Culture

Pourquoi vos séries préférées ne seront jamais vraiment finies

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 24.04.2017 à 15 h 25

Repéré sur The Guardian

De «Twin Peaks» à «Breaking Bad», les séries cultes ne meurent plus vraiment.

Laura Palmer (Sheryl Lee) dans «Twin Peaks».

Laura Palmer (Sheryl Lee) dans «Twin Peaks».

Le 21 mai prochain, des fans du monde entier s'apprêtent à retourner dans une ville quittée il y a presque vingt-six ans: Twin Peaks, qui revient pour une troisième saison exceptionnelle. Pourtant, si l'un des personnages promettait au héros de le retrouver un quart de siècle plus tard, il était assez dingue d'imaginer Twin Peaks revenir un jour, d'autant plus avec le réalisateur David Lynch aux commandes.

Un raisonnement similaire peut être tenu quand on évoque Better Call Saul, dérivé de l'univers de Breaking Bad, ou le récent retour de Gilmore Girls ou de Prison Break. Bref, il semblerait que les séries les plus cultes n'en ont jamais vraiment fini avec nous.

Pour Zoe Williams, journaliste au Guardian, les producteurs de séries ont enterré l'idée selon laquelle une série doit forcément avoir une fin définitive. «La fin est finie. Les conclusions datent du siècle dernier. Les derniers épisodes de saison n'en ont pas le goût (on pense à toi, The Walking Dead).» L'épisode final de Breaking Bad était une manière parfaite de refermer la porte sur l'univers de Walter White. Mais AMC a décidé de lancer Better Call Saul, un spin-off prequel réussi sur l'avocat du baron de la drogue. Et honnêtement, pour parler un peu de Friends, qui avait vraiment envie de voir Joey s'échapper en Californie dans la série éponyme?

La journaliste note même que Netflix serait même en train de mettre en place un format de série où les téléspectateurs pourraient choisir l'évolution de l'intrigue, et donc sa fin. «Des histoires qui étaient définitivement finies dans le passé peuvent toujours revenir et être embellie par une époque différente, ce qui rebat les cartes et remet en cause les fins dont nous étions sûres, que ce soit Suspect numéro 1 [série britannique] ou Star Wars

Des liens trop établis avec les personnages pour leur dire au revoir

À la décharge de Mark Frost et David Lynch, Twin Peaks a laissé de nombreuses questions en suspens. Mais entre la diffusion des premières saisons et celle que l'on s'apprête à découvrir, le regard des spectateurs a changé sur les séries, ils n'attendent plus les mêmes choses. «Si on avait regardé Big Little Lies ou The Affair, il y a vingt ans, explique au Guardian le critique Suédois Kjell Haglund, on se serait concentrés sur le crime et son mystère; aujourd'hui, nous regardons ces séries pour les qualités d'identification humaines et l'on est tout juste distrait par les intrigues policières.»

Cela voudrait donc dire que les premiers spectateurs de Twin Peaks en 1990 ont d'abord regardé la série pour trouver le meurtrier de Laura Palmer, mais que les fans de 2017 continueront de le faire pour la relation qu'ils ont nouée avec les personnages. Après tout, quand une série finit, seuls les ressorts scénaristiques comme les crimes prennent fin; les relations entre les personnages, notamment amoureuses, continuent dans notre imaginaire collectif. Et pour peu que l'on se soit attaché à ces héros fictifs, il est très plaisant de constater qu'une série ne s'arrête jamais vraiment. Gilmore Girls en est l'exemple parfait.

Au final, conclut la journaliste, la mort des fins de séries est peut être une bonne chose puisqu'elle respecte les fans, permet de porter un regard sur la complexité de la vie, et pose des questions sur notre monde, «aussi bordélique soit-il».

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