Culture / Société

Dès 1944, les Alliés accusaient bien Hitler de gazer systématiquement les Juifs

Temps de lecture : 2 min

Un nouveau livre qui examine des dossiers précédemment restreints d’accès de la Commission des crimes de guerre de l’ONU prouve qu’Adolf Hitler a bien été inculpé, avant sa mort, de crime de guerre pour les actes des nazis durant la deuxième guerre mondiale.

Photographie de troupes de la Sturmabteilung ou SA, groupe paralimitaire lié au parti nazi. La photo a été prise dans les années 30  / AFP
Photographie de troupes de la Sturmabteilung ou SA, groupe paralimitaire lié au parti nazi. La photo a été prise dans les années 30 / AFP

Le livre Human Rights After Hitler de l’académicien britannique Dan Plesch explique qu’Hitler a bien été mis sur la première liste de crimes de guerre de la commission de l’ONU en décembre 1944, mais uniquement après un débat très long et des accusations en bonne et due forme portées par la Tchécoslovaquie, qui avait été occupée par les nazis. En mars 1945, un mois avant la mort d’Hitler, la commission a même carrément inculpé Hitler de sept chefs d’accusation.

Plesch, qui a dirigé la campagne pour l’ouverture des archives de la commission, a expliqué à The Associated Press ce mercredi 19 avril que ces documents montrent «que les alliés étaient prêts à inculper Hitler comme chef d’État, et cela change toute une grande part de ce que nous pensions savoir de lui». Un document du 15 décembre 1944 soumis à la commission par la Tchécoslovaquie accuse Hitler et cinq membres du «gouvernement du Reich», dont Rudolf Hess et Heinreich Himmler, de crimes incluant «meurtres et terrorisme de massacre systématique».

Les gens savaient pour les crimes

D’après le livre, des documents légaux certifiés, des retranscriptions gouvernementales et des interviews avec des victimes de torture «prouvent sans doute possible» que les gouvernements des États-Unis d’Amérique et de Grande-Bretagne étaient bien au courant des camps d’extermination d’Hitler. Plesch rajoute même: ils savaient et n’ont presque rien fait pour arrêter les massacres. Cependant, selon Plesch, «le livre documente que l’extermination des Juifs était non seulement condamnée officiellement et publiquement par les alliés, mais que des spécificités de l’extermination étaient elles-mêmes dénoncées, y compris la méthode favorisée –le gaz léthal– et l’endroit central de l’exécution – la Pologne».

Si l'ouvrage ne détermine pas pourquoi ces condamnations publiques sont généralement omises des récits universitaires de l’Holocauste, selon Plesch, une des raisons pourrait tenir au fait que des parties significatives des gouvernements américains et britanniques furent directement opposées au fait de se mobiliser pour aider les Juifs ou pour soutenir les poursuites. Malgré tout, il y a bien eu des centaines de soldats ayant participé à l’Holocauste qui ont été accusés de crimes de guerre alors que cette dernière était toujours en activité.

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