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Le Majestic Barrière de Cannes surclasse tous les autres grands hôtels de la Croisette

Nicolas de Rabaudy, mis à jour le 30.04.2017 à 12 h 22

À la veille du Festival de Cannes, du 17 au 28 mai, la guerre des palaces a commencé

Hôtel Barrière Le Majestic Cannes © Pascal Pronnier

Hôtel Barrière Le Majestic Cannes © Pascal Pronnier

On attend au moins 40.000 festivaliers en quête de chambres et suites en bord de mer, le soleil est un atout majeur pour l’humeur des professionnels des salles obscures. Sachez que le Majestic Barrière profite à plein de son emplacement de rêve à deux pas du Palais au fameux tapis rouge: c’est là qu’il faut être pour voir et être vu. Enquête sur place à quelques jours de la grande fête du 7e Art.

Vue d'une terrasse du Majestic

Avec le temps, l’image et l’attractivité des grands hôtels cinq étoiles de Cannes ont changé, le destin des quatre palaces cannois aussi (le Majestic Barrière, le Carlton, le Grand Hôtel et le Martinez) s’est modifié quand l’ancien palais, à côté du Blue Bar, a été supplanté par le nouveau, édifié à la place de l’ancien théâtre 1900 par le maire très contesté, M. Ladevez –coût exorbitant, endettement interminable pour la ville aux plages adoptées par Jean Marais et Jean Cocteau.

Du coup, l’aura du Carlton, mythique palace à la blancheur et à l’architecture pâtissières, s’est estompée, surclassée par le Majestic Barrière dont la façade a été agrandie d’une aile de 10.000 mètres carrés, l’ex-Banque de France, encastrée à gauche quand on regarde le grand hôtel cher à Martha et Diane Barrière: l’édifice y a gagné en majesté, retrouvant une sorte d’unité parfaite.

Animations et farniente

À la demande de Dominique Desseigne, PDG du groupe, le décorateur Alexandre Danan a imprimé dans les intérieurs, au rez-de-chaussée et dans l’immense bar tout en longueur, le style Art Déco façon Jacques-Émile Ruhlmann, un génie de cette architecture revenue à la mode. Le lobby de l’hôtel, véritable rendez-vous du Tout Cannes et des visiteurs, a été métamorphosé par les sols, le mobilier, la luminosité et l’esprit Art Déco qui se prolonge dans le Fouquet’s cannois à travers les luminaires, les miroirs qui tapissent les murs et la cave à vins en verre et métal où l’on peut découvrir la noblesse des flacons, des premiers crus de Bordeaux pour les soirs de fête et de partage.

On se sent bien dans cet ensemble vivant, dans le lobby méditerranéen où l’on peut s’asseoir, prendre un verre et respirer la douceur de vivre à deux pas de la Croisette.

Le lobby de l'Hôtel Majestic

Tout est dans l’atmosphère, dans le ressenti au cœur de cette imposante bâtisse de vacances, de congrès et de séminaires de 20 à 100 participants. Pour tous les résidents, il s’agit de vivre au quotidien le meilleur des prestations nombreuses au Majestic: les animations et le farniente sur la plage privée face à la mer, les soirées et dîners au champagne (90 euros), l’éventail des plats du terroir (la blanquette de veau) revisités par le trois étoiles Pierre Gagnaire au Fouquet’s, les cours de pâtisserie plus le déjeuner (65 euros), les cours d’œnologie du sommelier Guerrick Baray, les dégustations de caviar (à partir de 40 euros), les dîners concerts au champagne (98 euros), les cocktails du mois (10 euros), les Lady’s Night et soldes privés réservés aux femmes (50% de réduction). À tout cela s’ajoutent les soins biologiques du SPA Diane Barrière.

Oui, il est bien loin le temps des hôtels impersonnels, sans chaleur ni convivialité où l’on ne songe qu’à regagner son home.

Les exigences d'un grand hôtel

Au Majestic, les personnels (680 employés en saison) assistent à des séances de développement personnel de façon à mieux répondre aux désirs de la clientèle, française en majorité. On leur apprend qu’il y a une fierté, un honneur de servir et une vraie joie à donner le meilleur de soi-même à ceux qui ont choisi le Majestic pour un break (très fréquent, de deux à trois jours) ou pour une parenthèse de travail créatif en groupe, avant le tapis vert du casino tout près.

En fait, le Majestic Barrière du XXIe siècle a représenté, depuis une bonne décennie, la préoccupation permanente de Dominique Desseigne, le notaire devenu la tête pensante et décisionnaire du groupe Barrière, l’héritier à projets aidé de ses deux enfants, Alexandre et Joy. Il y a en lui un bâtisseur, loin du dandy mondain, qui regarde l’avenir devant lui.

Aux chantiers d’embellissement du Majestic ont succédé des travaux faramineux de rénovation des intérieurs, des suites, des salons, du bar, jusqu’à mars dernier pour le Fouquet’s. Que n’a-t-il entrepris pour insuffler aux bâtiments historiques une totale modernisation liée au confort, aux prestations: le SPA, les produits de beauté Diane Barrière, les terrasses partout, la Petite Maison de Nicole pour les plats niçois jouxtant le Fouquet’s, les coins et recoins surplombant la Grande Bleue. Ainsi, le Majestic façon Desseigne conjugue à merveille les exigences d’un grand hôtel de groupe (10 grands congrès par an, certains de 3.000 visiteurs) et le charme méditerranéen d’un palace de vacances où les enfants sont accueillis et choyés, une exception dans ce genre d’établissement.

