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Est-ce vraiment plus facile d’avoir de la weed que de la gnôle quand on est mineur au Canada?

Temps de lecture : 2 min

C'est ce qu'affirme le député libéral Bill Blair, un ancien chef de police de Toronto. Vice Canada a mené l'enquête.

Deux femmes fument du cannabis sur le Parliament Hill le 20 avril 2017 à Ottawa, Ontario au Canada / Lars Hagberg / AFP
Deux femmes fument du cannabis sur le Parliament Hill le 20 avril 2017 à Ottawa, Ontario au Canada / Lars Hagberg / AFP

Comme nous vous l’annoncions dans un précédent article, le Canada s’apprête à légaliser le cannabis afin d'en permettre un commerce régulé. L’un des plus ardents défenseurs de cette loi, le député libéral Bill Blair, un ancien chef de police de Toronto, a déclaré à ce sujet que «franchement, dans la plupart des centres urbains à travers le pays, c’est bien plus facile pour un enfant, un mineur, d’obtenir de la marijuana que de l’alcool

Selon lui, lorsque les enfants réussissent à avoir du cannabis, c’est «souvent» provenant d’un «gangster derrière quelques building d’appartement», ou «un criminel dans un escalier» voire même «un gangster dans un escalier». L’outrance de la déclaration a poussé Vice Canada à aller enquêter auprès des jeunes pour savoir si l’alcool était vraiment plus difficile à obtenir, et si l’on obtenait auparavant le cannabis par l’intermédiaire d’obscurs dealers interlopes.

L'alcool et le cannabis assez faciles à se procurer

Et les avis divergent: pour certains jeunes, comme Brandon et Arianna, lycéens ayant récemment fêté leur 18 ans, l’alcool est plus facile à obtenir. Il suffit d’avoir une fausse carte d’identité, comme celle d’un étudiant plus âgée dans le cas d’Arianna. Alors que, selon Brandon, c’est bien plus difficile d’acheter auprès de dispensaires de cannabis médical, qui couûtent jusqu’à 50% plus cher que les prix de la rue. James, un étudiant de 17 ans, pense que l’alcool n’est pas vu comme «grave», donc il peut en obtenir de ses parents ou grands-parents, là où il doit attendre d’être avec ses potes fumeurs pour consommer du cannabis.

Max, 17 ans, affirme à l'inverse qu’il ne chercherait jamais à obtenir de l’alcool par lui-même mais qu’il fréquente des dispensaires qui regardent ailleurs en ce qui concerne l’âge. Niki, 17 ans, n’a jamais eu de problèmes à obtenir du cannabis non plus, alors qu’il lui faut un adulte ou une carte d’identité majeure pour obtenir de l’alcool. Qui plus est, elle pense que l’alcool provoque plus de «mauvais décisions», ce qui selon Vice semble faire consensus: «Vous sentez beaucoup moins les effets du cannabis le lendemain matin», selon Brandon.

D'après, Diane Lebouthillier du ministère du Revenu National, c’est beaucoup plus facile d’obtenir du cannabis plutôt que des cigarettes. James pensait de même jusqu’à ce qu’il ait réfléchi plus longuement à la question pour se dire qu’en fait, si vous avez une carte de membre chez un dispensaire, le cannabis est beaucoup plus accessible. Les fournisseurs remarquent, par ailleurs, que la vente d’alcool et de cannabis ont changé: depuis les dispensaires, le cannabis est beaucoup plus facile à avoir que l’alcool, ce qui n’était pas le cas avant à son lycée de North York.

Globalement, cependant, «malgré quelques obstacles facilement gérables, l’alcool et le cannabis sont très accessibles aux jeunes gens, au moins dans les grands centres urbains comme Toronto», selon Vice, qui rajoute qu’à la question de savoir si ces jeunes avaient acheté du cannabis à des gangsters d’appartement ou des criminels d’escaliers, ils avaient tous répondu «non» –mis à part un très vague «il fut un temps» de Niki.

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