Boire & manger

A Portland, deux clubs de strip-tease, l’un vegan et l’autre pro-viande, se font la guerre

Temps de lecture : 2 min

Les patrons de chaque établissement, voisins de quelques mètres, se détestent.

Veggie burger | divinemisscopa via Wikimédia CC License by
Veggie burger | divinemisscopa via Wikimédia CC License by

Il est toujours fascinant de voir se matérialiser sous nos yeux des débats que l’on pensait essentiellement numériques. La dernière histoire, racontée par Broadly, nous emmène à Portland, où deux patrons de clubs de strip-tease s’affrontent depuis de longs mois pour une raison simple: la viande. D’un côté, Johnny Zukle, patron du club vegan Casa Diablo. De l’autre, Bob Polizos, gérant de l’Acropolis, un steakhouse situé juste à côté de son rival. Le premier a eu une révélation il y a des années de cela, lorsqu’il a découvert les souffrances animales, et l’autre est arrivé de Grèce avec ses parents et une passion pour la viande bien cuite.

Au début, les deux patrons trouvaient la compétition amusante, mais très vite, Polizos a commencé à voir des clients et des employées partir chez Casa Diablo. «Certaines filles ont quitté l’Acropolis pour travailler ici, et elles ont amené des clients réguliers avec elles, explique Fey, ancienne strip-teaseuse de l’Acropolis, passé barmaid chez Casa Diablo. Au moins quatre hommes que je connais viennent ici maintenant. Ils trouvent une fille qu’ils aiment et vont la suivre où qu’elle travaille.» Il faut dire que la réputation de l’Acropolis est assez mauvaise et que les conditions de travail sont encore plus contraignantes qu’ailleurs. Certaines strip-teaseuses mangent ainsi en cachette chez Casa Diablo avant d’aller travailler à l’Acropolis, prenant le risque d’être retirées de l’emploi du temps si leur patron l’apprend. Même chose pour certains clients, qui ont commencé à manger dans un club avant d’aller voir les strip-teaseuses dans l’autre, souvent aux dépens de l’Acropolis. Et quand on sait que ces clients dépensent plus d’argent pour les strip-tease que pour la nourriture, le steakhouse a vite été dépassé. «Nous donnons les meilleures danses privées de toute la ville, affirme Tori, employée du Casa. Les gens viennent aussi pour tester la nourriture. Ils disent “C’est tellement Portland”.» En effet, Portland est connue pour être la capitale américaine de la vie vegan et des hipsters.

Le patron de l’Acropolis a ainsi décidé d’installer une barrière entre les deux clubs, mais cela n’a pas empêché la fuite des clients. «Culturellement ce sont deux monde différents, note le fils du propriétaire de l’Acropolis, Andreas Polizos. C’est vraiment ça. Ils sont vegan, et nous ne sommes que viande. Cela a quelque chose à voir avec le conflit.» Il faut ajouter à cela des tensions grandissantes lorsque des services de sécurité ont été mis en place et que des manifestants ont tenté de faire fermer les deux clubs.

Aujourd’hui, chacun campe sur ses positions. A la fin de l’article de Broadly, Bob Polizos lance simplement: «On verra si Casa Diablo est encore ouvert dans vingt ans. Peut-être qu’on parlera à ce moment-là.»

Slate.fr

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