Sciences

Vidéo. Un utérus artificiel pour les grands prématurés testé sur des fœtus d'agneau

Temps de lecture : 2 min

Visuellement impressionnant, le procédé développé par une équipe américaine n'est pour le moment pas applicable à l'homme.

La vidéo partagée par le magazine The Verge est saisissante. On voit le fœtus d'agneau s'animer comme il le ferait dans le ventre de sa mère. Les huit agneaux, sortis par césarienne prématurément, sont restés pendant quatre semaines dans cet utérus artificiel aux allures de sac sous vide. Au-delà de son côté impressionnant, le procédé présenté dans la revue Nature Communications, relève d’une prouesse scientifique dont «le but est de répondre au défi de l’extrême prématurité», explique Alan Flake, chef de l’équipe de l’hôpital pour enfant de Philadelphie à l’origine du projet.

Les prématurés en dessous de vingt-trois semaines ont un taux de mortalité pouvant atteindre 90% ou sont atteints de séquelles dans la plupart des cas, souligne Le Monde. À ce stade, les poumons des fœtus ne sont pas assez développés pour passer du milieu liquide à un milieu aérien. L’utérus artificiel, appelé «Bio Bag», permettrait à terme à des fœtus humains de continuer à se développer ex utero, explique Alan Flake.

Transposition incertaine

Le «Bio Bag» reproduit les mêmes conditions de vie du fœtus: il baigne dans un fluide nutritif, analogue au liquide amniotique, constamment renouvelé; le cordon ombilical simule les échanges de sang et d’oxygène grâce à une pompe.

«Avec un soutien nutritionnel approprié, les agneaux sur le système démontrent une croissance somatique normale, une maturation pulmonaire et une croissance du cerveau et une myélinisation», résument les auteurs de l’article.

Cependant, des doutes persistent sur la transposition de cette technique. Un fœtus d’agneau est trois fois plus gros qu’un fœtus humain, les échanges sanguins ne se font donc pas de la même manière. L’étude précise que les risques d’hémorragie intracrânienne de l’homme ne peuvent être comparés à ceux du modèle ovin. De plus, les effets neurologiques à long terme sont difficilement estimables également, les fonctions neurologiques du mouton étant limitées.

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