Science & santé

Tout n’est pas noir ou blanc aux yeux d’un bébé

Repéré par Galaad Wilgos, mis à jour le 13.04.2017 à 17 h 29

Repéré sur The Guardian, Le New York Mag

Les bébés ne voient pas noir et blanc contrairement à une légende répandue. Cependant, que voient-ils précisément? Des études montrent que les bébés voient bien mieux les couleurs que ce que l'on pensait.

Les yeux d'un bébé nommé Alice | https://www.flickr.com/photos/audiinsperation/ via Flickr CC License by

Les yeux d'un bébé nommé Alice | https://www.flickr.com/photos/audiinsperation/ via Flickr CC License by

Au fond, rien ne vaut les bons vieux vêtements aux couleurs épaisses et voyantes pour que les bébés voient mieux les couleurs. C’est ce que nous apprend The Guardian, dans un article qui déconstruit de nombreux lieux communs sur la vision des couleurs chez les bébés. Ainsi, Anne Franklin, à la tête du «baby lab» de l’université de Sussex, rappelle que «c’est un mythe que les bébés voient en noir et blanc», car de nombreuses études ont prouvé que les nouveaux nés peuvent voir de «larges morceaux intenses de rouge sur un décors gris».

Le monde change rapidement pour un bébé. À la naissance, tout est flou, avec une acuité visuelle de 5% de celle d’un adulte. Ils ne voient pas la profondeur jusqu’à ce qu’ils ont sept mois, et les visages ne sont percevables qu’à distance de 30 cm maximum –une distance similaire à celle entre le visage d’une mère et sa poitrine. Mais le changement est rapide comme l’explique Alex Wade, professeur de psychologie à l’université de York, et expert en processus visuels: «Les premières étapes de l’apprentissage de la vision des couleurs et des formes basiques arrivent relativement rapidement.» Il faut attendre l’âge de six mois pour que les bébés aient des niveaux adultes d’acuité visuelle.

Pour arriver à cela, il a fallu tout un appareillage technologique du dernier cri. Le bébé analysé devant les journalistes du Guardian, Teo, était ausculté par un système de suivi oculaire. Les autocollants sur ses joues dirigeaient la caméra sur son visage, alors que les réflexions de ses cornées et la position de ses pupilles étaient automatiquement détectées. Ce processus permet de savoir s’il faut plus de saturation dans le bleu que la couleur rouge pour qu’un bébé puisse le voir, par exemple. Et si Teo, en l’occurrence, peut voir une couleur, la nouveauté attirera son attention, déclenchant l’apparition d’un smiley et d’un jingle.

Les bébés savent distinguer les catégories de couleur

 

Les résultats sont étonnants: non seulement les bébés ont besoin, même à quatre mois, de bleus et de jaunes plus intenses que les rouges et les verts pour les voir, mais en outre les bébés peuvent catégoriser les couleurs. Bien que l’origine de cette aptitude soit encore inexpliquée, l’on a toujours cru que la catégorisation de la couleur était purement arbitraire, enracinée dans la culture et le nagage.

Anne Franklin a cependant tenté de montrer que c’était plus complexe. Pour cela, elle a forgé plusieurs tests, dont un impliquait la présentation aux bébés d’un écran coloré sur lequel apparaît un point. Le fond est soit de la même catégorie de couleur que le point (selon la langue anglaise), soit d’une différente catégorie. Un point coloré capture l’attention du bébé, et la rapidité de réaction du bébé donne des indices sur la différence entre ce point et le fond aux yeux du bébé. Or, l’on a pu voir que les enfants réagissent plus rapidement quand le point coloré est d’une catégorie de couleur différente de celle du fond. Dès lors, l’on a pu en déduire que les bébés pouvaient voir que les bébés savaient que les différentes formes de bleu étaient toutes… du bleu.

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