France

Tous contre le Front national (ou presque)

Emeline Amétis, mis à jour le 24.04.2017 à 0 h 48

Nombreux sont les politiques à s'être mis «en marche» pour Emmanuel Macron. Certains soutiens sont plus résignés que d'autres.

Eric FEFERBERG / AFP

Eric FEFERBERG / AFP

Alors même que les médias annoncent qu'Emmanuel Macron fera face à la candidate du Front national, Marine Le Pen, à l'occasion du second tour de l'élection présidentielle, les ralliements au mouvement d'En Marche ont commencé à pleuvoir de toutes parts.

1.Les convaincus

Parmi eux, certains n'évoquent même pas le Front national. Pour Christian Estrosi, président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur et membre du parti LR, Emmanuel Macron est ainsi devenu à 20h01, «le candidat de tous les républicains». Ce message s'adresse t-il aux Républicains du parti du même nom, ou à tous ceux qui adhèrent au système républicain? Qui sait? 

Quant à Cécile Duflot, c'est «sans hésiter» que la députée écologiste glissera un bulletin de vote au nom d'Emmanuel Macron le 7 mai prochain. Alain Juppé, maire LR de Bordeaux, n'hésitera pas non plus: «Le FN conduirait la France au désastre.»

Pas besoin d'évoquer le duel avec le Front national pour Jean-Marc Ayrault, le ministre des Affaires étrangères et du Développement international: le choix est «clair».

Un choix tout aussi «évident» pour Christiane Taubira, l'ancienne garde des sceaux.

Jean-Pierre Raffarin et Bernard Cazeneuve, l'ancien Premier ministre et l'actuel, sont eux restés plus sobres en appelant simplement à voter pour Emmanuel Macron. Enfin, «même s'il n'appartient pas à la gauche», comme le souligne Benoît Hamon, le candidat du Parti socialiste à l'élection présidentielle appelle, lui aussi, ses électeurs à voter pour le candidat d'En Marche.

2.Les prudents

François Baroin, sénateur-maire LR de Troyes, Christian Jacob, président du groupe LR à l'Assemblée nationale, et Florence Portelli, porte-parole de François Fillon, sont plus prudents. C'est tous les trois «à titre personnel» qu'ils voteront pour Emmanuel Macron. Dont acte.

3.«Les castors» du front républicain

Viennent ceux que beaucoup d'internautes ont surnommé, avec ironie, «les castors»: ceux qui passent leur temps à vouloir faire barrage, quitte à voter pour un ou une candidate par défaut. Et sans surprise, ce 23 avril, «les castors» appellent à voter Emmanuel Macron pour faire barrage au Front national. 

Parmi eux, Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du Parti socialiste –qui prend quand même la peine d'adresser un «salut» au candidat de son parti.

Projet de barrage pour Valérie Pécresse, la présidente de la région Île de France, aussi, qui se dit «triste et déçue», mais pas choquée non plus. Même chose pour Anne Hidalgo, maire PS de Paris, Martine Aubry, maire PS de Lille, et Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale:

François Fillon aussi, même si lui souligne qu'il ne le fait pas de «gaité de coeur» dans son discours au sein de son Quartier général: 

«Je ne le fais pas de gaieté de coeur [...] mais le Front national a une histoire connue pour sa violence et son intolérance. [...] Dès lors, il n’y a pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite. Je voterai donc en faveur d’Emmanuel Macron.»

Plus à gauche, hors de question de citer Emmanuel Macron. Sur BFM TV, la conseillère du Front de gauche en Île de France, Clémentine Autain, insiste: «Je lance un appel à battre l’extrême droite.» Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste français lui-même, est résolu à faire barrage au Front national. Peu importe s'il faudra «combattre» par la suite le candidat pour lequel il appelle à voter. Il faut «prendre ses responsabilités»

4.Les muets et abstentionnistes

Nicolas Dupont-Aignan a réservé son avis au début de la semaine. Quant à Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la France insoumise, il n'a pas non plus donné de consigne de vote, laissant les insoumis se prononcer.

Restent Philippe Poutou, candidat NPA, et Nathalie Arthaud, candidate Lutte ouvrière, déjà ouvertement convaincus qu'un barrage ne sufffira pas à vaincre le Front national. Solutions? Le vote blanc et la rue.

Emeline Amétis
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