France

Front contre front

Temps de lecture : 2 min

Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, la twittosphère s’interroge. Le Front National prendra t-il le pas sur le Front Républicain?

John Hain via Pixabay
John Hain via Pixabay

Emmanuel Macron contre Marine Le Pen. Maintes fois annoncé, le duel est désormais acté. Un duel qui confère au terme «front» une dimension aussi plurielle qu’essentielle. Il s’est toujours affiché National pour celle qui est arrivée seconde au premier tour. Sera-t-il Républicain et à l’avantage de celui qui en occupe la première place?

L’année 2002 et la mobilisation générale consécutive à la première accession du Front National au second tour résonne. Comme un lointain parallèle. 15 ans plus tard, l’unité est convoquée par avis de recherche. «Urgent ! Cherche Front Républicain, disparu depuis 2002. Merci de réagir!!».

De quoi cette banalisation est-elle le nom? On questionne: «Que s'est il passé en 15 ans pour que notre pays banalise la haine?». On ne s’y fait pas: «7 millions de voix pour @MLP_officiel. Sept millions. La banalisation du Front National est en marche». On se résigne: «Pourquoi n'ai-je pas froid dans le dos comme en 2002?». On évoque le souvenir «d'une France qui avait voté à 0.75 % pour le Front National en 1974».

Le contraste entre 2002 et 2017 est saisissant. «Soirée sidérante! 21 avril 2002, le choc était brutal, la France était sonnée, le 23 avril 2017, tout est normal». Les manifestations se font à domicile et leur objectif est différent. «La France qui était dans la rue en avril 2002 fait aujourd'hui de l'anti Macron sur les réseaux sociaux!».

Quid de la suite? «Tout commence . . . Ou tout s'effondre . . . Un dimanche soir pas si ordinaire . . .». Les citoyens sont invités à faire face à leurs responsabilités. Le vote «reste un choix perso mais une décision commune!».

Une décision commune, mais un choix pas nécessairement groupé. Assiste-t-on à la fin de la «mélodie du Front Républicain»?

Aux timides appels à faire front s’opposent une fin de non recevoir. Une partie de la twittosphère acte ce refus en le signant d’un hashtag devenu slogan: #SansMoiLe7Mai.

L’unité nationale se fissure derrière cette formule qui dévoile les intentions d’abstentions. On annonce la fin «du vote «Front Républicain». Un parti funeste pour la démocratie on le dissout POINT BARRE!!!». L’expression jugée «complètement antidatée» ne trouve plus de légitimité.

Ce constat ne fait pas consensus. Une autre partie de la twittosphère part à l’assaut via un autre hashtag: #AvecMoiLe7Mai

L’obligation de choisir se dresse devant le refus du vote: «Les amis je le dis clairement : je vais voter Macron parce que lorsque je vois la nullité du Front Républicain je me dis qu'elle peut passer». Pour eux, pas question d’abandonner «le combat contre la haine et le fascisme du #FN!». La raison prend le pas sur la passion: «Réfléchissez bien, le second tour n'est pas un référendum pour ou contre Macron mais un choix entre Macron et Le Pen».

Les responsables du trouble sont désignés. «Etonnamment, le Front Républicain ne meurt pas sous les coups de butoir de la droite, mais de la gauche de la gauche...». Le jugement à leur égard est sévère. «Honte a vous. C'est ça la gauche insoumise? Un remake du classe contre classe?». Les mises en garde se succèdent. «Ne venez pas vous plaindre sur la politique du pays pendant les 5 années à venir».

La division, «généralisée et violente des citoyens», continue de faire son chemin. L’espoir d’un front commun s’éloigne. On en tire les enseignements. «La démocratie c'est aussi apprendre à accepter et faire face aux choix de la majorité».

L’issue est proche. Le face à face du second tour aboutira à un résultat et «un des deux sera forcément président».

Ne reste plus que quelques jours. Ensuite, «il sera trop tard... trop tard pour avoir des regrets...».

Slate.fr

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