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Quand les mèmes de l'extrême droite américaine prennent du muscle

Repéré par Emeline Amétis, mis à jour le 22.04.2017 à 11 h 15

Repéré sur Wired

La propagande à des fins humoristiques célèbre la violence.

Un meme représentant le "Berkeley Falcon punch", opposant une militante antifa au fondateur d'un groupe nationaliste.

Un meme représentant le "Berkeley Falcon punch", opposant une militante antifa au fondateur d'un groupe nationaliste.

On savait l'image de Pepe The Frog récupérée par l’extrême droite, on ne la savait pas encore outil de propagande milicienne. Dans un article publié sur Wired, Emma Grey Ellis raconte sa rencontre avec Nathan Damigo, devenu héros de la dite «alt-right» depuis qu’il a donné un coup de poing assommant à une militante antifa, à l’occasion d’une violente confrontation entre extrême gauche et extrême droite à Berkeley. 

La séquence filmée est rapidement surnommée «The Falcon punch», en référence au jeu vidéo Super Smash Bros, sur 4chan. Et elle donnera naissance à ce genre de tweets:

«Peu importe le genre, peu importe la race, frappez un coco au visage», s'amuse @MadeinCalcio.

«Pepe the Frog et les affiches du film Expandables ont donné aux extrémistes les moyens d’illustrer la violence qu’ils diffusent et célèbrent. Beaucoup de ces mèmes ressemblent à de la propagande militaire», commente Wired.

Les mèmes ont toujours alimenté les blagues confidentielles, rappelle le site. Mais depuis quelques années, le partage d’un mème consiste autant à définir le groupe auquel on appartient qu’à le faire rire. «Même les mèmes “Bidenbro”, avec lesquels les gens imaginent une forte amitié entre Joe Biden et Barack Obama ont servi à prendre parti contre Trump», explique Michele Knobel, professeure de nouveaux médias à l’université d’Etat Montclair.

«Biden : ...Donc, quand Trump arrive, tu le bloques et je lui envoie le... Obama : Non, Joe.»

Elle ajoute: «Les mèmes d’extrême droite ne sont plus censés être drôle ou critiques, mais célèbrent la violence en continu.»

«Pour être juste», Wired tient à rappeler que la droite comme la gauche ont leur responsabilité. Quand un membre des black bloc frappe le nationaliste Richard Spencer, l’extrait filmé devient un véritable mème.

À la différence que les mèmes antifascistes glorifient l’acte plutôt que le donneur de coups de poing. «Le point primordial est l’acte de résistance, plutôt que son agent», appuie le site d’information.

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