Tech & internet

Cybersécurité: la France, bonne élève?

Temps de lecture : 2 min

Enjeu stratégique, la cybersécurité est encore mal exploitée par la France. Une étude de Kaspersky Lab a constaté que près de trois-quarts des jeunes n'étaient pas informés des possibilités de formation en sécurité informatique.

Pixabay / kuszapro CC0 Public Domain
Pixabay / kuszapro CC0 Public Domain

CONTENU PARTENAIRE - La cybersécurité est l’affaire de tous. Des entreprises comme Netflix ou Sony Music l'ont appris à leurs dépens. En décembre 2016, ces deux firmes ont été victimes de piratages sur leurs comptes Twitter respectifs. Plus de 250 tweets ont été postés sur le compte de la plateforme de vidéos et celui de l'entreprise musicale a vu quelques messages qui laissaient entendre que la chanteuse Britney Spears était morte.

En France, onze incidents de cybersécurité sont comptabilisés en milieu professionnel chaque jour, soit un total de 4.165 attaques, d'après le cabinet de conseil PwC, pour des pertes financières estimées à 1,5 million d'euros pour chaque société en moyenne. 59% des entreprises françaises ont d'ailleurs augmenté leurs dépenses de cybersécurité cette année. Mais près de 20% des sociétés de moins de 250 salariés ne se considèrent «pas du tout préparées» aux questions de cybersécurité, selon Orange Cyberdéfense.

600 agents pour l'Anssi en 2018

Le sujet ne concerne pas que les entreprises. Les démocraties occidentales ne sont par exemple guère armées en cas de cyberguerre. En France, l'Agence nationale de sécurité des systèmes d'information (Anssi) a été créée en 2009 et se charge de la défense des systèmes d'information des services de l'État et des opérateurs d'importance vitale (OIV).

Depuis quelques années, des mesures ont été prises pour pousser à la formation. Le ministère du Redressement productif a introduit un volet concernant la cybersécurité dans son plan «la nouvelle France industrielle» qui date d'avril 2015. Il comportait quatre objectifs. D'une part, «accroître significativement la demande en solutions de cybersécurité de confiance» et «développer pour les besoins de la France des offres de confiance», d'autre part l'organisation de la conquête des marchés à l'étranger et le renforcement des entreprises nationales du domaine de cybersécurité.

Un manque de candidats

De plus, un comité de la filière industrielle de sécurité a été mis en place en 2013 pour rapprocher les acteurs privés et publics. Mais tout ceci ne se retrouve pas toujours dans les faits. L'Anssi avait une centaine d'agents en 2009 et en possède désormais 400. Des besoins encore insuffisants puisqu'elle en vise 600 en 2018 alors qu'elle avait annoncé cet objectif pour 2017. La faute peut-être à un manque de candidats?

Une étude mondiale de Kaspersky Lab a constaté, par exemple, que près de trois-quarts des jeunes (71%) n'étaient pas informés des possibilités qui s'offrent à eux de poursuivre des études supérieures en sécurité informatique. Ou d'y réaliser des stages. Même si l'Anssi propose sur son site les formations en cybersécurité en France.

Selon l'étude, 45% des entreprises disposent des postes pour débutants ou d'un programme d'études supérieures en place. Pourtant, Kaspersky pointe que 47% des jeunes ont déclaré vouloir «utiliser leurs compétences informatiques à bon escient». Mais seulement 27% des jeunes ont pensé à faire carrière dans la cybersécurité.

«On apprend aux gens la sécurité routière mais pas la

sécurité informatique»

En France, 78% des professionnels du secteur sont d'accord avec le fait qu'il est «difficile» de trouver suffisamment de professionnels en cybersécurité à recruter. Un chiffre plus élevé qu'aux États-Unis, en Allemagne ou au Royaume-Uni.

Pourtant, comme le note Tanguy de Coatpont, directeur général de Kaspersky Lab France, «la cybercriminalité organisée n'est plus seulement un casse-tête pour les dirigeants. Comme le montrent les récentes attaques contre Sony Entertainment et Ashley Madison, où des données très privées ont été rendues publiques, la cybercriminalité menace de détruire les fondements de la vie publique et privée si l’on ne s'y attaque pas».

Eugène Kaspersky, le PDG de Kaspersky Lab, estime également qu'il existe «un déficit de compétences qui doit être abordé à la fois par le secteur de la cybersécurité et par l'enseignement». Pour lui, la nouvelle génération est plus avancée technologiquement que toutes les autres et doit être ralliée. «Son talent doit être employé et cultivé pour le bien de la société», conclut-il. Après tout, comme le note Nacira Salvan, spécialiste en cybersécurité, dans le Figaro: «On apprend aux gens la sécurité routière mais pas la sécurité informatique.»

Slate.fr

Newsletters

Non, Netflix ne compte pas diffuser de publicité entre deux épisodes

Non, Netflix ne compte pas diffuser de publicité entre deux épisodes

De nombreux spectateurs se sont plaints de la présence de spots.

Lutte contre l’addiction au smartphone: pourquoi l’approche d’Android pourrait être la meilleure à ce jour

Lutte contre l’addiction au smartphone: pourquoi l’approche d’Android pourrait être la meilleure à ce jour

Utiliser moins et mieux son smartphone, c'est ce que promettent Apple et Android avec de nouvelles applications dédiées à la mesure de notre temps passé à lorgner des pixels au bout de notre pouce. Et c'est Google qui s'en sort le mieux.

Pendant neuf heures, les Cubains ont pu accéder à internet de n'importe où. Une révolution

Pendant neuf heures, les Cubains ont pu accéder à internet de n'importe où. Une révolution

«Nous devons être capable de mettre en ligne un contenu révolutionnaire» a déclaré le nouveau président cubain Miguel Díaz-Canel.

Newsletters