Tech & internet

Interdire les réseaux sociaux aux adolescents est contre-productif

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 29.04.2017 à 18 h 12

Repéré sur The Washington Post

Une étude montre que cela peut même les rendre anxieux et encore plus accros quand ils y retournent.

photo de photo | Unsplash via Pixabay CC License by

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Lors d’un conflit, beaucoup de parents décidaient de priver leur adolescent de sortie avec ses amis. Aujourd’hui, cette privation s’est reportée sur leur téléphone portable, et donc sur leur accès aux réseaux sociaux. Un moyen justifié efficace mais qui, selon une nouvelle étude menée par l’université de Chicago, se révèle inefficace, voire contre-productive. 

Sur son site, le Washington Post explique que les chercheurs, en partenariat avec Associated Press, ont interrogé 790 adolescents sur les éventuelles privations de réseaux sociaux, forcées ou non. «L’effet secondaire, c’est que ça leur enlève un potentiel soutien émotionnel et l’accès à l’information, note Amanda Lenhart, experte en comportement sur les réseaux sociaux en charge de l’étude. Cela ne concerne pas juste ce qu’il se passe dans la vie de leurs amis, qui est une composante, mais aussi les informations, les événements qui surviennent, ce genre d’informations.»

De plus, l’effet, s’il est immédiat, se révèle négatif sur le long terme et que les parents ne réalisent pas forcément. «Les 38% des adolescents qui ont été privés étaient plus à même d’être anxieux du fait de leur éloignement des réseaux sociaux et plus à même d’augmenter le nombre de publications une fois qu’ils ont été autorisés à revenir sur leurs réseaux.»

Il est intéressant de noter que ceux qui ont déjà pris la décision eux-mêmes de se priver de réseaux sociaux (65% des 790 adolescents), ont eu tendance à mieux s’adapter à cette cure que si on les avait forcés. «Ils ont estimé que cette pause les avait aidé à se connecter avec les gens importants dans leur vie.» En revanche, seuls 20% de ces adolescents volontaires estiment avoir baissé leur consommation de réseaux sociaux; 53% expliquent n’avoir pas observé de changements dans leurs usages.

Autre problème, un tiers de ces adolescents aimeraient être capable de s’accorder un break de ce genre, mais ils estiment que cela nuirait trop à leur vie sociale, leurs devoirs et leurs activités extra-scolaires. 

Avec cette étude, et ses prochains travaux, Lenhart espère aider les parents à mieux comprendre ce qu'«arrêter les réseaux sociaux» signifie. «Ce n’est pas simple. Ce n’est pas juste un endroit où les adolescents traînent avec leurs amis. Il y a beaucoup de couches quand on parle de l’utilisation des réseaux sociaux, et c’est important que tout le monde réalise que c’est plus complexe que cela.»

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