France

Du Monde à Konbini, l'inattendue semaine de confidences de Hollande

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 12.04.2017 à 14 h 34

Repéré sur Le Monde

Alors que sa fin de mandat est occultée par la campagne, le président de la République a donné pas moins de trois interviews pour parler aussi bien de la Syrie que de Snapchat.

François Hollande, le 12 avril 2017. GABRIEL BOUYS / AFP

François Hollande, le 12 avril 2017. GABRIEL BOUYS / AFP

Que fait François Hollande? Depuis plusieurs semaines, alors que la course à l'Elysée monopolise l'attention médiatique, le président de la République semble de plus en plus discret, effacé même. Ces derniers jours, on se disait qu'il avait même déjà la tête dans les cartons lorsque France Bleu nous a appris qu'il était actuellement à la recherche d'une maison en Corrèze. «Au minimum dans le proche territoire de Tulle», précisait alors Bernard Combes, le maire de la ville dont François Hollande a longtemps été élu.

Et puis, ce mercredi 12 avril, le chef de l'État revient sur le devant de la scène avec pas moins de trois interviews. Tout a commencé avec les échos, dans Le Monde, d'un entretien entre Franz-Olivier Giesbert et François Hollande, qui s'est tenu le week-end dernier et sera publié le 13 avril dans Le Point. «Il y a un péril face aux simplifications, face aux falsifications, qui fait que l’on regarde le spectacle du tribun plutôt que le contenu de son texte», a-t-il expliqué à l'éditorialiste, visant notamment la campagne de Jean-Luc Mélenchon, qui bénéficie depuis quelques jours d'une forte hausse dans les sondages. A l'inverse, sans appeler à voter pour lui, il estime que le pari d'Emmanuel Macron est «audacieux» et que «la politique a besoin de renouvellement». Le Monde cite aussi des propos tenus en privé par le chef de l'État, qui considère que «cette campagne sent mauvais», est «hors sol».

Puis est venu un autre entretien, cette fois directement au Monde, à propos de la Syrie. D'abord pour évoquer le choix de Trump de bombarder le pays le 6 avril dernier, estimant qu'il a pris une décision qui doit être «utilisée politiquement par la France, par l’Europe, pour ramener le plus possible les différentes parties du conflit à la négociation». Il estime aussi que tuer Bachar el-Assad n'est pas la meilleure solution et que les Nations unies doivent être au cœur d'une décision internationale: «Il faut faire comprendre à Donald Trump que le multilatéralisme est préférable. S’il veut tout faire tout seul, il ne pourra demander à ses alliés de l’argent.» Mais il tient aussi à prévenir, à l'attention de son successeur: «Il faut absolument continuer à frapper Daech dans cette période. Il serait dangereux de laisser penser que nous changeons d’ennemi.»

Un héritier? «J'en ai plusieurs»

Pour accéder à la dernière interview de François Hollande, il faut se rendre... sur Snapchat et regarder la story Discover du site Konbini, spécialisé dans la pop culture (et pas seulement de jeux vidéo, comme l'a cru Patrick Cohen dans sa matinale). Après avoir confirmé, comme le suggérait un intervieweur, qu'il était «très humain», il a expliqué son choix de ne plus se représenter. «Ce choix que j'ai fait, je pensais que c'est celui qui permettait d'avoir un regard différent sur ce que j'avais fait.»

Impossible non plus de ne pas parler de celui ou celle à qui il donnera sa voix, et du conseil qu'il donnerait à ceux qui l'ont élu en 2012: «Je lui dirai qu'il faut continuer, et qu'il y a des candidats qui sont, même s'ils sont différents, même s'ils disent qu'ils n'auraient pas forcément fait exactement ça, même s'ils pensent qu'ils peuvent faire davantage demain... Il faut aller vers ceux qui sont plutôt dans la suite.» Une position pleine d'ambiguïté puisqu'il a estimé, avec un sourire, qu'il avait plusieurs «héritiers». Un mot qui fait sens quand on lit la déclaration de l'un de ses proches au Monde: «Le président sait qu’appeler à voter pour Macron avant le premier tour pourrait se révéler contre-productifMais, entre les deux tours, il mettra tout son poids dans la bataille.»

Après avoir évoqué les sondages, son rapport à l'information, François Hollande se voit demander par une journaliste de Konbini ce qu'il fait pour lutter contre la déprime de fin de mandat: «Moi c'est le pot de Nutella et vous?» «Non, je ne suis pas dans la boulimie, ça se voit?, répond-il. C'est de se dire que ce qu'on fait est quand même bien et juste, et qu'on finira par s'en apercevoir.»

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