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Pourquoi tout le monde aime Charlotte Gainsbourg?

Lundi 21 Décembre 2009
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Vous l'aimez Charlotte Gainsbourg, n'est-ce pas? Vous la trouvez belle, et charmante, et vous estimez qu'elle a du talent? Vous êtes simplement comme l'immense majorité des Français. L'actrice, chanteuse, ancienne égérie de Gérard Darel et actuelle de Balenciaga, deux fois mère et toujours des allures de gamine, se tient en bonne place (27e) dans le top 50 des personnalités préférées des Français.

Pourquoi cette jeune femme sans forme et sans paillette, frêle, au teint blafard, est-elle portée aux nues?

Charlotte Gainsbourg ressemble à tout le monde. Certes, tout le monde ne fait pas 1m73, et ne peut pas avoir ce look je-sors-du-lit-j'ai-juste-enfilé-un-pull-je-suis-divine-quand-même. Elle est néanmoins la simplicité incarnée. Elle est banalement brune à la peau blanche, loin de la bimbo. Petite poitrine, look commun. Même quand elle fait la couverture de Elle, Gainsbourg n'arbore pas de robe haute couture, de maquillage aguicheur. Elle est mère, elle est épouse: comme la plupart des femmes. Elle est assez belle pour faire rêver, mince, cheveux longs, regard intelligent et sourire plein de charme. Mais assez simple (naturelle?) pour laisser croire qu'on pourrait lui ressembler: elle autorise à n'importe quelle fille des songes de grandeur. Elle en devient une star accessible. Familière.

Familière aussi parce qu'on la connaît depuis longtemps. Elle nous appartient un peu. On l'a vue, médusée, aller chercher son premier César, celui du meilleur espoir féminin, en 1986. Elle avait quinze ans, une voix frêle, elle pleurait, les cheveux dans les yeux. Et elle émouvait le microcosme du cinéma, les téléspectateurs devant leur poste. On l'a vue grandir. Depuis ces interviews où elle chuchotait des réponses aux questions, terrassée par la timidité, elle s'est épanouie, elle est devenue une artiste complète qui se raconte, plus décontractée, aux micros. Charlotte Gainsbourg est presque une vieille connaissance.

Ce n'est pas non plus comme si sa famille nous était étrangère. Pour le public, elle était déjà fille-de. Du couple mythique et subversif, de ces artistes qui contraignent au respect. Parce que la mort de son père, comme la mort de toute idole, avait ému les Français, elle les avait rapprochés de sa fille, et fait que cette famille appartenait un peu plus au pays.

On connaît sa nouvelle famille aussi: Yvan Attal, qui paraît taillé à l'image de sa femme. Et de la même manière que les femmes peuvent se laisser aller à penser qu'elles pourraient être Charlotte, certains pensent (j'en ai entendus) que si Attal l'a eue, ils pourraient l'avoir aussi. Plutôt pas mal, sans être vraiment beau. Terriblement sexy quelquefois, mais pas trop souvent. Du charme, comme elle. Une filmographie appréciable, comme elle. Un couple lunaire. Et moderne.

Elle avait des prédispositions à la modernité Charlotte — on ne naît pas impunément de Serge Gainsbourg et de Jane Birkin. Mais elle a su la personnifier. Charlotte Gainsbourg est actrice, elle est femme, elle est mère, épouse. Elle est tout sans être militante, sans crier partout qu'elle est tout. Elle ne clame pas que sa carrière est aussi admirable que celle de son mari, pas moins internationale, couronnée de six César de plus. Sans dire: vous voyez, je suis une femme moderne, elle l'incarne.

Ne pas rester fille-de

Incarner quoi que ce soit, lorsque l'on porte le poids de la célébrité de son père, c'est une gageure. La jeune femme a pourtant su ne pas rester-fille de. A la différence de sa demi-soeur Lou Doillon, d'Emma de Caunes, d'Aurore Auteuil ou des enfants Depardieu, dont les noms sont restés attachés à ceux des parents.