Salle du restaurant le Fouquet's à l'Hôtel Majestic

En réalité, le longiligne septuagénaire, sportif comme un jeune senior, tennisman et bon skieur a considéré dès sa prise de fonction en 1997 que le Majestic cannois était le joyau de la couronne Barrière et qu’il fallait s’en occuper tous les jours que Dieu fait. Et investir sans biaiser: 120 millions d’euros en dix ans.

Le pactole du Festival

Le PDG devenu un prince de l’hôtellerie, dont la fortune s’accroît chaque année, a bien vu que le Majestic version 2017 représentait une source de profits et de notoriété capitale pour le développement du groupe international. Les recettes du Festival comptent pour près de 25% du chiffre d’affaires annuel du Majestic et l’attractivité nouvelle du palace cher à Lucien Barrière se déplace sur les manifestations ponctuelles liées à l’immobilier, à l’informatique, au duty free (octobre) en attendant le festival mondial de séries télévisées en juin 2018.

Rien n’est trop beau pour le luxe des suites sur la mer, le vecteur de la communication du palace. Le coup de maître très récent de Dominique Desseigne, c’est la suite Majestic Art Déco, noir et blanc, sur deux étages, 300 mètres carrés, un faramineux appartement pour rois, reines et chefs d’État doté d’une piscine privée donnant sur la mer, d’une salle de fitness, de cabines de massage, d’un salon de coiffure, d’un butler privé et d’une Rolls à disposition, soit 42 000 euros par jour –louée pour le Festival 2017 et l’été à des familles royales des Émirats (seulement deux chambres de maître). On peut ajouter des lits, n’en doutez pas.

L’autre suite Penthouse Dior, déjà réservée par la marque (34.000 euros par jour), un show room voué à des défilés de mode, de présentations privées de vêtements du soir, de bijoux, de diamants car le Festival de cinéma est aussi une fête glamour de la jet set en quête de shopping de luxe et d’ivresse de soi –trois à quatre mille journalistes accrédités dès le 17 mai. Et combien d’autres qui s’occupent des photos volées, de colonnes d’échos, d’indiscrétions glanées ici et là dans les endroits VIP à la mode –Cannes est une mine d’or pour les gazettes spécialisées.

Suite Dior au Majestic

Dominique Desseigne l’héritier est devenu un pionnier de l’hôtellerie de luxe et des casinos : il vient de construire et d’ouvrir la Barrière des Neiges à Courchevel, station chic et chère, et fin 2017 à Saint-Barth, le groupe inaugurera le Carl Gustaf, le palace numéro 1 de l’île des Petites Antilles où le PDG veut insuffler l’esprit festif et les lumières de la plage en contrebas. L’investissement secret pour l’heure est bien dans l’optique «high class» de Cannes, de La Baule et du Touquet où le groupe a remis en état le fameux Westminster convoité par d’autres hôteliers français. C’était une destination favorite de la gentry britannique.

Visionnaire

À Paris, le vaisseau amiral le Fouquet’s, cher à Raimu et à Tino Rossi, est fermé pour travaux, tout comme l’hôtel cinq étoiles (chambres à 700 euros), rival du Four Seasons George V. Il s’agit d’un lifting sérieux avant la réouverture du Crillon, du Lutetia, de l’aile Cambon du Ritz –quel dynamisme, quel entrain!

À la mort tragique de Diane Barrière-Desseigne, victime d’un accident d’avion en 1998, qui aurait pu imaginer la formidable expansion du groupe conduite par un notaire provincial, plus versé dans les actes administratifs que dans le tourisme haut de gamme et les hôtels chics d’un autre temps?

Au contact de ce challenge inattendu, Dominique Desseigne a relevé le défi, se découvrant une nature de visionnaire de l’hôtellerie moderne et d’investisseur habile –tout cela pour l’avenir de ses deux enfants, bientôt aux commandes dans la maison Barrière.

Oui, l’homme n’est pas sans créativité ni noblesse.

• 10, boulevard de la Croisette 06400 Cannes. Tél.: 04 92 98 77 00. Chambres pour le Festival à 1.918 euros la nuit, 959 euros pour douze nuits, hors saison 177 euros. Petit déjeuner copieux, charcuteries corses, buffet à 42 euros.

Restaurant le Fouquet’s Cannes by Pierre Gagnaire

• Gratinée au comté (18 euros), beignets de fleurs de courgette (19 euros), daube de joues de bœuf (39 euros), bar sauvage à la fondue de poireaux (58 euros), filet de bœuf béarnaise (48 euros), tartare Angus terre/mer, une création goûteuse (38 euros). Menus à 37 et 46 euros. En terrasse, le long de la piscine et dans la salle à manger Art Déco. Tél. : 04 92 98 77 05.

La Petite Maison de Nicole

• Cuisine nissarde des mères, pissaladière, petits farcis, raviolis et carré d’agneau, poulet fermier (70 euros pour deux). Bordeaux hors de prix, Sociando Mallet à 380 euros, préférer les rosés de Provence. Dîner seulement, de 60 à 100 euros. Tél. : 04 92 98 77 89.

Hôtel Gray d’Albion

• 38, rue des Serbes. Tél.: 04 92 99 79 79. Le petit frère du Majestic entre la Croisette et la mer d’Antibes, refait à neuf, bon confort, excellent restaurant et plage privée. 175 chambres, 24 suites à partir de 130 euros selon la saison.

Nicolas de Rabaudy
Nicolas de Rabaudy (456 articles)
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