Monde

Pendant une soirée, les journalistes, les humoristes et Donald Trump se sont livrés un duel à distance

Temps de lecture : 2 min

Pour la première fois depuis 1981, le président des Etats-Unis ne s’est pas rendu au Dîner des correspondants de la Maison-Blanche.

Donald Trump lors d'un meeting en Pennsylvanie, le 29 avril 2017. ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Donald Trump lors d'un meeting en Pennsylvanie, le 29 avril 2017. ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

C’est un événement très attendu chaque année. Le Dîner des correspondants de la Maison-Blanche est en effet l’occasion pour le Président, son équipe, et les reporters qui le suivent, de relâcher un peu la pression et de blaguer ensemble sur leur relation parfois compliquée. L’année dernière, pour son ultime prestation, Obama avait marqué les esprits avec un «mic drop» resté depuis légendaire.

Mais cette année, pour la première fois depuis 1981, le Président n’était pas présent à ce dîner. Donald Trump, qui s’en prend régulièrement aux journalistes et qui a un très (très) mauvais souvenir de la soirée en 2011, a évidemment préféré se rendre en Pennsylvanie pour un meeting auprès de ses électeurs les plus fidèles. La soirée s’est donc vite transformée en duel à distance pour le moins tendu.

Cela a commencé avec une classique tirade de Trump contre les journalistes, qu’il a attaqué pendant dix bonnes minutes, comme le note CNN sur son site. «Un large groupe d’acteurs d’Hollywood et de médias de Washington se consolent en ce moment dans la salle de bal d’un hôtel […] Je ne pourrais pas être plus heureux d’être à plus de 150 kilomètres du marécage de Washington, avec de bien meilleures personnes.»

D'ailleurs, Trump ne faisait pas qu’éviter le Dîner des correspondants, il échappait aussi à «L’autre Dîner des correspondants de la Maison-Blanche», une soirée organisée par l’humoriste Samantha Bee et diffusée sur la chaîne TBS. Les blagues se sont enchaînées (y compris contre certains médias comme CNN), mais on se souviendra surtout de deux invités en particulier, Allison «C.J. Cregg» de la série culte West Wing, et surtout, comme l’a souligné le Guardian, l’acteur Will Ferrell, qui a ressorti sa célèbre imitation de George W. Bush.


«Est-ce que vous m’aimez maintenant?», a-t-il lancé immédiatement. «Il m’a fallu huit ans, une inondation catastrophique, une guerre bâtie sur un mensonge et un désastre économique [pour être détesté]. Le nouveau gars a eu besoin que de cent jours.»

Puis est venu le temps du «vrai» Dîner des correspondants, avec une première intervention remarquée de Carl Bernstein et Bob Woodward, les deux journalistes à l’origine des révélations du Watergate. «Notre travail est de livrer la version la plus accessible de la vérité, un point c’est tout. Surtout maintenant», a expliqué le premier avant que le second ne s’adresse directement à Donald Trump: «M. le Président, les médias ne sont pas des fake news. […] La vérité émerge, parfois cela prend une éternité, mais elle émerge.»

Le dîner a ensuite donné la parole à Hasan Minhaj, comédien et auteur au Daily Show. Il avait la lourde responsabilité de succéder à des gens comme Seth Meyers, Stephen Colbert ou Jon Stewart. «Personne ne voulait le faire alors forcément c’est un immigré qui a dû s’en charger», a-t-il lancé pour commencer avant d’attaque directement le Président. «Le leader de notre pays n’est pas là. C’est parce qu’il vit à Moscou, le vol est très long.» Il n’a pas épargné certains médias, CNN notamment, et ceux qui reprochent à Trump de trop jouer au golf: «Plus vous l’occupez, et moins il y a de chances que l’on se retrouve en guerre avec la Corée du Nord.» Son discours s’est fini sur l’importance du Premier amendement, qui défend la liberté d’expression. «L’homme qui tweete tout ce qui lui passe par la tête refuse de reconnaître l’amendement qui lui permet de le faire. […] Je suis fier de défendre ce droit, même si l’homme qui est à la Maison-Blanche ne le ferait jamais.»

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