Gainsbourg est désormais le nom de Charlotte autant qu'il fut celui de son père. C'est une bonne actrice. «Une actrice née, comme Mozart était un musicien né», disait d'elle Claude Miller. A tel point qu'elle a su sauver de mauvais films: comme Prête-moi ta main, avec Alain Chabat (qui personnellement m'avait fait beaucoup rire. Mais qui est un mauvais film selon le reste de la rédaction de Slate). Et puis il y a eu La Bûche ou La Petite Voleuse. Et Charlotte a bon goût de manière générale: elle a choisi de jouer sous la direction de Michel Gondry, de James Ivory, d'Iñárritu...

Elle sait s'entourer. Il fallait le faire, de chanter, après Serge. Il fallait oser, sortir son album. Elle l'a fait avec Air, dont l'univers ressemblait au sien; elle l'a refait avec Beck, très prestigieux. Pas beaucoup de prise de risque, mais des réussites saluées par la critique.

Et elle sait, quand il le faut, prendre des risques; au hasard: jouer, nue, un film d'horreur érotique sous la direction de Lars Von Trier.

C'est ce mélange d'audace et de discrétion, qui fait sa réussite. On peut jouer ce que l'on veut, vivre comme on veut sans jamais s'attirer la moindre critique, lorsque l'on n'étale pas sa vie dans les journaux. Elle ne parle que de son art, un peu de ses parents, quand on l'y contraint. Pas de ses histoires intimes. Si on la pousse dans ses retranchements, comme Thierry Ardisson lors d'une interview, qui s'entêtait à demander si son fils était circoncis, elle tient bon. Mais cela n'empêche pas une sincérité désarmante, qui fait que l'on retrouve alors la petite voleuse de dix-sept ans, cette sincérité qui lui faisait dire qu'elle avait peur de prendre la parole devant une salle entière, de ne pas être à la hauteur. Cette sincérité qui lui fait dire qu'elle voulait alors que l'on fasse attention à elle. Et qui fait qu'elle y est parvenue.

Charlotte Pudlowski

Image de une: Charlotte Gainsbourg, DR. Mars Distributions

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Comments

:)

C'est un très bel article, simple et sincère, à l'image de la personne présentée.
Merci.

Charlotte G une artiste? Vous

Charlotte G une artiste? Vous rigolez! Elle est molle, sans esprit, ne sait pas chanter, n'écrit pas ses chansons. Ce n'est que la fille de son père, comme de nombreux "artistes". Quand nous parlerez-vous des vrais artistes ?

Oui, pourquoi?

Pourquoi feindre de poser la question alors que l'article se révèle n'être qu'un papier de plus soumis au charme de la demoiselle? Se méfier de la flagornerie consensuelle, il y a de la mollesse critique quelque part, une espèce de paresse générale, sans doute aussi l'idée de capter un petit quelque chose de ce sacré héritage par des louanges répétés.
Ce qui n'est certainement pas étranger au fait que cette piètre chanteuse (quand même) bénéficie de maints privilèges dont celui d'avoir accès aux réalisateurs des plus huppés pour ses enregistrements.
Et la "critique" de vendre l'histoire avec une telle unanimité que c'en est juste confondant.

KlaxonsFive

Sur Slate

Même Charlotte Gainsbourg déchaine les passions !! :)

Bon, pour moi, elle chante moyen/mal. Choisir Air comme zicos (ou beck) permet de faire un album consensuel et facile, je suis pas sur que son père aurait apprécié, sauf si elle avait des problèmes de thune :) m'enfin c'est son choix, j'ai choisi de ne pas les écouter.

Par contre, en tant qu'actrice, que "gueule", elle est excellente, et en cela, elle ne mérite pas le mépris de JBoss. Acteurs, interprètes et musiciens sont des artistes à part entière, même si ce ne sont pas des créateurs.

Plutôt une "fille de" qui mérite de bosser dans ce milieu, plus que d'autres...

