Société

L'histoire des quatre femmes qui, en 1917, fabriquaient des donuts sur le front tout en esquivant les bombes 

Temps de lecture : 2 min

Un goût du pays pour remontrer le moral des troupes.

La guerre peut aussi se faire avec des donuts. Un groupe de quatre femmes de l’Armée du salut l’ont prouvé, se démenant pour servir sur le front de la Première Guerre mondiale ces pâtisseries si chères aux Américains. Le Smithsonian Magazine retrace l’histoire de ces femmes, 100 ans après l'entrée en guerre des États-Unis, le 4 avril 1917. Elles faisaient partie d'un groupe de volontaires évangéliques envoyés en Europe, se dirigeant vers le camp de la 1re division du 1er «Ammunition Train», une faction chargée du transport de l’artillerie et des munitions, à quelques kilomètres des tranchées à l’Est de la France.

Le magazine du célèbre musée américain explique qu'elles prodiguaient des services religieux, jouaient de la musique sur un Victrola, une sorte de phonographe, ou servaient du chocolat chaud. Mais, elles voulaient en faire plus pour les troupes. L’idée leur est alors venue de faire des donuts pour leur rappeler le goût du pays. Pas si facile avec les moyens disponibles sur le front.

Les excès des rations ont eux servi à la pâte: de la farine, du sucre, de la levure, un peu de sel et des œufs. Pour le reste, elles ont dû improviser, utilisant des douilles de fusil, ou une bouteille comme rouleau à pâtisserie. Pour leur premier essai, elles ont utilisé un casque d’un soldat pour faire frire la pâte, avant d’améliorer leur technique. Les gourmandises sucrées ont fait sensation: «Peux-tu imaginer des donuts chauds, et des tartes et plein d’autres choses? Servis par de bien jolies demoiselles, aussi», écrivait un soldat dans une lettre réimprimée par le Boston Daily Globe.

«Une présence puissante»

«Les femmes ont joué un important rôle dans l’effort américain, et souvent au risque de leur vie», rappelle le Smithsonian Magazine. Devenue le visage des «Donut Lassies» (les jeunes filles aux donuts), Stella Young avait raconté au Boston Daily Globe que sur le front de Metz un éclat d’obus avait traversé sa tente et détruit une poêle alors qu’elle sortait tout juste pour aller chercher des ingrédients.

Patri O’Gan, assistant de projet au Musée national d'histoire américaine, réaffirme que:

«[Les femmes dans les zones de combat] fournissaient un service très utile, une belle pause par les atrocités de la guerre. [Leur présence] était une chose assez puissante. Le travail des femmes dans la Première Guerre mondiale a vraiment fait la différence. Le nombre de femmes dans ces organisations faisait vraiment un travail nécessaire et travail précieux.»

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