pour nous exclure, pourrait, à partir d'un événement extérieur, produire aussi bien trois cents députés du Front national.» Dans une étude globale du phénomène frontiste publiée en 1996, Le Front national en face, le journaliste Michel Soudais s'interroge:

«Profitant d'une aggravation de la situation économique et sociale, de l'impuissance de la justice à juger les élites convaincues de corruption, d'une crise européenne ou de l'augmentation de la violence urbaine, le Front national ne pourrait-il pas passer demain la barre des 20, 25, 30% de votes en sa faveur? [...] La victoire du Front national a aujourd'hui quitté le domaine de la politique-fiction pour entrer dans le champ des possibles.»

De A comme «Agir» à X comme «Xénophobie»

Face à cette perspective, la lutte se poursuit à gauche. Peu de temps après les municipales de 1995, le futur député européen PS Olivier Duhamel cosigne avec Martine Aubry un Petit dictionnaire pour lutter contre l'extrême droite, de A comme «Agir» à X comme «Xénophobie»:

«La genèse du projet fut brève. Le Front national venait de remporter plusieurs municipalités d’importance. Nous avons pensé qu’il était grand temps d’élargir la prise de conscience du danger FN. L’élargir par les outils, en écrivant un livre accessible au grand public, en veillant à ce qu’il  combine éléments de savoir et de réflexion sur l’extrême droite», explique aujourd'hui le politologue.

Quand on lui demande, à quelques heures du débat Macron-Le Pen, quels mots il ajouterait dans une édition 2017, il déroule une longue liste qui résume assez bien les bouleversements des vingt dernières années: «Des mots très divers: Affaires, Arnaque, Banalisation, Contre-productif, Détester, Héritière, L’appeler “Marine”! , “Marion” v. “Marine”, National-populisme, Orban, Oubliés, Poutine, Référendum, Trump...»

À «front républicain», les deux auteurs écrivaient: «Le meilleur et le pire. Le meilleur: lorsque l'extrême droite risque de conquérir une municipalité, un siège parlementaire (demain le pouvoir central?), l'alliance des démocrates et des républicains s'impose, afin de l'empêcher par le moyen le plus approprié.» Une alliance qui s'est depuis fissurée, entre abstention et tentation du vote blanc cette année. En 1997, le «royaliste de gauche» Bertrand Renouvin, candidat à la présidentielle 1974 (0,17%), signe Une Tragédie bien française. Le Front national contre la nation, ouvrage où il dénonce chez les frontistes «un patriotisme dévoyé, dangereux pour eux-mêmes et pour la nation qu'ils voudraient sauver» et un programme qui «ne présente aucune garantie quant au respect de l'état de droit». Vingt ans plus tard, il se montre toujours aussi critique sur le FN, mais a appelé à voter blanc le 7 mai.

À Strasbourg, en mars 1997, lors du Xe congrès du FN. ERIC CABANIS / AFP.

La même année, dans Pourquoi des travailleurs votent FN et comment les reconquérir, le sociologue Jean Viard dresse lui le portrait d'une France «passée d'une société de promotion sociale à une société de tri social», «nous avons des hommes en trop dans des villes en trop», et où, avec la mondialisation, «quasiment plus personne ne peut vivre dans l'ombre de son clocher ni dans celle de sa nation». Une France à qui le FN propose «de faire correspondre un territoire et une communauté ethnico-culturelle» dans le cadre «d'une aspiration à un totalitarisme communautaire». Quand on lui demande aujourd'hui s'il maintient cette analyse, il opine:

«Je n'aurais pas une analyse sensiblement différente. J'ai relu la semaine dernière un texte que j'avais écrit en 2002 pour Le Monde et j'ai eu la sensation que je pourrais signer le même. Face au FN, on a monté des digues qui étaient sans cesse abattues et on n'a rien proposé à des populations ouvrières dont le modèle culturel a changé et à qui on a dit que la réussite de leur vie –la maison individuelle hors de la ville, la voiture diesel– est mauvaise, pas écologique.»

Celui qui, dans le même ouvrage, déplorait que la France ait vécu les immenses mutations du dernier quart du siècle dans la simple «attente de l'alternance entre la droite et la gauche» s'est engagé cette année dans le mouvement En Marche!, dont il sera le candidat aux législatives à Carpentras, dans la circonscription qui jouxte celle de Marion Maréchal-Le Pen: «J'ai trouvé un espace politique où on peut faire bouger les choses avec Emmanuel Macron.»

«Après le père, la fille»

Si cette année 1997 a été marquée par tant de publications, ce n'est pas un hasard. Le choc de 1995 est en cours de digestion, celui des législatives de 1998 (finalement anticipées pour cause de dissolution chiraquienne) s'annonce. En février, le parti remporte une quatrième municipalité, Vitrolles, cette fois-ci en duel avec plus de 52% des voix. En mars, il tient à Strasbourg son premier congrès depuis la présidentielle, qui donne lieu à une gigantesque contre-manifestation de ses opposants.

«Nous étions 80.000 dans les rues de Strasbourg, ce qui est énorme pour une ville de cette taille. Encore plus qu'en 2002, il y avait une sorte d'impulsion européenne, au-delà de la France», se souvient Michel Taube, un des organisateurs de la manifestation. Celui qui, cette même année, publiait un Appel aux manifestants de Strasbourg affirmant que «la prise du pouvoir démocratiquement par l'extrême droite est devenue un horizon possible», vient de faire paraître Pourquoi, malgré tout, il ne faut pas voter Le Pen. «Je suis effaré par le traitement médiatique et institutionnel du FN, explique-t-il. On a traité Marine Le Pen d'une façon banalisée et c'est finalement elle, plus que les médias et ses adversaires, qui a démontré sa véritable nature, notamment lors du débat de second tour contre Emmanuel Macron.» En 1997, il écrivait dans son adresse que «l'objectif est que le vote Front national tombe à moins de 10% aux élections nationales». 21% le 23 avril, le double le 7 mai? «Si Marine Le Pen, après sa prestation lors du débat, fait quand même un score autour de 40%, c'est qu'il y aura eu un basculement idéologique en sa faveur chez un nombre très important de Français. Et si Emmanuel Macron échoue, c'est elle qui arrivera au pouvoir derrière, car elle disposera de cette base», juge-t-il.

En 1998, Michel Taube avait fait paraître un deuxième petit livre sur le FN, intitulé On n'en a pas fini avec le Front national. Cette année-là, le parti, qui vient de fêter son quart de siècle, atteint ce qui semble l'apogée de sa puissance toxique, en plongeant dans la crise une droite déboussolée par la perspective d'alliances aux régionales. C'est pour lui-même mieux y plonger, pourtant, neuf mois plus tard, lors de la scission entre lepénistes et mégrétistes. Cette fois, c'est sûr, le FN s'apprête à entrer dans une lente agonie, malgré la guérilla juridique que mène en sa faveur une jeune avocate nommée Marine Le Pen. Début décembre 1998, L'Humanité en rend compte sous le titre: «FN: après le père, la fille.» Cela fera bientôt vingt ans.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (918 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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