France

François Fillon, impossible candidat de la droite

Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 23.04.2017 à 22 h 34

À l'issue d'une campagne poussive, le candidat les Républicains échoue à se maintenir dans une élection perturbée par l'intrusion d'Emmanuel Macron.

François Fillon au Conseil national de LR, le 14 janvier 2017 I THOMAS SAMSON / AFP.

François Fillon au Conseil national de LR, le 14 janvier 2017 I THOMAS SAMSON / AFP.

Après cinq années d'opposition et une fin de quinquennat marquée par le renoncement du président de la République à se présenter à sa réélection, la droite ne pouvait disait-on perdre cette élection. Pour le placide Fillon, qui termine troisième au soir du premier tour, avec 19,7% selon les estimations à 22 heures, la campagne présidentielle aura pris la forme de montagnes russes.

Alors qu'ils étaient peu nombreux à miser sur sa candidature pour la première primaire ouverte de l'histoire de la droite française, l'ancien Premier ministre a triomphalement remporté la compétition en se situant au confluent de toutes les droites, réalisant une synthèse là où Nicolas Sarkozy n'était plus capable de reconquérir son électorat déçu, et où Alain Juppé avait visé une campagne présidentielle avant de rassembler sur les fondamentaux de la droite.

Électorat âgé et inactif

Mais ce qui devait être une campagne imperdable s'est transformé en chemin de croix après que sa posture de candidat du travail, de la rigueur et de l'autorité a été pulvérisée par les révélations en cascade sur l'emploi supposé fictif de sa femme et son rapport à l'argent jusqu'aux costumes de luxe qu'il a reçus. La montée d'un soi-disant vote honteux autour de sa personne, croyance entretenue par son entourage jusque dans la dernière ligne droite, masquait mal la catastrophique campagne sans saveur ni, apparemment, envie qu'il menait comme condamné à mener cette ingrate tâche jusqu'au bout.

À cette équation personnelle, il faut ajouter l'irruption sur l'échiquier politique d'un candidat se voulant et droite, et gauche, Emmanuel Macron, capable de siphonner une partie de l'électorat de droite des Républicains. Les premiers chiffres disponibles vont en tout cas dans ce sens. Selon un sondage Harris Interactive réalisé le jour du vote en ligne auprès d'un échantillon représentatif de 7.191 inscrits sur les listes électorales, 18% d'électeurs de Nicolas Sarkozy en 2012 et 15% d'électeurs de François Bayrou ont choisi de voter Macron ce dimanche 23 avril.

Comme attendu, les électeurs de François Fillon étaient pour un sur deux (48%) âgés de plus de 65 ans et des «inactifs» (retraités) à 61%. La France âgée a donc bel et bien choisi François Fillon. L'éclatement de l'offre et la difficile campagne du candidat ont privé ce dernier d'une revanche que la droite attendait pourtant depuis l'élection de François Hollande cinq ans plus tôt.

Jean-Laurent Cassely
Jean-Laurent Cassely (990 articles)
Journaliste
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