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«Banquier, c'est une insulte en français?»: la presse étrangère regarde le débat

Claire Levenson, mis à jour le 04.05.2017 à 9 h 01

Plusieurs journalistes ont été étonnés du niveau de violence du débat et l'ont comparé aux échanges entre Hillary Clinton et Donald Trump.

Marine Le Pen et Emmanuel Macron avant le débat présidentiel dans les studios de France 2, le 3 mai 2017. ERIC FEFERBERG/AFP.

Marine Le Pen et Emmanuel Macron avant le débat présidentiel dans les studios de France 2, le 3 mai 2017. ERIC FEFERBERG/AFP.

Après avoir été fascinée par le débat présidentiel du 20 mars sur TF1, la presse étrangère a suivi avec attention la deuxième partie du feuilleton: le face à face entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen sur France 2, mercredi 3 mai.

Un peu partout, la violence de ton entre les deux candidats a étonné. Pour le New York Times, le débat était plus proche «d'une engueulade télévisée à l'américaine que des discussions de fond auxquelles les Français sont habitués».

Même constat chez le correspondant du Washington Post, qui compare cet affrontement à ceux de la présidentielle américaine de 2016.

«Dans un spectacle qui ressemblait aux interactions entre Donald Trump et Hillary Clinton pendant l'élection américaine, Macron et Le Pen étaient très agressifs.»

La répétition par Marine Le Pen du mot banquier pour décrire Macron a posé question au chercheur Shadi Hamid:

«Est-ce que le mot “banquier” est une insulte en français?»

C'est certainement une insulte pour Paul Joseph Watson, qui écrit pour un site d'extrême-droite pro-Trump et incarne bien la haine de l'«alt-right» pour Macron le «globaliste». Comme tous les trolls pro-Trump, Watson a vraiment adoré la réplique de Le Pen sur Angela Merkel («La France sera dirigée par une femme, ce sera soit moi, soit Angela Merkel»).

«Le moment où Macron s'est fait gifler comme la petite pute de banquier qu'il est».

Beaucoup ont trouvé les journalistes français sur le plateau complètement inefficaces:

«Instituts de sondage français > Modérateurs de débats français».

 

Chez Buzzfeed, le journaliste Ryan Broderick, qui a expliqué d'emblée que son niveau de français était médiocre, s'est amusé à imaginer ce que Marine Le Pen avait écrit sur ses notes:

«Le Pen regarde ses notes rapidement. (Ne pas dire des trucs racistes!)»

Et il a interprété les moindres mouvements du visage d'Emmanuel Macron:

Tout en regrettant le premier débat, qui était selon lui beaucoup plus amusant, grâce au «grand-père gauchiste en colère» (Mélenchon) et au «communiste sexy qui s'ennuie» (Poutou).

L'affrontement Le Pen-Macron était particulièrement riche en mensonges et accusations de mensonges, un autre point qui a rappelé les débats Clinton-Trump:

«Le Pen se présente comme défenseure du peuple français inquiet pour son travail, sa santé. Macron se présente comme fact-checker en chef.»

L'éditorialiste du New York Times Ross Douthat, qui a récemment écrit un article pro-Le Pen très controversé, a qualifié le débat de «houellebecquien» car Macron a plusieurs fois parlé de guerre civile. Et a fait d'autres commentaires étranges sur le débat:

«Et si Hillary avait eu une voix de fumeuse comme Le Pen, au lieu de sa voix?»

Claire Levenson
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Journaliste
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