Charlotte G. est une résiliente

Et Charlotte P. aime bien raconter de belles histoires
Elle fait commencer la carrière de Charlotte G. en 1986, en passant sous silence qu'en 1984, elle avait treize ans, elle était vautrée dans un lit avec son père, devant la France entière, dans un film de Serge Gainsbourg : "Lemon incest" on ne peut plus explicite.
La petite Charlotte G. revient de loin !
Au risque de m'attirer toutes les foudres des bonnes âmes qui traînent sur Slate, et il n'en manque pas, je dirais que sa chance a été la mort de son père.
La disparition de ce musicien-poète-provocateur de génie, lui a libéré un espace personnel, elle n'était plus la marionnette de son père, elle a su en tirer parti.
C'est là la vraie différence entre elle, et les autres filles et fils de...
Je persiste à penser que Charlotte, en d'autres circonstances, aurait pu avoir un destin tout aussi tragique que celui de Guillaume Depardieu, autre fils de..., artiste de grande sensibilité et de grand talent.

Marianne Arnaud

Assez d'accord

+1 Mme Arnaud.

Ah, Lemon Incest, quel grand clip ! (je me souviens plus d'un film, tiens, juste du clip)

Mais le grand Serge était encore vivant en 86... et n'était pas peu fier du devenir de sa progéniture.

Avoir un père intelligent (malgré d'autre défauts...) a du pas mal aider aussi...

Charlotte forever

Le clip était Lemon Incest et le film, avec Roland Bertin et Charlotte G., s'appelait Charlotte forever dont voici le scénario: Stan, un scénariste alcoolique, a de graves problèmes relationnels avec sa fille Charlotte, qui lui reproche d'avoir provoqué la mort de sa mère dans un accident de voiture. De plus, Charlotte supporte difficilement que son père séduise ses amies. Pourtant, Stan va se montrer si attentionné à son égard que Charlotte finira par se résoudre à l'idée qu'il n'est pour rien dans la mort de sa mère.

Surlevif

I beg to differ

Permettez-moi de déroger à cette adulation prétendument générale. Je n'aime pas particulièrement CG, je veux dire, pas plus que la prochaine personne que je verrai dans la rue.
Elle ne chante pas mal, elle m'indiffère. Elle ne joue pas mal, son jeu ne me touche pas.
De plus je trouve quand même odieux ce système de népotisme du show-biz et de la politique français

Sinon , oui quand même, j'aime bien une chose en elle, c'est qu'elle est relativement discrète. Qu'elle le reste.

Atchoum

H, M, Vincent, David, Thomas, Jacques et les autres...

Je n'ai rien contre Charlotte, je la trouve très sympa, et elle ne me dérange pas. J'imagine que d'avoir éte la fille de son père n'a pas toujours été très facile et je respecte.

Mais Charlotte est une star bien Française: elle a du talent, mais pas trop. Comme beaucoup d'acteurs (la majorité?) sa personnalité lui tient de lieu de technique: elle fait Charlotte Gainsbourg mieux que personne, mais ne lui demandez pas de composer un personnage. Ça c'est pour des vrais acteurs comme Meryl Streep ou Bob de Niro.

Musicalement, comme le fait remarquer julien_G, si on aime Beck et Air alors tout vab. Moi, ça ne m'intéresse pas.

Les Français, qui se satisfont complétement du népotisme ambiant et qui n'y voient pas de problème majeurs, aiment Charlotte pour la même raison qu'ils aimes H, M, David, Vincent, Jacques, Thomas et la liste est très longue. Regardez le dernier festival de Cannes, c'est très parlant, voire criant. Moi je trouve ça insultant.

Les plus condamnables, ne sont pas ces "fils de" qui réussissent, mais la légion de ceux qui qui les y aident, et qui, bien évidement ferment la porte au vrai talent né de n'importe qui...

Moi ça me choque et c'est pour ça que j'ai quitté mon pays.

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