Sciences

Bienvenue dans l’étrange monde des «sex robots»

Temps de lecture : 2 min

A la fin de l’année, le monde va découvrir Harmony: elle coûte 15.000 dollars, se rappelle de votre anniversaire... et fera l’amour avec vous quand vous le voudrez.

Image tirée de la série «Real Humans», via Allociné.
Image tirée de la série «Real Humans», via Allociné.

Le Guardian vient de publier une enquête fascinante sur une industrie sur le point d’exploser: les «sex robots». La journaliste Jenny Kleeman nous présente dans un premier temps l’entreprise américaine Abyss Creations et sa dernière arrivée: Harmony, un robot extrêmement réaliste et très particulier. «Elle peut tenir une conversation, raconter des blagues, citer Shakespeare.» Elle peut aussi se souvenir de votre anniversaire, et même du nom de vos frères et sœurs. «Et bien sûr, Harmony fera l’amour avec vous quand vous le voudrez.»

Bien sûr, le logiciel du robot comprend de la reconnaissance vocale et faciale, mais la vraie «prouesse» ici réside dans son intelligence artificielle, qui permet d’apprendre à cerner ce que son propriétaire veut. «Elle sera capable de combler un créneau qu’aucun autre produit dans l’industrie du sexe n’est capable de combler actuellement: en parlant, en apprenant et en répondant à la voix de son propriétaire, Harmony est construite pour devenir aussi bien un partenaire de substitution qu’un sex toy.»

Harmony ne peut pas se déplacer; cela n’a pas été jugé utile par ses créateurs, dont l’objectif est de proposer une partenaire jugée «idéale» selon certains hommes. «Docile et soumise, construite comme une star du porno et toujours sexuellement disponible», écrit la journaliste.

Aujourd’hui, à quelques mois de sa mise en vente pour la modique somme de 15.000 dollars, Harmony représente sûrement ce qu’il se fait de plus avancé dans le monde des relations sexuelles avec les robots. Mais ce n’est évidemment pas la seule entreprise à tenter de créer le sex robot le plus réaliste possible. True Companion et son créateur Douglas Hines ont déjà proposé il y a sept ans de cela Roxxxy, dont la partie sexuelle était «superficielle» ses propres mots. Il travaillerait actuellement sur la seizième version, que sa communauté de fans attend avec impatience. Roberto Cardenas, l’homme derrière Android Love Dolls, affirme de son côté que son prototype peut effectuer vingt positions sexuelles et compte bien un jour avoir sa part des revenus générés par la robotique: un montant qui s’élèvera à 135,4 milliards de dollars en 2019, selon Fortune.

Cette perspective inquiète de nombreux scientifiques, dont Kathleen Richardson, anthropologue et spécialiste de l’éthique en robotique à l’université De Montfort. «Elle estime que posséder un sex robot est comparable au fait de posséder un esclave: des individus vont acheter le droit de ne se soucier que d’eux-mêmes, l’empathie humaine sera érodée, et le corps des femmes sera vu comme un objet et une marchandise.»

Le patron d’Abyss Creations Matt McMullen estime au contraire que ces robots vont aider les personnes isolées, qu’Harmony n’est qu’une machine, et préfère montrer ses capacités humoristiques. «Tu es stupide», lance-t-il à Harmony. «Je m’en souviendrai quand les robots prendront le contrôle du monde», a répondu le robot. Rassurant.

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