Monde

Un employé américain obtient le droit de traiter son patron d'enculé sans être viré

Temps de lecture : 2 min

Le licenciement a été jugé illégal car l'insulte a été proférée dans le cadre d'un discours défendant la syndicalisation de l'entreprise.

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Doigt d'honneur | GUIAN BOLISAY via Flickr CC License by

La présidence de Donald Trump n'a pas complètement fait cesser le progrès social aux États-Unis: un juge américain vient de décréter qu'un serveur avait le droit d'insulter son patron sans être licencié, tant que ses commentaires faisaient partie d'un discours pro-syndicat.

Buzzfeed rapporte qu'en 2011, Hernan Perez s'est disputé avec son patron et a écrit un post Facebook très dur à son égard:

«Bob est un ENCULE DE SA MERE, il ne sait pas comment parler aux gens!!!! J'encule sa mère et toute sa putain de famille!!! Quel LOSER!!! Dites OUI au SYNDICAT!!!!»

Perez l'a effacé quelques jours plus tard, mais après une enquête, la direction a décidé de le licencier, malgré ses treize ans d'ancienneté. Six ans plus tard, une cour d'appel fédérale a déclaré que ce licenciement était illégal dans la mesure où les insultes avaient été écrites dans le cadre d'une dispute sur la syndicalisation des employés.

D'autres insultes non sanctionnées

En effet, Perez a été renvoyé deux jours avant une élection visant à déterminer si les employés allaient se syndiquer. Selon les juges, «les insultes de Perez n'étaient pas uniquement une réaction au manager, et faisaient partie d'un débat tendu sur le mauvais traitement des employés juste avant une élection syndicale.» Or, dans ce contexte, ce genre d'insulte est protégée par la loi.

L'autre élément qui a joué en la faveur de l'employé est que les obscénités étaient monnaie courante dans cette entreprise. Les juges ont cité plusieurs témoignages selon lesquels les managers traitaient aussi leurs employés d'«enculés de leurs mères» («motherfuckers»). Or, jusqu'ici, personne n'avait été licencié pour avoir proféré des insultes.

Cette décision juridique permet à l'employé de poursuivre son patron pour licenciement abusif.

Slate.fr

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