France

Macron et Le Pen qualifiés pour le second tour de la présidentielle

Jean-Marie Pottier, mis à jour le 23.04.2017 à 20 h 22

Le candidat «En Marche» arrive en tête avec 23,8% des voix. Il devance de deux points Marine Le Pen, tandis que François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont à la lutte pour la troisième place.

Sorti en tête du premier tour de la présidentielle, dimanche 23 avril, Emmanuel Macron affrontera Marine Le Pen au second tour le 7 mai. Selon les premières estimations de l'Ifop et d'Ipsos, le candidat «En Marche» recueille environ 23,8% des voix. Il devance la présidente du Front national (entre 21,6 et 22%), tandis que François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, donnés légèrement en-dessous de 20%, sont à la lutte pour la troisième place.

L'ancien ministre de l'Économie a donc réussi son pari. Parti en campagne l'automne dernier après son départ du gouvernement, il a tiré parti, pour se retrouver au second tour, de l'espace énorme qui s'ouvrait devant lui avec la défaite d'Alain Juppé lors de la primaire à droite, le retrait de François Hollande, l'échec de Manuel Valls lors de la primaire à gauche et enfin les ennuis judiciaires de François Fillon. Il se retrouve aujourd'hui dans une position extrêmement favorable pour entrer à l'Élysée mi-mai, avec une dynamique supérieure à celle de son futur adversaire, qui avait été annoncée pendant plusieurs mois en tête du premier tour.

Le Pen peut-elle créer la sensation au second tour?

Quinze ans après la défaite cinglante de son père au second tour face à Jacques Chirac (moins de 18% des voix), Marine Le Pen peut-elle créer la sensation, la troisième en moins d'un an chez les grandes puissances occidentales après le Brexit au Royaume-Uni et l'élection de Donald Trump aux État-Unis? L'arithmétique électorale dit non: tous les sondages de second tour réalisés sur ce duel lors de la campagne ont donné Macron, qui devrait bénéficier de substantiels reports des voix des électeurs de Mélenchon, Hamon et même Fillon, vainqueur avec au moins 60% des voix, marge énorme à ce stade de l'élection.

Sa qualification et celle de la dirigeante d'extrême droite dessinent par ailleurs un paysage politique inédit dans notre pays puisque, pour la première fois en plus d'un demi-siècle, les deux grands partis qui ont façonné l'histoire de la Ve République seront en même temps absents du second tour de la présidentielle. Il faut remonter à 2002 pour trouver trace d'un second tour sans la formation socialiste, dont le candidat, Lionel Jospin, avait raté la qualification de 200.000 voix face à Jean-Marie Le Pen –avec 6,1% des voix, Benoît Hamon réalise lui le deuxième pire score de l'histoire du PS, devançant de peu celui réalisé par Gaston Defferre en 1969 (5,01%). Quant à la droite parlementaire, c'est la première fois de son histoire qu'elle est absente du second tour, résultat catastrophique pour le parti Les Républicains, qui paraissait quasiment certain de reconquérir l'Élysée au sortir de sa primaire ouverte, fin novembre dernier.

Ces deux séismes accoucheront d'une grande première: le 7 mai, la France élira soit le plus jeune président de son histoire (à 39 ans, Emmanuel Macron est quasiment dix ans plus jeune que Valéry Giscard d'Estaing en 1974), soit sa première présidente. Les deux candidats débattront à la télévision le 3 mai.

Jean-Marie Pottier
Jean-Marie Pottier (918 articles)
Rédacteur en chef, responsable de la newsletter politique «Le Jour d'après». Auteur de «Indie Pop 1979-1997» et «Ground Zero. Une histoire musicale du 11-Septembre» (Le Mot et le Reste).
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