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Au Planning familial, Trump nomme une femme qui pense que la contraception «ne marche pas»

Repéré par Claire Levenson, mis à jour le 03.05.2017 à 10 h 36

Repéré sur Slate.com, The Guardian

Au mépris de la science, Teresa Manning soutient que l'avortement cause le cancer du sein et que les contraceptifs sont inefficaces.

Une manifestation contre la politique de Donald Trump sur les droits des femmes, à New York le 28 avril 2017. DREW ANGERER/AFP.

Une manifestation contre la politique de Donald Trump sur les droits des femmes, à New York le 28 avril 2017. DREW ANGERER/AFP.

Aux États-Unis, le ministère de la Santé gère un programme de planning familial qui aide des millions de femmes aux revenus modestes à avoir accès à des contraceptifs gratuits. Or, pour diriger cette initative, dont le budget est de plus de 280 millions de dollars, Donald Trump a nommé une farouche opposante de la contraception et du planning familial. 

Teresa Manning est une professeure de droit qui a travaillé pour une organisation anti-avortement et pour le Family Research Council, un think tank violemment homophobe. Elle est maintenant censée gérer un programme de planning familial qui a aidé 4 millions d'Américains à avoir accès à des contraceptifs en 2014, et a permis de prévenir de nombreuses grossesses non désirées, notamment chez les adolescentes. Or, Manning est opposée à l'idée que le gouvernement doive s'occuper de ces questions de planning familial. 

Dans une interview télévisée, elle avait déclaré:

«Le planning familial est quelque chose qui a lieu entre un mari, une femme et Dieu, et n'implique pas vraiment le gouvernement.»

Elle a aussi écrit qu'un «mécanisme majeur» de la pilule du lendemain était «la destruction de la vie humaine» et que de toutes façons, la contraception ne «marche pas». Dans une interview radio, Manning s'épanchait ainsi sur le sujet:

«L'idée que la contraception pourrait toujours prévenir la conception d'un enfant est absurde.»

Une réussite menacée

Le réseau de cliniques Planned Parenthood, qui procure des services de santé, dont des IVG, aux femmes américaines, a vivement condamné le choix de Teresa Manning.

«Nous avons atteint un taux de grossesses non désirées qui est le plus bas en trente ans, explique Dawn Laguens, la vice-présidente de l'organisation. Et le pourcentage n'a jamais été aussi bas pour les grossesses chez les adolescentes, grâce à un meilleur accès à la contraception. Quelqu'un qui promeut des mythes sur la contraception et la santé reproductive ne devrait pas être responsable du planning familial au ministère de la Santé.»

Bien qu'Ivanka Trump, la fille aînée du président, répète à l'envi que son père est un grand défenseur des droits des femmes, Teresa Manning n'est pas la première militante anti-avortement à avoir été nommée au gouvernement. Le vice-président Mike Pence est un fanatique anti-avortement et le ministre de la Santé, Tom Price, est opposé au remboursement des contraceptifs par les assurances maladie. Plus récemment, le président a nommé à un poste de conseillère en santé publique une certaine Katy Talento, qui pense que prendre la pilule rend les femmes infertiles et augmente le risque de fausses couches, ce qui est faux.

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