Monde

La descente aux enfers de Sean Spicer, le conseiller de Trump qui pense que Assad fait pire que Hitler

Temps de lecture : 2 min

Le porte-parole de Trump a effectué une comparaison très maladroite entre Bachar el-Assad et Adolf Hitler en estimant que «quelqu'un d'aussi ignoble qu'Hitler n'avait même pas été jusqu'à utiliser des armes chimiques». Plusieurs organisations et personnalités ont appelé à sa démission.

Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer lors du point presse du 10 avril 2017 à Washington. MANDEL NGAN/AFP.
Le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer lors du point presse du 10 avril 2017 à Washington. MANDEL NGAN/AFP.

Pour évoquer l'horreur des attaques chimiques de Bachar el-Assad, le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, a décidé de les comparer aux atrocités commises par Adolf Hitler. Pendant son point presse du 11 avril, il s'est sérieusement emmêlé les pinceaux:

«Quelqu'un d'aussi ignoble qu'Hitler n'avait même pas été jusqu'à utiliser des armes chimiques», a-t-il déclaré.

Étant donné l'utilisation de chambres à gaz pour tuer des millions de juifs dans les camps de concentration, la comparaison est étrange, et une journaliste lui a donc demandé de clarifier. Spicer a répondu de manière tout aussi confuse:

«[Hitler] n'a pas utilisé de gaz sur son propre peuple de la même façon qu'Ashad (sic). Il les a mis dans des centres d'Holocauste, je sais –mais ce n'est pas comme Assad qui a été dans les villes, qui les a lâchés sur des innocents en pleine ville.»

Sur la chaîne MSNBC, le bandeau de bas d'écran a ainsi rectifié le commentaire de Spicer:

«Maison-Blanche: Hitler n'a “pas été jusqu'à utiliser des armes chimiques” comme le leader syrien (Hitler a gazé des millions)».

Comme l'explique Ben Mathis-Lilley sur Slate.com, il y a plusieurs problèmes avec les phrases du porte-parole de Donald Trump. Tout d'abord, comme Assad, Hitler a bien utilisé du gaz pour tuer «son propre peuple», étant donné que de nombreuses victimes des nazis étaient allemands. Deuxièmement, parler des camps de concentration comme des «centres d'Holocauste» est étrange.

«Je ne voulais aucunement diminuer l'horreur de la Shoah»

Pour couronner le tout, Sean Spicer a dit «Ashad» au lieu d'«Assad». Ce n'est pas la première fois qu'il a du mal à prononcer le nom du dicateur. Le 10 avril, c'était «Bissaa al-Ashar».

Un GIF montrant les réactions incrédules de deux journalistes aux propos de Spicer est très vite devenu viral

Dans le Washington Post, Callum Borchers rappelle qu'outre l'utilisation du zyklon B dans les camps de concentration, il est arrivé aux nazis de déployer des armes chimiques au combat, notamment contre des soldats russes en Crimée en 1942.

Peu après le point presse, Spicer a envoyé un communiqué pour calmer les critiques, mais a encore dû s'y reprendre à deux fois. Dans un premier temps, il a écrit:

«Je ne voulais aucunement diminuer l'horreur de la Shoah. Je voulais distinguer la tactique consistant à utiliser des avions pour lâcher des armes chimiques sur des innocents.»

Il a ensuite envoyé une version remplaçant «innocents» par «centres de population», puis une troisième version avec une phrase supplémentaire: «Toute attaque contre des innocents est répréhensible et inexcusable.»

Plusieurs organisations et personnalités, comme le Centre Anne-Frank et la chef de file des Démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, ont appelé à sa démission.

Slate.fr

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