Science & santé

La science commence à se pencher sur le bénéfice de prendre du LSD à microdose

Repéré par Florian Adam, mis à jour le 26.04.2017 à 11 h 17

Repéré sur The Verge

Certaines voix avancent qu'un tel traitement améliore la concentration, la productivité et permet de lutter contre les états de dépression, mais la recherche n’en est qu’à ses prémices.

LSD | Manel Torralba via Flickr CC License by

LSD | Manel Torralba via Flickr CC License by

Quelques microgrammes de LSD au réveil pour avoir l’esprit vif ou combattre une dépression. Loin de vouloir revivre Woodstock, de plus en plus de personnes prennent à faible dose du LSD, substance aux effets psychédéliques popularisée dans les années 1960 et illégale dans de nombreux pays. Entre 8 et 15 microgrammes –5 à 10% de la dose récréative–, elle aurait des bénéfices thérapeutiques, selon les usagers.

L’évocation de cette pratique n’est plus seulement circonscrite à des sites obscurs ou au magazine Vice. Même Marie Claire, dans sa version américaine, y a consacré un sujet. Cependant, la prise d’acide à faible dose et ces bénéfices relèvent totalement de l’empirisme, souligne The Verge. Nombreux sont ceux qui expérimentent pour obtenir les bénéfices espérés, à l’image de May, une psychiatre de 64 ans. «Pour moi, c’est juste une question de clarté. C’est comme si vous aviez eu un très bon, profond sommeil, que vous vous seriez réveillé, capable de vous concentrer très clairement.»

«Le bénéfice d’être micro est que vous pouvez continuer vos activités quotidiennes normalement, explique Rick Doblin, directeur de MAPS, une association américaine militant pour une utilisation médicale des psychotropes. Votre traitement cognitif est légèrement amélioré de certaines façons –plus créatif, plus concentré, un peu d'élévation de l'humeur– mais vous n’êtes pas dans un trip. Et vous pouvez conduire. Vous pouvez faire toutes sortes de choses que vous ne feriez pas si la dose était plus élevée.» 

Étude borderline

Le microdosage a notamment été popularisé par l’écrivaine Ayelet Waldman, auteure du livre «A really Good day», dans lequel elle raconte l’amélioration de son humeur, son mariage et sa vie. Elle a suivi le protocole de James Fadiman, l’un des pionniers dans ce domaine. Lors de la Psychedelic Science 2017 –une rencontre de chercheur étudiant les risques et les bénéfices des substances psychédéliques sur le corps humain–, il a présenté les premiers résultats des 418 premiers volontaires. 

L’étude est quelque peu particulière, mais à l'avantage de compter désormais près de 1.000 participants. En effet, les participants suivent un protocole mis en place par le professeur et doivent eux-mêmes noter quotidiennement les effets sur leurs humeurs, leur productivité et sur leur énergie. Légalement considérée comme une drogue, ils doivent se procurer eux-mêmes les substances. Pour le moment, l’étude tend à confirmer ses bienfaits pour améliorer la productivité et combattre la dépression.

Des médicaments à base de LSD? 

À terme comme pour le cannabis, l’enjeu est la légalisation, ou non, du LSD à des fins thérapeutiques. «L'information qui se diffuse de plus en plus sur le microdosage rend plus probable que cela se produira plus tôt que plus tard», affirme Ethan Nadelmann créateur de l’ONG Drug Policy Alliance, qui se bat pour mettre fin à la politique controversée de «guerre contre la drogue».

Eleusis Benefit Corporation, une entreprise pharmaceutique, s’intéresse également à la question. Il devait initialement présenter la première étude scientifique sur la tolérance et la dangerosité du LSD à faible dose, lors du Psychedelic Science 2017, avant de l'annuler, laissant l’avenir thérapeutique du microdosage incertain. Contacté par The Verge, Shlomi Raz, la fondatrice d’Eleusis, a refusé de commenter le fait de savoir si l’entreprise planifiait de breveter et de vendre du LSD microdosé sur ordonnance. Malgré les imperfections de l'étude James Fadiman, il reste le seul à étudier le microdosage. 

lsd
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