Science & santé

Faut-il garder ses secrets pour soi?

Repéré par Robin Panfili, mis à jour le 04.05.2017 à 11 h 53

Repéré sur New York Magazine

Et si, en fait, garder un secret n'était pas aussi terrible qu'on ne le pensait?

Des singes au zoo de Blijdorp, à Rotterdam (Pays-Bas) I jinterwas via Flickr CC (License by)

Des singes au zoo de Blijdorp, à Rotterdam (Pays-Bas) I jinterwas via Flickr CC (License by)

Un mensonge, une honte, un amour secret... Tout le monde, sans exception, garde un secret au fond de soi. Personne n'y échappe. Longtemps, les études menées autour des secrets et des conséquences pour l'humain qui les conserveraient trop longtemps ont mis en avant ses effets négatifs. À titre d'exemple, le professeur Tom Frijins, au terme d'une étude menée sur 300 adolescents en 2009, avait révélé que le fait de garder un secret pouvait être à l'origine de dépressions, d'un sentiment de solitude, de problèmes relationnels, de maux de tête, de nausées ou encore de maux de dos.

Alors, à quoi bon garder les choses pour soi, me direz-vous?

Le professeur de management à la Columbia Business School, Michael Slepian, spécialisé dans la psychologie des secrets, n'est pas vraiment de cet avis. Dans une étude à paraître dans les prochains jours, consultée par le New York Magazine, il a interrogé près de 1.000 personnes afin d'étudier l'impact des secrets non-révélés sur leur santé et leur bien-être. En moyenne, les participants à l'étude conservaient treize secrets, dont cinq qu'ils n'ont jamais dévoilé à personne.

Seconde nature

Les secrets partiellement révélés les plus répandus chez les sondés étaient généralement des mensonges; les secrets les plus répandus, que les participants n'ont jamais révélé à personne, en revanche, concernaient davantage des sentiments «extra-relationnels» et des pensées émotionnelles envers des personnes autres que leur partenaire amoureux.

Résultat? Garder un secret ne contraint pas à une gymnastique émotionnelle aussi importante que les études précédentes sur le sujet suggéraient, dit le New York Magazine. En clair, les gens passent plus de temps à penser à leurs secrets de leur côté que de temps à le cacher aux autres:

«Les gens peuvent parvenir à s'habituer à cacher leurs secrets dans différentes interactions. Dans certains cas, pour certaines personnes, garder un secret peut même devenir une seconde nature. Parfois, les secrets ne vous traversent même pas l'esprit.»

Authenticité bafouée

Michael Slepian et ses collègues n'ont pas trouvé de liens entre le fait de garder activement un secret et une dégradation de l'état de santé ou du bien-être. À une exception près. Dans son étude, le professeur explique que si le secret en question met en défaut le sentiment d'authenticité, d'honnêteté, de sincérité de son détenteur, alors il peut avoir de réelles conséquences sur ce dernier. Ainsi, plus les participants entretenaient le sentiment de ne plus pouvoir être eux-mêmes, plus leur mal-être s'en voyait décuplé.

Pour vaincre ce sentiment, Michael Slepian conseille de révéler ses secrets de manière «contrôlée», c'est-à-dire uniquement à des personnes qui seront à même de vous apporter de l'aide ou de la hauteur de vue. Si c'est trop compliqué, ou impossible, rien n'empêche de le faire en ligne, dit-il. Ça tombe bien, il existe des applications pour cela.

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