Monde

Les dessous du sommet de Copenhague

Temps de lecture : 3 min

Ce que fait un délégué de la conférence des Nations-Unies pour le climat.

La Conférence des Nations unies sur le climat s'est ouverte il y a dix jours à Copenhague au Danemark. Elle s'étalera jusqu'au 18 décembre. Malgré tout le battage médiatique, la plupart des observateurs sont persuadés que ce sommet ne débouchera pas sur un accord juridiquement contraignant.

Que font au juste les délégués durant une semaine et demie s'ils ne fixent pas des objectifs obligatoires de réduction des émissions de CO2?

Eh bien ils parlent, interprètent ce qui est dit, retournent les problèmes dans tous les sens. Puis, ils discutent et rediscutent... Non seulement personne ne s'attend à ce qu'on adopte un projet international de lutte contre le changement climatique, mais de nombreuses délégations ont soumis leurs propositions bien avant le début de la conférence.

Par exemple, cela fait deux ans que l'Union européenne a annoncé sa position en matière de réduction des émissions de gaz polluants. En outre, en 2008, elle a voté un accord énergétique interne. Pourtant, les délégués et les experts tenteront de préparer le terrain pour la conclusion d'un nouvel accord de remplacement au protocole de Kyoto, qui expire en 2012. Actuellement, ils étudient une version préliminaire de 200 pages, qui comporte encore de nombreuses parties mises entre parenthèses: elles correspondent à des questions en suspens. Au cours de la première semaine, tous les délégués commenteront le texte et formuleront des suggestions. Ensuite, des représentants d'un «noyau dur» (Etats-Unis, Chine, Union européenne) se réuniront pour tenter de dégager des accords.

Quand une proposition majeure est faite, qu'il s'agisse d'une proposition générale ou s'appliquant à des problèmes plus précis, comme la déforestation, les économistes et les stratèges des autres délégations et ONG «traitent les donnés et les chiffres» pour trouver une solution adaptée. Qu'ils soutiennent la proposition ou non, ils justifieront leur position auprès des autres délégués (et devant la presse) dans les couloirs du centre de conférence ou pendant le déjeuner. La conclusion d'accords à proprement parler a lieu essentiellement dans des salles privées accessibles uniquement à des négociateurs disposants de badges rouges.

Inutile de posséder un badge rouge pour assister aux exposés consécutifs et aux tables rondes qui remplissent le programme entre 8 heures du matin et 8 heures du soir. (Certains de ces événements sont toutefois réservés à la presse.) Etant organisées par l'ONU, divers pays et ONG, ces séances sont suivies par un public mixte, composé d'observateurs et de délégués non officiels, mais très intéressés par le sujet. Ces derniers prennent des notes et représentent les intérêts de leur pays lors des séances de questions. Les discussions sont multiples et variées. Il y a par exemple Greenpeace qui défend l'idée suivante: «Oui, il peut le faire! Obama peut assurément obtenir plus de réductions d'émissions», mais aussi des briefings quotidiens faits par la Chine et le G77 .

A côté de ces activités officielles, les membres de divers groups d'intérêts font tout leur possible pour attirer l'attention des médias. Greenpeace organise des manifestations et envoie souvent un ou plusieurs militants escalader un mur pour accrocher une banderole. Cette année le World Wildlife Fund a installé dans le centre de conférence deux arches gonflables: une rouge symbolisant les dangers du réchauffement climatique et une verte représentant un accord climatique pour les contrer. (Si nous sommes au courant de cela, c'est grâce au New York Times. C'est donc une opération réussie pour le WWF!)

Les délégués et les observateurs ont tous droit à des pauses. La presse, elle, doit rester sur le qui-vive en permanence, puisqu'elle couvre aussi les moments d'inactivité. Après tout, la conférence annuelle de l'ONU sur le climat est en quelque sorte le Woodstock des militants écologistes et des bureaucrates. Le soir, des réceptions sont organisées durant lesquelles des universités assurent des spectacles pour les nombreux touristes venus à Copenhague pour l'occasion. Samedi, devait se tenir un colloque sur les problèmes de la sylviculture. Bien qu'il ne fasse pas officiellement partie de la conférence climatique, beaucoup de participants étaient attendus. Dimanche, journée libre, de nombreux délégués et observateurs avaient prévu de visiter l'île de Samsø, un exemple de communauté autosuffisante en énergie renouvelable, puisque 100 % de son électricité est générée par la force éolienne et 75 % de sa chaleur par l'énergie solaire et de biomasse.

Juliet Lapidos

Image de Une: Délégués à la Conférence sur le climat à Copenhague, 7 décembre 2009. REUTERS/Bob Strong

Juliet Lapidos

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