France

Vu par la presse anglo-saxonne, Macron face au défi impossible de «gouverner la France»

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 25.04.2017 à 11 h 53

Repéré sur The Guardian, The New York Times

Le candidat d'En Marche est le sujet de nombreux articles dans le cadre de la présidentielle française.

Emmanuel Macron, le 9 septembre 2014. PATRICK KOVARIK / POOL / AFP

Emmanuel Macron, le 9 septembre 2014. PATRICK KOVARIK / POOL / AFP

Qui est Emmanuel Macron, ce candidat venu de nulle part –ou presque– et qui va affronter Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle française, dans un duel entre populisme et mondialisme?

La question semble fasciner la presse internationale –et surtout anglo-saxonne. La BBC le présente rapidement comme un ancien banquier, jamais élu, devenu conseiller économique du président, puis ministre de l'Économie, qui a quitté le gouvernement socialiste pour monter son propre mouvement.

Un candidat que même les conservateurs de l'Américaine National Review (qui s'était engagée contre Donald Trump) appellent à soutenir en raison de son approche mondialiste de l'économie, qui est plus conservatrice que celle de Le Pen qui défend le protectionnisme, mais aussi parce qu'il n'est pas un grand ami de Vladimir Poutine.

«Réconcilier la France»

Les sondages ont beau pousser les spécialistes de FiveThirtyEight à penser que l'élection est quasiment jouée, dans le New York Times, l'éditorialiste Roger Cohen assure que ce n'est pas le cas, et qu'Emmanuel Macron va devoir encore travailler avant d'arriver à l'Élysée, rappelant que Marine Le Pen a réussi à convaincre 7,6 millions de personnes à voter pour elle au premier tour.

«Macron devra l'emporter le 7 mai, pas attendre que Le Pen ne s'incline.»

Même avis dans le Guardian, qui exhorte le candidat d'En Marche à sortir de sa zone de confort «pour montrer qu'il saisit les divisions du pays et peut “réconcilier la France”».

«Rien ne peut être considéré comme acquis dans cette course présidentielle imprévisible. [...] Le vote anti-Le Pen par défaut n'est plus vu comme suffisant pour envoyer un candidat vers un mandat réussi.»

Le Guardian rappelle par ailleurs que, politiquement, Macron est encore peu expérimenté, et qu'il a déjà fait une gaffe, le soir même du premier tour, se faisant photographier dans un restaurant où il fêtait sa victoire au premier tour.

Pourtant, continue Jean-Louis Gassée dans Quartz, c'est quand il sera élu que commenceront vraiment les problèmes pour Macron. L'élection est la partie facile, car «gouverner le pays est impossible», estime-t-il.

«Malgré les postures gauchistes, la France possède une culture très conservatrice, dans le sens où rien de nouveau ne doit jamais être fait. Chaque réforme importante trouve une opposition féroce d'un côté ou l'autre du spectre politique.»

La fascination Brigitte Macron

D'autant que, comme le souligne The Australian, sans élus à l'Assemblée nationale, la présidence Macron risque d'être creuse, ne pouvant réaliser «grand chose» dans le cas d'une cohabitation, une possibilité à laquelle fait également face Marine Le Pen, est-il précisé.

Au-delà de la politique, les Anglo-saxons semblent également fascinés par le couple qu'il forme avec Brigitte Macron, «une histoire d'amour improbable qui, dans certains pays, violerait les normes sociales»: celle d'un «lycéen qui tombe amoureux de sa professeure et jure qu'il se mariera avec elle, avant de le faire», raconte CNN. Pour autant, The Independent estime que cette relation monogame peut sembler «sage comparé aux standards de certains présidents français infidèles».

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