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La réforme santé de Trump pourrait empêcher des femmes violées d'avoir une assurance maladie

Temps de lecture : 2 min

Alors que la reforme d’Obama interdisait aux assureurs de refuser les patients à problèmes (ou de leur faire payer beaucoup plus), la réforme de Trump laisse le choix aux États.

Des manifestants contre la réforme santé de Donald Trump le 4 mai 2017 à Washington | NICHOLAS KAMM/AFP.
Des manifestants contre la réforme santé de Donald Trump le 4 mai 2017 à Washington | NICHOLAS KAMM/AFP.

Les républicains de la Chambre des représentants viennent de voter en faveur de la réforme de santé voulue par Donald Trump (à 217 contre 213 voix). Si ce projet de loi passe le Sénat, ce qui est loin d'être gagné, environ 24 millions d'Américains pourraient perdre leur assurance maladie dans la décennie à venir. Les Américains assurés via leur employeur seront peu affectés mais les travailleurs indépendants ont beaucoup à perdre.

La réforme dite «Trumpcare» abroge certaines mesures populaires d'Obamacare, notamment l'interdiction faite aux assureurs de refuser de couvrir quelqu'un parce qu'il a une «maladie préexistante» (soit une maladie qui s'est déclarée avant l'inscription chez l'assureur). Si la loi de Trump est mise en œuvre, les États seront libres de décider si oui ou non un assureur privé pourra discriminer les patients en fonction de leurs dossiers médicaux. Il n'y aura pas de garantie au niveau fédéral. La loi prévoit une somme donnée pour aider ces patients malades, mais les experts notent que c’est trop peu.

De plus, contrairement à l'Obamacare, la loi de Trump cessera de forcer les assureurs à rembourser plusieurs traitements considérés comme essentiels, comme le soutien psychologique, dont dépendent beaucoup de femmes victimes de violences.

Une femme violée perd son assurance maladie

Or comme le note New York Magazine, s'il est déjà effarant qu'une personne ne puisse trouver d'assureur (ou soit forcée de payer des cotisations exorbitantes) parce qu'il/elle a eu un cancer ou est diabétique, certains assureurs discriminent de façon indirecte contre les victimes d’agressions sexuelles. Si ces personnes ont été traitées pour des problèmes liés à ces agressions –troubles post-traumatiques ou MST par exemple– elles auront plus de mal à trouver une assurance maladie bon marché dans certains États.

C'est ce qui est arrivé à Christina Turner. Après un viol, elle a demandé à son docteur de lui prescrire un traitement anti-sida. Quelques mois après, elle a perdu son assurance maladie et lorsqu'elle a voulu en obtenir une autre, on lui a rétorqué que ce n'était pas possible car le traitement anti-sida inquiétait trop les assureurs, qui ne voulaient pas prendre en charge quelqu'un de potentiellement infecté par le VIH. Plusieurs femmes victimes de violences conjugales avaient eu des problèmes similaires avec les assureurs, qui préfèrent éviter les patients «à problème». La réforme mise en place par Barack Obama mettait fin à ce genre de discriminations, mais la nouvelle loi votée par les républicains de la Chambre rendrait ce genre de situation à nouveau possible.

A noter que ce problème ne touche pas tous les Américains. En effet, le Washington Post rappelle que presque tous les États ont des lois empêchant les assureurs de discriminer les patient(e)s en fonction des violences qu’ils ont subies. Mais cela ne les empêcherait pas de discriminer en fonction des problèmes médicaux qui en résultent.

Cet article a été modifié après publication, des précisions ont été ajoutées concernant les différentes politiques des États qui peuvent faire varier la situation des personnes concernées.

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